Jean-Pierre Kibambi Shintwa, hier présentateur de JT, aujourd’hui patron de presse

Il y a peu de temps, j’ai publié un post sur un journaliste de la presse écrite et patron du journal, Le Soft, que j’apprécie, particulièrement pour certaines de ses qualités. Ce post a provoqué un véritable tollé sur la toile. Aujourd’hui, je reviens pour proposer un autre journaliste avec lequel subsistent entre lui et moi pas moins de deux points communs. Même prénom, journaliste d’hier et aujourd’hui devenu propriétaire d’un groupe de presse. Lui, c’est Jean-Pierre Kibambi Shintwa, à la tête d’un média audiovisuel, Numerica TV. Embauché à l’ex-Ozrt/Katanga en 1974, il est repéré par la hiérarchie lors d’un passage à Lubumbashi. Il est muté à Kinshasa pour la suite de son parcours et obtient une bourse dans le cadre de sa perfection, il va en formation en France, à l’INA (Institut national de l’audiovisuel).

 

En 1981, il regagne le pays enrichi d’un parchemin dans son domaine, l’audiovisuel. Il démarre avec la présentation du journal. Les appréciations lui sont favorables. Diction soignée, excellent traitement de l’info, présence remarquable, il met tout le monde d’accord. Sa présentation de « 20 heures » fait scotcher beaucoup de téléspectateurs chez eux à la maison. Quoi de plus normal qu’il soit affecté (comme correspondant de l’Ozrt) à la presse présidentielle. A ce titre, il est de tous les voyages du Maréchal Mobutu. Je me souviens de ce reportage, entre ciel et terre, sur la verticale de la ville de Lisala annonçant l’arrivée du chef de l’Etat dans sa ville natale à bord de son Boeing 737 estampillé justement « Ville de Lisala ».

 

Inoubliable… Puis, il disparaît des écrans. J’apprendrai qu’il était reparti aux études pour obtenir une licence en Relations publiques. Il ne pouvait pas, avec son background, ne pas avoir un diplôme des études supérieures dans une ville où les gens passent leur temps à brandir leurs diplômes. De retour des études, il revient poursuivre aux « 20 heures » chaque dimanche en recevant un invité avec lequel il décortique l’actualité. Puis après, il le reçoit dans un jeu des questions-réponses dont il est le seul à détenir le secret. Je me souviens du passage (très) réussi de Jo Bakaly Sembe en 1996, comme un examen de passage. La rigueur le disputait à la qualité. Et le lendemain, toute la ville en parlait. Il a encore marqué des points sur ce coup-là. Dans la foulée, il devient correspondant de RFI à Kinshasa. C’est d’ailleurs lui qui m’avait mis en contact avec la regrettée Ghislaine Dupont (paix à son âme).

 

A l’arrivée de l’AFDL, en 1997, il est chassé comme un mal-propre de la RTNC. Son péché, c’est d’avoir servi le Maréchal. Il va passer un temps a la rédaction de TKM. Début 2000, ayant mal digéré la manière peu orthodoxe de sa mise à l’écart, il prend son destin en mains et lance le journal Numerica et devient son propre patron. Dans cet élan, il met sur orbite sa propre télé, Tropicana TV et ça devient une télé de référence qui crève l’audimat. Il va même se payer le luxe d’avoir une deuxième chaîne Numerica TV en 2007. A la demande du ministère de l’Information, il va céder sa fréquence pour garder uniquement Numerica qu’il a, depuis en 2009, installé à l’immeuble Botour. Président de l’ANEAP (Association des entreprises audiovisuelles privées), il se bat pour offrir aux téléspectateurs une télé avec un contenu d’excellente qualité.

Le logo Numerica TV émettant en RDC et sur TNT canal 45. Ph.Dr.Tiers

 

Kibambi est né à Likasi, dans l’ex-province du Katanga, le 12 décembre 1949. Il est veuf et père de famille.
JEAN PIERRE EALE IKABE

 

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