Musique : Lauréate du Prix Découvertes RFI 2019, Céline Banza se prépare à une tournée africaine et européenne

La Rd-Congo a été honorée le jeudi 7 novembre 2019 avec le sacre de la chanteuse, performeuse, vidéaste et actrice, Céline Banza, comme lauréate du Prix Découvertes RFI édition 2019. Au cours d’une interview à bâton rompue avec la Rédaction d’Eventsrdc.com, la jeune artiste remercie toutes les personnes qui l’on soutenu et annonce une tournée africaine et européenne dès janvier 2020 : « Avant c’était une tournée africaine plus un concert à Paris en France, cette année la RDC a beaucoup de chance, c’est plutôt une tournée européenne que nous allons faire grâce à RFI […] L’Institut français de Kinshasa aussi prépare une tournée africaine pour moi ». Entretien.

Vous êtes sacré Prix Découvertes RFI 2019. Quel sentiment vous anime-t-il ?

J’ai un sentiment de joie. C’est une fierté, c’est un honneur pour la RDC que nous avons eu ce prix pour la première fois.

En course avec plusieurs artistes talentueux, comment avez-vous pu se démarquer  ?

Je suis fière et honorée. Le Prix Découvertes RFI 2019, c’est la seule personne qui le gagne. En finale, on était à dix c’est-à-dire que, nous étions des meilleurs. Je ne suis pas meilleure qu’eux. Après examen, le jury m’a choisi, a choisi la RDC. C’est une très grande joie. De fois, j’en reviens pas à eu croire.

Parlons de cette mobilisation qui était autour de ta candidature dans ce concours. C’est quoi ton message aux personnes qui t’ont soutenu durant cette compétition ?

J’ai un seul mot : MERCI. Je ne pouvais pas gagner ce prix toute seule. C’est pourquoi il fallait mobiliser les gens et faire beaucoup de bruits. Ce que j’ai vu m’a beaucoup touché. Les médias, les personnes que je connais et d’autres que je ne connais pas, qui m’ont soutenu. Quand je parle de ce soutien, je ne fais pas seulement allusion à la RDC. Plusieurs pays d’Afrique ont porté leur soutien à ma personne.

Je remercie l’Institut français de Kinshasa pour le soutien. En fait, c’est l’IFK qui m’a amené au concours. Son directeur délégué Samuel Pasquier a cru en moi peut-être dans le vide. Je n’avais que 19 ans quand je l’ai rencontré. Je n’étais pas connu, mais il a cru en moi. En me donnant l’espace pour plusieurs prestations.

Céline Banza au cours de l’interview avec Eventsrdc.com. PH. IFK

La chanson « Te Rembi » est chanté en quelle langue et c’est quoi le message ?

Le morceau « Te Rembi » est chanté en Ngwadi. Te Rembi veut dire « Mon corps ». Cette chanson parle du corps de la femme. Comme limite que les hommes s’arrêtent. Comme limite que nous femmes nous ne voulons pas mettre en mouvement. C’était une colère, c’était un souci. C’était une façon de contribuer à cette question de genre ou sur le corps de la femme.

Après ce prix, comment se présente votre agenda ?

J’ai droit à une tournée. Avant c’était une tournée africaine plus un concert à Paris en France. Cette année la RDC a beaucoup de chance, c’est plutôt une tournée européenne que nous allons faire. Après, il y a toute une organisation à l’Institut français de Kinshasa.

L’IFK prépare une tournée africaine pour moi. Franchement, cette année, nous avons beaucoup de chances. Je suis libre jusqu’au mois de décembre 2019 et en janvier 2020 ça sera chaud. Nous irons faire la musique partout dans le monde.

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Tu es en pleine préparation de ton premier album…

Ouais ! Mais je n’appelle pas ça album, parce que jusque-là je fais qu’enregistrer mes chansons. Je pense que nous préparons notre EP, qui aura 6 ou 7 titres et qui devra sortir normalement au mois de février. Nous sommes en train de travailler. Ça sera le volume 1 et puis on verra pour la suite. Dans cet EP, il y aura de la musique. Il y aura mon univers. Il y aura beaucoup de couleurs. J’espère que l’opus vous plaira.

