RDC – Télécoms : Al Kitenge propose la migration vers le paiement électronique pour stabiliser le Franc Congolais face au dollar américain

Comme toute autre denrée, le tarif des crédits ou forfaits téléphoniques varie selon la dépréciation ou l’appréciation du franc congolais face au dollar américain. Actuellement à Kinshasa (RDC), le tarif de cette denrée produite par les sociétés de télécommunication (Africell RDC, Airtel RDC, Orange RDC et Vodacom Congo) varie entre 1600fc et 2200fc pour 100 unités. Cela dépend d’un revendeur à un autre. Une situation qui dure depuis que la monnaie nationale rd-congolaise s’est dépréciée face à la célèbre monnaie américaine.

Hormis le secteur des télécoms, plusieurs autres secteurs de la vie quotidienne dansent au rythme du dollar américain. Auprès des opérateurs de télécommunication, les tarifs se traduisent en unité. De ce fait, le prix de leurs unité est fixé en dollar. « On sous-entend simplement que pour eux, le prix ne change pas du tout, il est d’un dollar. A partir du moment où c’est comme ça, quel que soit le changement de la parité entre le franc congolais et le dollar, rien ne change», explique l’économiste et stratège rd-congolais, Al Kitenge.

Et de rajouter : « Si vous observez le taux d’intérêt que ces télécoms appliquent lorsque vous achetez les crédits téléphoniques sur leurs plateformes électroniques, vous vous rendez bien compte qu’ils ont un taux d’échange supérieur celui de la rue. A mon avis, c’est un des secteurs qui polluent le marché en termes de réglementation d’échange. Le taux d’échange qu’ils appliquent est largement supérieur que ce qu’on peut retrouver dans les banques et dans la rue ».

Pour l’économiste Al Kitenge, il est important que l’Etat rd-congolais et la banque centrale s’engagent immédiatement pour une nation sans cash en allant vers le paiement électronique, car, dit-il, le cash en Rd-Congo a marginalisé le franc congolais.

Par ailleurs, le déficit de la Rd-C dans le domaine électronique ne touche pas seulement la monnaie nationale. La pandémie du coronavirus à mis à nu, la pente que connaît le pays dans le secteur numérique.

« Mais aujourd’hui, il est important reconnaître que cette crise du coronavirus nous démontre clairement qu’il est temps que nous engagions notre transformation numérique, aussi bien dans le secteur public que dans le secteur privé. Et l’une des choses qui peut être très bien et qui peut être faite immédiatement, c’est de créer une nation sans cash. Et cela va créer de l’espace pour le franc congolais par rapport à la domination du dollar américain », a conclu Al Kitenge.

GLODY NDAYA