RDC : Le sculpteur Lufwa réclame ses droits auprès de la SOCODA

Le sculpteur rd-congolais André Lufwa Mawidi est sorti de son silence. Le concepteur et réalisateur du somptueux batteur de tam-tam de la Foire internationale de Kinshasa FIKIN a déclaré le mercredi 1er novembre 2018 sur les antennes de la radio Top Congo FM, basée à Kinshasa, qu’il na pas perçu les droits liés à toutes ses œuvres depuis 30 ans (1988) alors qu’il est sociétaire de la SONECA devenue SOCODA.

 

« Je continue la lutte avec espoir que je serai payé avant que je rende l’âme », a-t-il déclaré. A 95 ans d’âge, André Lufwa est encore apte intellectuellement. Car, il réalise encore son appartenance dans cette coopérative chargée de récolter les dividendes des œuvres des artistes membres et de les payer par la suite. Il ne réclame pas autre chose que ses droits.

 

L’une des oeuvres du sculpteur rd-congolais André Lufwa Mawidi. Ph.Dr.Tiers

 

Gérer par des artistes n’ayant pas étudié la gestion des entreprises et n’ayant pas fait preuve de bons gestionnaires dans la communauté rd-congolaise, la SOCODA (Société congolaise des droits dauteur et droits voisins) souffre des mêmes maux que sa défunte sur la SONECA (Société nationale des éditeurs, compositeurs et auteurs). Elle ne se préoccupe pas des problèmes de ses membres, de l’évolution de son secteur et de l’évolution technologique. Elle est gérée comme un patrimoine familial ou amical.

 

Nous souviendrons qu’en 2012, quelques mois après sa création, le 18 mars 2011, la SOCODA avait hérité les actifs et les passifs de la SONECA qui était en pleine liquidation pour ne pas léser les milliers de rd-congolais qui étaient membres depuis des années. Cette survente a eu lieu suite à la mauvaise gestion dun groupe d’artistes qui se croyait être de très bons gestionnaires dans un environnement où les membres étaient abandonnés à eux-mêmes et voués à la mendicité.

 

 

Selon un proche d’André Lufwa, ce cri d’alarme n’a pas encore produit des effets positifs auprès des responsables de la SOCODA. Ils demeurent encore indifférents. « Ils attendraient sûrement que l’artiste meurt pour qu’ils secouent le trésor public en vue des obsèques dignes de sa taille. Or, c’est ce que nous ne voulons pas. Nous aimerions que de son vivant l’artiste dépense l’argent de sa sueur. Certaines personnes nous demandent de contacter la présidence de la république. Et pourtant, cette affaire concerne d’abord la SOCODA où il est sociétaire. Que cette entité commence par le payer et nous verrons le reste après », a-t-il avancé dans l’anonymat.

 

« Ces cas sont légions dans le monde culturel rd-congolais. Mes collègues artistes doivent se réveiller et dissocier les droits d’auteur à l’assistance sociale, mais aussi à la mendicité autrement appelée Matolo. Les droits restent droits. De lors qu’on est membre, on doit en bénéficié et en faire ce que l’on veut. A notre mort, nos enfants vont en bénéficier également. L’adhésion à une telle coopérative n’est pas une figuration ou une amitié. Elle est une forme d’assurance à vie et de sécurité sociale. Pourquoi nos semblables choisis pour diriger notre société doivent la considérer comme un club d’amis ? », a-t-il martelé.

 

Pour rappel, entre 2015 et 2015, la redistribution des fonds collectés par la SOCODA pour les artistes et autres membres ressemblait une aide auprès des démunis. Certains avaient perçu des montants qui ne correspondaient pas à la diffusion de leurs œuvres et d’autres étaient contraints de prendre des sacs ou demi sacs de riz, des rames de poisons et autres vivres secs ou frais. Aucune traçabilité dans la collecte ou recouvrement des fonds et aucune transparence dans le partage ou la gestion quotidienne de cette coopérative. Besoin d’un audit ou d’un nouveau management ?
CINARDO KIVUILA

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