Yekima évoque la sortie de son album avec Papa Wemba

Avec Papa Wemba, décédé le 24 avril 2016, Yekima a réalisé une chanson contenue dans son album dont la date de sortie n’est pas clairement dévoilée. Yekima a évoqué cet album dans un entretien accordé à Eventsrdc.com. Lisez.

 

A quand la sortie de votre album, réalisé et aussi un featuring avec Papa Wemba ?

Cette album justement. Tout ce que je fais, scènes, déplacements, festivals c’est aussi pour ce projet d’album. Je suis plus un artiste de scène que phonographique. J’ai commencé mon aventure discographique il y a longtemps sauf que j’ai fait une sortie phonographique en 2010 « IT dans un cœur », j’ai sorti le tout premier slam en lingala « Mwana etumba » en 2013 déjà, c’est-à-dire je sorti des choses sur le plan phonographique bien avant bon nombre de. Il n’en demande pas moins que je me sens plus artistes des scènes que de studio. Mon premier clip, je l’ai sorti qu’en 2016 et le second en 2018.

Cependant, dans cet album, j’ai tout mis. Pour moi, c’est une grande chance de rencontrer les personnes comme Maika Munan qui accepte de réaliser trois titres. Il est très jeune dans l’esprit. Tu prends le vieux Zola Tempo. D’ailleurs, j’en parle comme ça entre parenthèse, il y a Iyenga qui est sont produit qui a sorti un album dont lequel j’ai deux titres en featuring. Je suis en featuring dans son album avec Reddy Amisi. Dans mon album, c’est Olivier Tshimanga, Papa Jean Goubald, c’est Lutumba Simaro, c’est Papa Wemba et d’autres encore, il y a Paul Le Perc.

C’est un album qui va sortir, mais je dois lui frayer un bon chemin. Je ne suis pas pressé. J’ai commencé avec cet album en 2014 et là, quatre ans après tout est fini. L’album est bouclé. Tout ce qui reste dans cet album, c’est mettre une couverture et l’emballer. L’album est là. Il existe. Pour l’instant, je prépare le prochain clip que je veux sortir un single. Je suis encore en train de cogiter, je ne sais pas encore lequel.

L’album a 10 titres inédits dont deux sont déjà sortis, « Je te présente Kinshasa » et « Les années Zaïre ». Justement, j’ai des coups de pression de part des gens qui me disent, t’a mis la barre tellement haute avec « Les années Zaïre ». Nous espérons que le prochain titre sera également bon. Ça, c’est vraiment des pressions. J’adore ces genres de challenge, des défis permanents de dire qu’il faut toujours se surpasser d’aller au-delà. Je suis en train de penser qui sera le prochain réalisateur.

 

Le slam est délicat, ce n’est pas des chansons comme ça, il faut que tout parte avec ce que tu veux dire et ça traduit fidèlement de ce que tu veux présenter.

C’est plus important d’avoir un réalisateur dont la marque en terme d’image correspond d’abord, sache pénétrer ton esprit et faire l’amour avec comme il faut. Pour que ça fasse jouir les gens.

 

A ce jour vous définissez, précurseur, patriarche, pionnier, de l’Afro-slam ou qu’elle est la vraie définition de Yekima aujourd’hui ?

Je suis pionnier de l’Afro-slam, je suis patriarche, je suis créateur afro-slam. C’est mon style personnel. Je l’ai, j’ai découvert mon slam a travers une série américaine. Pas le slam mais cette façon de posé des mots sur un fond sonore et quand j’ai regardé, ça me parler, et je voulus faire comme. J’ai sorti mes textes des tiroirs et j’ai commencé à le posé sur un fond sonore sur le moment j’ai crû en style et après ont m’a dit que ça existait. J’ai découvert comme ça que le slam existait, grâce à un ami Malik, je suis au home de l’Université de Kinshasa, comme pensionnaire. Et donc, il me fait écouter Abdel Malik, et Grand Corps Malade, et quand je rencontre Grand Corps Malade en 2013, je me rends compte que c’est un monologue, c’est un français.

Moi, je suis congolais. Je pourrais faire du slam avec les outils que j’ai. Une touche congolaise, une touche africaine. Je suis à la croisée des musiques africaines, des congolaises qui m’ont nourrit, vus grandir. Je n’avais du mal à pensé comment faire l’oralité que ce sert le slam. L’oralité du slam et l’oralité dont ce sert le slam pour ce faire et le cadence du rythme afro-congolais qui m’ont vus grandir en les ouvrant à des influences du monde. Ça me différencie de Grand Corps Malade et d’Abdel Malik, je propose un style qui est congolais et qui est évidemment original. C’est mon propre style. Donc aujourd’hui, dans le pays de la rumba, et du Ndombolo, je propose de l’Afro-slam, de la rumba du football. Je joue de la hanche a la tête sans perdre les pieds (rire). Je propose de l’Afro-slam.

 

Désormais, le slam ne sera plus réservé aux oreilles, on voit le corps bouger, on vient dans nos spectacles, on danse, on bouge comme si on serait dans un spectacle de Fally Ipupa. La seule différence entre Fally Ipupa et Héritier Watanabe, entre mon papa Jean Goubald, ce que lui chante, moi je parle, scande mes textes avec la musique. Je slam.

Je n’ai pas voulu supplanter carrément ce terme de slam, ça reste une référence, mais j’ai ajouté Afro par rapport aussi au préfixe. Je trouve ça ambiant pour identifier le style. Mais ce n’est pas l’appellation forcément qui est plus important pour moi, ça pourra être appelé Cinardo, Yekima ou quoi que ce soit, le plus important pour ce le contenu que je donne au public. Et le contenu c’est cette musique congolaise, cette musique africaine, qui accompagne le slam. Cette rumba, ce ndombolo, on retrouve justement la musique qui m’a vue grandir. Je suis née à l’époque de Wenge avec le lingwele.

 

Un message a tout ces jeunes congolais, africains et étrangers qui te lisent et veulent devenir comme toi.

Modestement, je le dis parce que d’abord je suis jeune comme eux, j’ai 8 ou 10 ans de carrière, en tant qu’Afro-Slameur. Certains conseils, j’aime pas trop m’y permettre. J’attends bien qu’il y a des jeunes qui me suivent, qui m’écrivent chaque jour et qui me posent des questions, comment faire du slam. Il n’y a des miracles pour ça. Il faut avoir la créativité, une marque d’audace aussi, écrire et écrire beaucoup, écouter aussi d’autres slameurs qui exploitent l’oralité, et être capable d’apporter a l’oral ce qu’on a écrit et ce présenter déjà devant un public. Il faut oser et croire au surprise ne jamais se décourager ce n’est pas facile. Si tu travaillais pour atteindre ta cible et tu as les tranpolines. C’est beaucoup de travail. Aujourd’hui, beaucoup d’artistes  ne travaillent pas surtout avec des chaînes qui nous offrent de faciliter de mettre de truc. Ont ne content d’être exposé mais le travail a fond il n’y a pas. C’est pourquoi il y a des tubes a succès qui n’engendre pas des prestations. Il faut vraiment travailler.

J’encourage tous les jeunes. Il faut oser. Il faut continuer. Ce n’est pas évident pour soit même, pour ceux dont nous voyons là, même ceux qui sont aux États-Unis d’Amérique. À chacun ses difficultés, il faut continuer à avancer.

CINARDO KIVUILA

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