Interview autopsie de Gisèle Mfuyi qui invite les musiciens à bannir les polémiques

Au micro d’Eventsrdc.com, Gisèle Mfuyi, journaliste à CNTV, a passé au crible la situation actuelle de la musique rd-congolaise et a fustigé l’attitude des musiciens qui se laissent gangrener par des vaines polémiques. Surnommée Pena Pitra, Gisèle Mfuyi n’a pas manqué de livrer quelques solutions pour permettre à la musique rd-congolaise de retrouver son aura d’antan. Entretien.

 

Quelle lecture faites-vous de la musique  rd-congolaise ces dix dernières années ? 

La musique congolaise est entrain de basculer. Les musiciens s’éternisent dans la médiocrité, dans la bassesse avec des conflits et des polémiques bidons, au lieu de se soucier de  leur travail pour tenir devant leurs concurrents présents à travers l’Afrique et le monde.  Ils n’excellent plus comme auparavant et notre musique a perdu de vitesse.

 

Qu’est-ce qui est à l’origine de cette situation ?  

C’est le manque d’unité et le manque d’esprit du showbiz. Les musiciens doivent mettre de côté leurs sentiments, leurs problèmes personnels et penser au business. Le gouvernement a aussi sa part de responsabilité, car, il ne soutient pas  la culture de notre pays. Le ministère de la Culture organise des activités sans associer les artistes. C’est triste de voir un gouvernement qui n’accompagne pas la culture de son pays.

 

La polémique entre musiciens, entre chroniqueurs de musique, et entre musiciens et chroniqueurs. Comment la vivez-vous ?

C’est de la bassesse. Je ne vois pas pourquoi je vais me chamailler avec un artiste parce qu’il n’a pas respecté un rendez-vous. Le journaliste est-là pour promouvoir l’artiste et l’artiste se fait complice du  journaliste pour mieux médiatiser ses œuvres. Il faut qu’il aie plutôt de la complicité  en lieu et place des polémiques. C’est mieux pour un journaliste de faire  du buzz avec son propre contenu plutôt que d’alimenter l’actualité avec une polémique.

La douce Gisèle Mfuyi. Ph.Dr.Tiers

 

Depuis un moment,  beaucoup de  journalistes, animateurs,  etc.  sont très présents et actifs sur YouTube. Qu’est-ce qu’il y a de  si particulier sur ce réseau social ? 

Nous avons envahi YouTube parce que ça paie. Beaucoup de gens n’ont pas la possibilité de nous suivre parce que la plupart de nos  chaînes  ne sont pas câblées. Nous mettons nos émissions pour que nos fans et nos proches vivant à l’étranger puissent nous suivre et nous atteindre facilement. Il n’y a pas assez des particularités dans mes émissions diffusées sur YouTube. Pour moi, c’est la télé que je fais. J’essaie d’être précise  et concise dans ce que je fais. Je parle politique, religion, sexualité, culture et les faits de société.

 

Sur base de quels critères retenez-vous vos invités ? 

Je contacte ou sélectionne mes invités par rapport à l’actualité. Il n’y a pas de critère. Je reçois les artistes connus et je présente également au public les jeunes talents, question de promouvoir leurs œuvres. Avec « La Douce TV », nous leur donnons un petit coup de pouce.

 

Qui est votre modèle dans la chronique musicale ?

Je n’ai pas de modèle. Je suis arrivée dans la chronique musicale à  l’époque il n’y avait pas assez des gens. Ceux que j’ai trouvés avant moi,  ne sont pas modèles. Je n’ai pas des modèles, mais j’appréciais beaucoup le style de Jacky Ndala.

 

Citez-nous 5 chroniqueurs de musique que vous appréciez par rapport à leur travail ? 

J’aime Charlie Prince, Joe Bagato, Papy Mboma, Mamy Ilela et Virginie Manganga. Ils sont nombreux en tout cas, les femmes et les hommes.

 

En quelques phrases, rappelez-nous votre parcours journalistique ?

J’ai démarré ma carrière journalistique à Planète TV, actuellement 2AS TV où j’ai travaillé avec plusieurs confrères entre autres Charly Prince, Didier Cheriz et Bibi Ndaya. En 2006, Planète TV a fermé ses portes et j’ai rallié Télé 7 où l’on m’a confié l’émission « Samedi bonheur », puis la chronique musicale du dimanche après le départ en Europe de mon confrère Patrick Mboyo. Par la suite, j’ai collaboré dix mois durant avec RTVS1 en tant que journaliste indépendante. C’est alors que Serge Kayembe m’a sollicitée  pour gérer la direction culturelle de sa chaîne avec le  journal « Culture 10 ».

Pendant que j’étais en retrait, CNTV s’est attaché de mes services avec l’émission « Place des artistes » que je présente chaque dimanche à 13h00’ et la tranche matinale « CNTV Matin », chaque Jeudi de 10h00’ à 12h00’. C’est là que j’évolue actuellement. Je gère également ma chaîne YouTube  dénommée « La Douce TV ».

La Pena Pitra en pleine présentation de son émission  » Place des artistes « . Ph.Dr.Tiers

 

Mariée ou célibataire. Comment sentez-vous ?

Je me sens très bien dans ma peau. Je suis très en forme, je me sens belle, je me sens douce. Je suis en couple mais pas mariée. Je ne suis pas libre.

CINARDO KIVUILA

 

 

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