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Marshall Dixon – 15 ans de carrière solo truffés de plusieurs réalisations : « Je suis en train de continuer de réaliser mon rêve »(Interview)

Marshall Dixon – 15 ans de carrière solo truffés de plusieurs réalisations : « Je suis en train de continuer de réaliser mon rêve »(Interview)

Artiste musicien, auteur-compositeur et producteur rd-congolais, Marshall Dixon, né Jean-Paul Nsungu a, au cours d’un entretien à cœur ouvert avec Eventsrdc.com, passé en revue les différents moments de ses 20 ans de carrière musicale, surtout son passage remarqué au sein du groupe Keep Quiet, et ses 15 ans de carrière solo. Il ne compte pas célébrer ce double anniversaire par un méga ou giga concert, mais plutôt par un album qui réunira plusieurs musiciens de sa génération et deux, de l’actuelle génération. Cet opus, qui, non seulement rappellera aux millions des rd-congolais les premières années du rap en République Démocratique du Congo, mais englobera plusieurs styles musicaux, et s’intitulera « Nkosi ». Interview.

En quelques phrases, résumes-nous votre parcours musical

Je peux résumer ma carrière en quelques étapes.  La première, c’était à l’âge de 13 ans que j’ai découvert la musique en intégrant une chorale de la paroisse Notre-Dame de Grâce à Kinshasa où j’ai appris à chanter et à jouer du clavier. Et, c’est à 16 ans que j’ai découvert le rap à travers un ami, Beau Kuba, qui m’a invité à intégrer leur groupe en tant que claviériste. J’ai découvert l’écriture et j’ai commencé à trop kiffer.

Malheureusement, ce premier groupe que j’avais intégré qui s’appelait Fléau, est parti en sucette, moins d’une année. Les deux membres qui composaient ce groupe hormis moi, devaient aller étudier en dehors de Kinshasa et de la République Démocratique du Congo. Ce qui fait que je me suis retrouvé tout seul et j’ai intégré une autre école.

A l’École d’application de l’Université Pédagogique Nationale – EDAP – où j’ai rencontré d’autres amis qui rappaient aussi. Chacun de nous était dans son coin. Je leur ai demandé pourquoi ne pas monter un groupe. Nous avons mis en place un groupe nommé : Keep Quiet.

Après avoir eu notre baccalauréat (diplôme d’État), nous l’avions reconverti de groupe d’école à un groupe de rap autonome et c’est comme ça que tout à commencer. Cinq ans plus tard, j’ai décidé de me lancer en carrière solo et c’est depuis 2005 que j’évolue indépendamment.

Marshall Dixon. Ph. Dr Tiers

Du clavier au chant, aviez-vous bénéficié d’un coaching ou c’est naturellement que vous aviez détecté ce don de chanter ?

Pour le clavier, oui j’ai été encadré par des grands-frères (Kandolo actuellement en France et Toutou Mbulamoko Guez, auprès de qui je travaille en studio lorsque je suis à Kinshasa). Il y a aussi Olivier Mbulamoko, un des cousins à Toutou. À la chorale, il y avait un dirigeant qui apprenait tout le monde à chanter, mais à la base, je pense que j’étais déjà prédestiné à faire et à vivre de la musique.

Un mot sur l’orchestre Keep Quiet qui vous a présenté au monde ?

Keep Quiet est ce projet que j’avais initié. A cette époque, j’avais intéressé les amis et ils étaient d’accord. Il y avait Ezy (Jhon Kazadi), MIK (Isha Mbayu), La Foule Aklam (Hugues Kitambala) et Ramirez (Erick Sita). Nous étions au nombre de cinq dans ce groupe. Nos premières prestations étaient dans des journées culturelles et des journées interscolaires. Au fil du temps, Ed et Bal sont allés étudier en dehors de la RDC et nous sommes restés qu’à trois, donc : Izi, Ramirez et moi.

