Christophe Tshisambo : « Aucun Congolais de la diaspora n’a un problème particulier avec un quelconque musicien »

Licencié en Communication Sociale à l’IFASIC et détenteur d’un master spécialisé en Etudes diplomatiques et supérieures, Christophe Filston Tshisambo Kamono, loin d’être combattant de premier rang, se définit comme un libre penseur analysant minutieusement et de près la situation de la Rd-Congo. Dans un entretien accordé à Eventsrdc.com, ce lauréat d’un master 2 Pro en sciences de la production et des organisations (Sociologie) à l’Université d’Evrya livré sa conception du phénomène combattant qui, depuis un moment, barre la route aux musiciens rd-congolais désirant se produire en Europe.

Depuis 2011, certains rd-congolais de la diaspora, baptisés « Combattants », empêchent leurs compatriotes musiciens de livrer concert en Europe. Que leur reprochez-vous ?

Je ne les reproche rien. C’est une forme de revendication en démocratie. Les combattants veulent obtenir une réponse positive dans leur lutte. Je peux toutefois aider nos compatriotes à alléger leur mode opératoire, trop dure, si seulement nos musiciens prennent au sérieux la gravité de cette situation.

 

Pourquoi vous vous attaquez aussi aux musiciens comme Héritier et Fally qui n’ont jamais chantés pour un politicien quelconque ?

Personnellement, je ne suis ni combattant ni résistant. Je suis Congolais vivant en France pour raison d’études.

 

En observant les comportements des musiciens, je me demande s’ils sont vraiment Congolais, s’ils ont aussi une âme qui compatit à la misère de ceux qui souffrent. Ne pas louer un politicien lors de la campagne électorale, ne veut pas dire qu’on s’intéresse ou pas à la politique. Ces musiciens sont de loin des leaders d’opinion que les politiciens. Ils sont de ce fait capables d’entrainer un plus grand nombre de la population dans l’implication de la gestion de l’Etat.

 

Dommage qu’ils s’ignorent et se laissent détourner avec des miettes reçues de la part de ces politiciens. Bien que la musique adoucit les mœurs, elle est aussi capable de véhiculer un message pour attirer l’attention de plusieurs décideurs à s’impliquer dans une situation. C’est le cas de deux versions de la chanson « We are the World ». Tels sont les reproches de la Diaspora qui n’est pas contre les musiciens. Elle s’oppose plutôt au système congolais qui laisse la population mourir sans secours.

 

Certains musiciens victimes se mobilisent pour dialoguer avec les Combattants. Accepteriez-vous leur invitation ?

Aucun Congolais de la diaspora n’a un problème particulier avec un quelconque musicien. La diaspora est fan numéro 1 de nos musiciens. Elle est cependant mécontente de la situation chaotique que traverse la Rd-Congo.

 

Les musiciens sont et resteront nos frères en dépit de la séparation d’esprit ayant entrainé aussi laséparation de sentiment.

 

Ne pensez-vous pas que cette manière de revendiquer ternie l’image de la diaspora rd-congolaise ?

Cette façon d’agir ne ternie en rien l’image de la musique congolaise, parce que nos musiciens, depuis l’époque de Kallé Jeff, sont des véritables mendiants. Ils ont du succès, mais évolue sans une structure organisée devant garantir leurs intérêts à l’instar du SACEM. Tout ce qu’ils gagnent, n’est pas proportionnel à ce qu’ils produisent.

 

En plus, la Rd-Congo a la mal chance d’être une ancienne colonie belge. Sa musique ne bénéficie d’aucune promotion de la part de la Belgique alors que la France et le Royaume-Uni le font pour leurs colonies. Nos musiciens doivent résoudre les conflits qui les rongent de l’interne et s’organiser en syndicat pour pouvoir négocier avec leurs anciens fanatiques d’ici (Europe, ndlr) qui se sont transformés en opposants.

 

Malgré cette interdiction, aucun pays n’a atteint même le 1/3 de la production musicale de la Rd-Congo. Notre musique reste et restera la plus forte et la meilleure d’Afrique quand bien même les Ivoiriens ont tout copié de nous. La musique rd-congolaise demeure une source intarissable.

 

Selon nos sources, le nœud du problème c’est le fait que les musiciens sortiraient avec certaines femmes mariées et leurs enfants. Confirmez-vous cette information ?

Oui. Plusieurs familles sont victimes des musiciens. Ils abusent même des filles de leurs proches. C’est une méchanceté. Les musiciens sont à la base des divorces, séparations, grossesses juvéniles, abus et tant d’autres maux détruisant les familles et les mœurs.

Le libre penseur rd-congolais Filston Christophe Tshisambo
Kamono. Ph.Dr.Tiers

Après deux annulations répétées en moins d’un mois, quelques musiciens présents à Kinshasa se mobilisent pour dialoguer avec vous. Êtes-vous prêts à échanger avec eux pour que les choses reviennent à la normale ?

En fait, aucun congolais de la diaspora a un problème particulier avec un quelconque musicien en ce que je sache, au moins qu’il y ait d’autres raisons. La diaspora est fan numéro 1 de sa musique mais actuellement elle est mécontente de la situation kaotique que traverse le CONGO. Nos musiciens resteront nos frères toujours mais il y a une séparation d’esprit qui a créé cette séparation de sentiment.

 

Vos organisations sont multiples. Auprès de qui, doivent-ils se diriger ?

Je répète encore que je ne suis pas combattant, ni résistant et je ne représente aucune organisation, je suis simplement un Libre penseur qui n’hésite pas à dire tout haut ce que les autres disent tout bas ; s’ils veulent se diriger, eux-mêmes savent auprès de qui.

 

Le président de la CENI Corneille Naanga était en France et a déclaré sur TV5 que les élections n’auront pas lieu cette année 2017. Pourquoi vous ne l’avez pas empêché de faire cette déclaration ?

La France est un pays démocratiquement fort et je crois que ce monsieur était l’invité de l’Organisation Internationale de la Francophonie et de ce fait un officiel est toujours sécurisé et personne ne peut lui faire du mal, à moins qu’il vienne en visite privé et là, il peut tomber dans le filet des combattants.

 

Kinshasa, siège des institutions. Pensez-vous dépêcher quelques membres de votre mouvement pour échanger avec ceux qui ont le pouvoir ?

Je suis capable grâce à mes compétences à prêter main forte à notre gouvernement pour résoudre cette situation, j’aime le CONGO et sa musique en même temps.

 

Quel message adressez-vous à vos compatriotes présents au pays ?

A nos compatriotes au Pays, prenez-vous en charge, disait le feu Etienne Tshisekedi wa Mulumba, père de la Démocratie rd-congolaise. Il faut que les musiciens eux-mêmes se prennent en charge parce que personne ne viendra leur sauver : c’est ici la Boîte de Pandore.

CINARDO KIVUILA

 

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