Boko Haram freine l’industrie culturelle nigériane

La puissance économique africaine souffre. Le Nigeria est quotidiennement fragilisé par la secte islamiste Boko Haram, basé au nord du pays. Ces nigerians armés sement la terreur et empêchent le pays d’Olusegun Obasandjo de jouir de sa première place.

Ils multiplient des attentats avec des kamikazes de formes hybrides, des fusillades, des enlèvements et autres types d’atrocités. Il ne se passe pas une semaine, un mois, depuis près de quatre ans sans qu’une opération de Boko Haram, au Nigeria ne fasse la Une des journaux du continent et de la planète. Et ce, malgré les efforts des autorités nigérianes pour arrêter ou prévenir les attaques de la secte islamiste qui sévit particulièrement dans le nord du pays, dans l’État de Kano. Au fil des ans, ces attentats terroristes ont fini par miner l’économie de cet État, particulièrement le secteur culturel, plaque tournante du commerce du nord-est du Nigeria.

En effet, Boko Haram a mené depuis début 2009 une forte campagne de violences dans cette partie du pays, faisant plusieurs milliers de morts principalement auprès de la population chrétienne de Kano qui a été la cible de fusillades et d’attentats à la bombe régulier. Les habitants se sont ainsi naturellement terrés chez eux ou abandonner la ville. Conséquence : des centaines d’investisseurs culturels ont fermé ou déménagé dans la majorité des villes nigérianes. Ils craignent les violences et les kidnaping.

Plus les jours ne passent, plus d’autres secteurs d’activités qui souffrent de cette insécurité. Couvre-feux temporaires, fermeture de frontière, etc., cela n’effrayent pas cette secte qui ne jure que sur le sang. Au contraire, ces mesures contraignantes nuisent aux déplacements des habitants et entrepreneurs et donc au commerce, en plus des problèmes de manque d’infrastructures déjà pénalisants.

Selon le responsable culturel de Kano interrogé par Eventsrdc.com, les activités culturelles sont freinées dans cette partie du pays. Plusieurs artistes ont quitté le lieu. Certains sont à Lagos, à Abudja et dans d’autres villes où il fait beau vivre. D’autres, par contre, ont décidé de s’exiler pour vaquer paisiblement à leurs affaires. « Je demande aux artistes nigérianes présentes au pays et dans la diaspora de se mobiliser pour que ces atrocités ne cessent et que notre industrie culturelle fonctionne convenablement », a-t-il déclaré. De poursuivre : « Nous devons sauver notre Nollywood.

Le visuel de l'industrie cinématographique nigériane. Ph.Dr.Tiers
Le visuel de l’industrie cinématographique nigériane. Ph.Dr.Tiers

Passons un message fort pour retrouver notre union et maintenir notre première position. Enterrons la hache des guerres ». Selon l’ACOMORAN, (Amalgamated Commercial Owners and Riders Association) de Kano, cela coûte 9 millions de dollars par jour aux 1,5 million de conducteurs de ces motos-taxis qui gagnaient chacun 12 dollars par jour en moyenne.

En outre, le chômage, suite logique de cette situation, qui touche ces commerçants, chauffeurs de taxi et autres habitants frustrés, risque d’alimenter encore davantage les violences, craignent certains. « Le Nord enregistre d’importantes pertes à cause des violences. Si vous déstabilisez Kano, qui est le centre névralgique des échanges commerciaux dans le Nord, vous menacez le bien-être socioéconomique de la région », indiquait ainsi le ministre nigérian de l’Information, Labaran Maku, aux journalistes lors d’une conférence de presse en février 2012.

De même, des responsables du commerce et des agents de douane à Maroua, cités par CNN, auraient affirmé que près de 80% de l’économie de la région a chuté depuis la fermeture des frontières. C’est dire l’énorme impact économique que peut avoir un groupe comme Boko Haram sur les activités d’un pays.

EVENTSRDC

 

 

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