A son tour, Ramirez qui était un peu découragé par le départ des autres, a quitté le groupe. Ezy et moi, étions restés et avions décidé de reconstituer le groupe et c’est là où nous avions pu intégrer La Foule Aklam (Hugues Kitambala) et Djo qui se faisait appeler Ex.Catedra. Nous étions repartis à cinq. Nous avons sorti notre première chanson intitulée « La Fiesta ».  Après, c’était « Elle aime ça ». Juste après le studio, Ex.Catedra a décidé de quitter le groupe. Nous étions donc resté à quatre ce qui fait que dans le clip de la chanson « Elle aime ça », il y a cinq couplets de cinq différentes personnes, mais il y a une personne qui n’est pas représenté physiquement, et c’est Ex.Catedra. Nous étions restés à quatre et c’est à ce nombre que nous avions fait le parcours.

Quelques années plus tard que Ramirez a eu le souci de réintégrer le groupe et nous avions accepté sa demande, et nous l’avions fait participer dans le morceau « Ultra connexion » en featuring avec Patcha Bay. C’est ce qui fait que certaines personnes l’ont découvert comme un nouveau membre, alors que c’était l’un de plus vieux membres du groupe.

Nous avions aussi collaboré avec des ingénieurs du son tels que Toutou Mbulamoko, Julien Mukuna et Ami Ammadej.

Qu’est-ce qui était réellement à la base de votre départ de ce groupe alors que ce n’était pas encore l’apogée ?

Ce qui a précipité mon départ de Keep Quiet, c’était le fait qu’il ait eu des problèmes internes dans le groupe. Nous avions constitué ce groupe sans pour autant avoir un leader. Nous nous disions que nous étions un groupe d’amis, nous n’avions pas besoin d’un leader et que nous fonctionnerons comme cela. C’était peut-être une erreur parce que le groupe rival au nôtre « K-Melia » avait un leader, Pharaon Castro. Chez eux, ce leadership n’avait jamais posé de problème.

Comme nous n’avions pas un leader, le public a commencé à me choisir comme chef du groupe. Je le dis toujours, j’ai eu cette male chance d’être choisi comme leader. Ce qui n’a pas plus aux autres et ont essayé de me mettre de côté, le temps de prouver au public qu’avec ou sans moi Keep Quiet pouvait exister et aller de l’avant.

Je suis resté quelques temps sur le banc de touche jusqu’à ce que je leur ai posé la question en disant que : j’ai vraiment l’impression d’être mis à l’écart et si franchement, je vous dérangeais, dites-le moi. Et leur réponse était simple, « casse-toi ». C’était comme ça que je suis parti du groupe et je suis allé en solo. Ils sont restés travailler ensemble et la suite, nous la connaissons tous.

Combien de titres, aviez-vous signé au sein de ce groupe ?

Au sein de Keep Quiet, nous avions signé un premier morceau « Gangster » que les gens n’ont presque pas découvert parce que c’était vraiment au début. Après « Gangster », nous avions fait « Fiesta », « Elle aime ça », « Maria » et « C’est parti », qui n’a jamais eu de clip. Après, avec Patsha Bay, nous avions sorti « Ulta connexion ». Nous avions d’autres morceaux en coulisses que nous n’avions pas pu sortir parce que nous étions séparés. Dans l’ensemble, il y a eu ces quelques morceaux.

2005, année de tous les enjeux avec une communication à 360°, à Kinshasa. Qui était derrière vous ?

2005, c’était l’année où j’ai quitté Keep Quiet. Il fallait lancer une carrière solo et être au point. J’avais mis en place ma petite équipe composée de Didier Lihau, Alain Tshongo Interpol et quelques autres amis qui m’avaient aussi soutenu. Nous avons essayé de bien faire les choses et les amis avaient confiance à ma vision. Nous avons bien fait les choses. Puis, c’est parti !

Nous avions essayé d’être professionnels et nous nous appelions gouvernement tic-tac. Cela veut dire que nous réagissions directement comme une aiguille de seconde. Nous ne laissions pas passer les choses et nous fonctionnions de manière tic-tac.

Marshall Dixon. Ph. Dr Tiers

Cette année (2020), vous totalisez 15 ans de carrière solo. Quel bilan faites-vous ?

Cette année, je totalise 15 ans de carrière solo et si je rajoute les cinq années que j’ai passé au sein de Keep Quiet, cela fait 20 ans depuis que je suis dans la musique.

Bien qu’il y a eu des hauts et des bas, mais le bilan pour moi reste positif. Parce qu’aujourd’hui, je pense que si je suis ce que je représente, c’est grâce à la musique et c’est grâce à ma carrière. Et, je pense que j’ai gravi les échelons petit à petit pour arriver là où je suis aujourd’hui.

