Tribune: « Asimba Bathy est tout un programme », déclare Jean-Pierre Eale

Grand par la taille et le talent. A la fois journaliste, dessinateur, scénariste, éditeur, Asimba Bathy, c’est tout un programme !Tout ça c’est lui. En somme, il a atteint dans sa spécialité un degré élevé de perfection. Doué, talentueux et perfectionniste.

 

De retour d’un voyage avec dans ses bagages la dernière bande dessinée qu’il venait de publier, il avait organisé une conférence de presse et le vernissage de son œuvre aux environs de l’Utexafrica, Il n’a pas des raisons de s’en cacher, dressant son parcours, il a avoué d’emblée avoir été à un moment de sa vie mon collaborateur (au Memling à la rédaction de Télé Temps Libre) et il était étonné de constater que lorsque je revenais des voyages, j’avais des journaux des magazines et autres matériels informatiques et que j’avais la passion de ce que je faisais. Le mot est plus que d’actualité. Il en a été marqué et c’est ce qu’il fait depuis qu’il fait la route de l’Europe.

 

As, c’est comme ça qu’on l’appelle dans le milieu, est un chevalier de la plume doublé de maquettiste et infographe, comme sait l’être un orfèvre. Pour l’avoir suivi d’abord à distance au sein de nombreuses rédactions où il est passé, notamment à Disco magazine, Salongo Sélection et Salongo Musique, j’avais fini par faire appel à lui pour m’accompagner dans la production de mon hebdo comme je l’avais écrit ci-haut. De lui, j’ai retenu plein de trucs. D’abord son intelligence et son amour du travail bien fait. Il est toujours en compétition avec lui-même.

 

Ensuite, j’ai été avec lui à la création successivement de Terminus en 2000 et de Ici Kinshasa en 2012, deux journaux où il a créé les logos et élaboré la mise en page. Entre deux montages de journaux, il a toujours le temps d’écrire ses bandes dessinées dont Congo 50 dans laquelle Gaby Shabani et moi sommes des acteurs. Il dit de lui que c’est un genie, à son contact on sort toujours intelligent. Puis Indépendance cha cha.

A ma question de savoir pourquoi m’avoir choisi, il me dira parce que ma philosophie et mon esprit d’entreprendre l’ont tellement marqué, influencé, et révolutionné. C’est ma façon de voir les choses. J’étais ému d’entendre ça, c’était peu avant le 30 juin 2010 à notre première rencontre, en dehors du pays. Et en 2014, vient Panique à Kinshasa, une BD dans laquelle il m’a dédicacé en ces termes, je le cite : « Être avec JP Eale c’est comme habiter avec une richesse mais, qu’il faudra savoir exploiter ! Je suis un peu son émanation ». Fin de citation. En lisant son avant-propos, je me suis senti flatté, car il n’est pas du genre flatteur. Asimba a un drôle de caractère. Il peut pour un petit rien tout laisser tomber.

 

Au contact de l’Europe où il se trouve en ce moment et ayant observé beaucoup dans le milieu des éditeurs et imprimeurs, il a décidé de devenir son propre patron en créant les éditions Crayon Noir. En plus de scénariste, dessinateur, il est devenu photographe, j’ai eu une fois recours à ses services pour réaliser le reportage photo de mon DVD Ballade à Kinshasa sorti à l’occasion de 90 ans de la ville de Kinshasa. Pour l’heure, il écrit sur Papa Wemba et le plus naturellement du monde, il m’a réservé une place de choix pour parler de ma rencontre avec Bokul, les circonstances de la création de Viva la musica et de notre tournée en Europe et au Japon. Souvent absent du pays, car devant participer à des festivals, des conférences et autres modules d’enseignements, Asimba est une fierté pour le Congo. Ses coups de crayon continuent à faire mouche.

 

Dommage qu’il soit ignoré superbement par les nôtres. D’ailleurs, il s’en fout parce qu’il se vend très bien à l’extérieur. Mais dans sa chair et son âme, il reste trop Congolais et personne ne peut le lui enlever. Parce qu’il est lui-même Art avant d’être Artiste. C’est tout dire…

JEANPIERRE EALE IKABE

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