Dans ta chanson « Te Rembi », tu as évoqué la place de la femme dans la société. Quelle place occupe-t-elle réellement ?

C’est triste qu’aujourd’hui en étant humain, c’est-à-dire sexe masculin et féminin, qu’il puisse avoir une très grande différence négative parfois. Cela me touche. Aujourd’hui, on doit comprendre que la femme n’est pas ce qu’on pense d’elle. La femme est au dessus et elle est la base de l’humanité. Je pense qu’il n’y a pas de différence entre masculin et féminin.

Nous avons toujours besoin de l’autre. La femme, elle aussi ne doit pas rester mains croisées, elle n’est pas appelée à fermer la bouche. Elle doit se battre. Aujourd’hui c’est le mariage et l’église qui préoccupent plus les filles surtout chez nous à Lingwala -Ndlr: la commune où vit Céline Banza-. Les femmes doivent se remettre en question pour asseoir cette égalité dans plusieurs domaines de la vie.

Revenons sur le concours « The Voice Afrique Francophone 2017 » qui est l’un des évènements qui ont marqué votre carrière musicale. Parlez nous un peu de cette expérience ?

C’était une belle aventure pour moi. Participer dans ce concours et rencontrer Asalf’o (Que je fais un coucou), c’était une belle expérience. Nous étions nombreux, j’ai vu même plusieurs artistes talentueux pliés bagages (éliminés). Et j’ai quitté la compétition à l’étape du battle face à une congolaise, Janellie.

Après ce que mon coach Asalf’o m’avait dit est resté dans ma tête jusqu’à ce jour. Il me disait souvent : « Céline, tu es une congolaise ! Chante avec chaleur. Je n’ai pas besoin des choristes, j’ai besoin des leaders. Réussir ce n’est pas facile. Va voir l’histoire de Magic Système, nous sommes sortis de nulle part et aujourd’hui nous sommes connus ! ».

Le passage à The Voice m’a beaucoup motivé. Après mon retour à Kinshasa, j’ai décidé d’écrire mes chansons et travailler comme une malade et voilà aujourd’hui je suis lauréate du « Prix Découvertes RFI 2019 ».

Comment es-tu arrivée dans le monde musical ?

Je chante depuis mon enfance. J’ai eu l’envie de ce métier lorsque je suis allé à l’Est du pays précisément à Kisangani où j’ai rencontré des magnifiques artistes qui m’ont donné leur confiance, qui m’ont encadré. Je cite entre autres Shogy Ongoy, Djino Alolo, Franck Moka, Yves Mwamba, qui sont aujourd’hui des très grands danseurs chorégraphes, danseurs et musiciens dans le monde. Nous avons pu faire la première scène à Kisangani, à l’époque j’avais 15 ans. Et cela que je me suis décidé de faire de la musique mon métier de base.

C’est d’ailleurs à Kisangani où j’ai obtenu mon diplôme d’Etat. Puis je suis rentré à Kin pour m’inscrire à l’Institut national des Arts –INA- où j’ai fini en tant que musicologue.

Peut-on dire qu’aujourd’hui, Céline est un exemple qui prouve qu’on peut oser et réussir. Quel message adressez-vous aux jeunes qui sont comme vous ?

C’est quand on est jeune que nous devons nous fixer nos objectifs et surtout faire des efforts pour les atteindre. Ce sont les jeunes qui changent les choses, qui bousculent le développement d’une nation. Les jeunes, croyons à nos rêves. Rêvons grand et soyons déterminés pour y arriver. La chance souris aux gens de plusieurs façons. Travaillons.

Aujourd’hui, je suis la benjamine du Prix Découvertes RFI et j’ai seulement 22 ans. Alors que la RDC est la référence de la musique dans le monde. Je suis la première congolaise à recevoir ce prix. Donc, il y a un grand travail à faire.

Un mot pour conclure…

Merci à Eventsrdc.com. Je vous demande de continuer à suivre toujours la culture. La culture est très importante pour la société. C’est une chose qui ne doit pas disparaître. Vous faites un travail remarquable.

Ecoutez l’intégralité de l’interview sur notre FM.

ETIENNE KAMBALA

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