Bien que j’aie rencontré beaucoup de difficultés, beaucoup de problèmes, et surtout, ce problème de manque de structure, de manque de labels, de manque de productions, de manque de financements qui fait qu’à un moment, toute notre génération s’est essoufflée pour passer à l’étape suivante. Il fallait plus de moyens et nous n’en avions pas, et personne ne croyait en nous. C’est ce qui explique que tout le monde a dû partir à l’étranger pour se refaire un second souffle et pour d’autres ont pu se réinventer d’une manière ou d’une autre.

La musique reste ou occupe une grande place dans ma vie quotidienne. Elle m’a fait découvrir beaucoup de choses, beaucoup de pays. Et si jusqu’aujourd’hui, j’ai toujours des fans qui me soutiennent et qui sont toujours derrière moi et qui me donnent toujours beaucoup d’amour, c’est grâce à la musique.

Marshall Dixon en compagnie de Wilbry Kayembe de Titan Vision en mode briefing avant le tournage du nouveau clip. PH. Titan Vision

Comptez-vous célébrer scéniquement vos 15 de carrière solo ou pas ?

Je n’ai pas encore pensé à cela. S’il faudrait célébrer ou pas. Si oui, ça sera plutôt avec les musiciens de ma génération et s’il faudrait les célébrer, je le ferai dans mon prochain album « Nkosi » (Lion). Dans cet album, je pense que je vais faire intervenir beaucoup d’artistes de ma génération. Ça sera une célébration pour mes 15 ans de carrière solo et 20 ans de carrière dans le hip-hop, et également une manière pour moi de dire merci à toute cette génération avec qui nous avions développé et assis les choses dans cette sphère.

Quels sont ces artistes musiciens de votre génération qui vous accompagneront alors dans ce projet ?

Comme je l’ai dit, cet album va être le résumé de mes 20 ans de carrière.  Je pense que je vais beaucoup plus inviter les artistes avec qui nous avions travaillé tout au long de cette période. C’est un album où le monde retrouvera Marshall Dixon en featuring avec les K-Melia, avec les Cartel de Yolo, SRK, Alesh, KMS,…pourquoi pas un ou deux artistes de la nouvelle génération. C’est vraiment dans ce sens-là que je prépare mon album.

A quand la sortie de cet opus ?

Très bientôt. J’essaie de faire les choses bien. Comme je dis, il résumera quand même les 20 ans de ma carrière globale et 15 ans de ma carrière solo. Je pense qu’il faut que nous prenions le temps de bien faire les choses. C’est pour cette année 2020. Que Dieu nous prête vie et nous donne tous les moyens qu’il faut. Prenez votre mal en patience.

Qu’est-ce-que vous n’avez pas accompli et que vous comptez réaliser dans les 15 prochaines années ?

Je suis en train de continuer de réaliser mon rêve. Dans les 15 prochaines années, il faudra d’abord que Dieu me prête vie. Il y a des gros projets qui vont arriver. Il y a de cela 15 ans lorsque la presse me demandait comment est-ce que je me vois dans les 10 prochaines années, je disais que je me voyais beaucoup plus en tant que producteur, en tant que directeur d’un grand label et c’est pour cela que nous sommes en train de pousser les talons, de les mettre en avant et je pense que c’est ce que je suis en train de développer, je suis en train de réaliser mon rêve en processus. Mais sinon, je pense que j’ai eu une carrière bien rempli et je continue à la remplir.

Selon vous, quelles sont vos chansons qui ont les plus marquées le monde durant ces 15 premières années de votre carrière en solo ?

Sans orgueil, je fais quand même parti de ces artistes musiciens de ma génération qui a eu à placer beaucoup des hits, qui a pu enchaîner des hits et j’ai des morceaux qui ont vraiment accroché. Je cite « My love », « Yo nde », « Vivi love », « On est fatigué », « Enlancé » et « Bo tcha na se ». J’ai quand même enchaîné beaucoup de morceaux et je continuerai à enchaîner.

Ré(é)coutez l’intégralité de l’interview en Podcast sur Eventsrdc FM 

CINARDO KIVUILA

TRESOR TSHINKUNKU

Redaction Eventsrdc

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