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Serge Lescaut: «SOCO ne pollue pas le parc de Virunga»

Serge Lescaut: «SOCO ne pollue pas le parc de Virunga»

Le géant britannique du pétrole, présent en RD-Congo depuis bientôt six ans, dément toutes les allégations de pollution du parc de Virunga portées contre lui tant par les ONG locales qu’internationales. Son DG insiste beaucoup sur la transparence et le souci du développement local qui le préoccupe au plus haut degré.

 

Ça fait un peu longtemps que cela dure! La campagne de démonétisation de SOCO RD-Congo. Rien que pour la phase exploratoire, cette entreprise a investi plus d’USD 120 millions dont environ 20% ont été consacrés au social des populations RD-congolaises. Dans un entretien exclusif accordé à Africa News, Serge Lescaut, Directeur général de SOCO division Afrique Centrale, est sorti de sa réserve. Il est formel: «il s’agit d’une campagne d’intoxication».

 

Il dénonce énergiquement une campagne de désinformation orchestrée par les ONG nationales et internationales de protection de l’environnement soutenues par des conquérants totalement en perte de vitesse. Modeste, passionné de son entreprise et de son secteur d’intervention, Lescaut se dit ouvert à tout dialogue et toute réflexion visant le développement de la RD-Congo.

 

«Nous avons un contrat avec le gouvernement RD-Congolais. Si jamais ce dernier décidait d’y mettre fin, nous partirons sans faire trop de bruits. Nous ne sommes  pas des voyous ou des kamikazes qui veulent prendre en otage tout un pays ainsi que ses dirigeants», tape du poing sur la table Serge Lescaut, sur un ton très ferme.

 

Il exprime son ras-le-bol face à ce qu’il qualifie de campagne injuste dont fait l’objet son entreprise. «Jusque là, nous n’avons entrepris aucune action de nature à polluer l’environnement au parc de Virunga comme le prétendent tous ceux qui nous accusent ça et là dans les médias», signale le DG de SOCO région Afrique centrale. Et d’ajouter: «nous en sommes encore à la phase d’études scientifiques qui devront nous permettre de savoir s’il existe un système pétrolier dans cette partie. En suite, nous allons procéder à la réalisation d’une campagne sismique dans le lac, qui devra déterminer s’il existe réellement une réserve en pétrole».

 

Bizarre alors qu’on parle de pollution et des gorilles tuées suite aux travaux entrepris par cette entreprise cotée en bourse au niveau international. Contrairement à ce qui se raconte, martèle-t-il, SOCO est la toute première entreprise pétrolière à avoir exigé une étude stratégique d’impact environnemental avant toute opération d’exploration ou d’exploitation du pétrole sur le sol RD-congolais. Ce qui n’avait jamais existé auparavant. «Dès le départ déjà, nous avions, en collaboration avec un cabinet local, réalisé une étude stratégique d’impact environnemental mais qui avait été par la suite rejetée par le ministre de l’Environnement et conservation de la nature. Nous avons tout de suite repris les négociations avec le ministère pour reprendre cette étude, cette fois-là, financée par les institutions internationales telles que l’Union européenne… Ce n’est qu’après avoir rempli cette condition que le ministère nous avait de nouveau autorisé de commencer l’exploration», fixe le DG de la division Afrique de SOCO.

 

Mais suite à la situation sécuritaire qui s’est beaucoup dégradée dans cette partie du pays, fonce-t-il, toutes les opérations ont été interrompues.

 

L’acharnement

 

Se déchaînant, Serge Lescaut fait part de ses échanges avec les responsables de l’UNESCO et du patrimoine mondial à Paris: «j’ai expliqué au responsable de l’UNESCO que nous travaillons en toute transparence. Nous détenons un arrêté du ministère de l’Environnement nous permettant de continuer les travaux d’exploration dans le bloc V du graben Albertine. C’est tout à fait erroné de dire que SOCO se comporte en bandit ou gangster vis-à-vis des autorités et de la population locale». Paradoxalement, poursuit-il, le même bloc est déjà en pleine phase d’exploitation en Ouganda, dans le Queen Elizabeth Parc. Mais côté RD-Congolais, il est déclaré patrimoine mondial… Il faut que les autorités RD-congolaises ouvrent l’œil, surtout le bon! «Notre souci n’est pas de détruire la nature. Ce que nous voulons par contre, c’est d’aider ces populations locales à se développer. Elles vivent dans une précarité sans précédent. Devrions-nous continuer à parler protection de l’environnement et conservation de la nature pendant que ceux qui sont sensés protéger cette nature n’ont rien à mettre sous la dent?», réfléchit à haute voix Serge Lescaut. La question tombe à pique.

 

Le numéro Un du groupe pétrolier britannique justifie le choix de l’exploration du bloc Albertine par le souci de son entreprise à faire encore beaucoup plus de découvertes des zones vierges: «La RD-Congo est un pays vierge sur le plan pétrolier. Les gisements exploités au Bas-Congo ont été découverts depuis très longtemps. Par rapport à sa configuration géographique, nous sommes persuadés que ce pays dispose des réserves en pétrole beaucoup plus important que çà!». Puis: «Toute la Cuvette centrale est vierge. Il faut l’explorer. La zone du plateau continental entre l’Angola et la RD-Congo a du pétrole;  on le sait par ce que du côté angolais on exploite déjà. C’est également le cas avec le bloc Albertine où du côté ougandais l’exploitation est déjà en cours. Notre souci est d’être un acteur important entre toutes ces deux zones, sans oublier la cuvette centrale».

Une forte implication pour l’amélioration du social

 

Sur le plan social, les réalisations de SOCO sont énormes. Construction et réhabilitation des écoles, des routes, des bureaux pour les services de l’administration de frontière, les dons des matériels sanitaires et informatiques… Au total, une vingtaine des millions de dollars investis en 5 ans d’existence. Cela avait valu à SOCO, insiste Serge Lescaut, une lettre des félicitations de l’ancien gouverneur du Bas-Congo.

 

Simon Floribert Mbatshi Mbatshia avait reconnu l’importance du travail fait par cette entreprise pétrolière. «C’est un pari gagné pour nous. Notre souci majeur est d’offrir l’espoir à cette population. Nous avons déjà réussi à établir un pont entre la population, le gouvernement et l’entreprise. Même si on quittait la RD-Congo aujourd’hui, nous sommes fiers d’avoir laissé des infrastructures de base à cette population du Bas-Congo. Nous avons l’intention d’en faire autant pour la population de l’Est qui croupi dans une misère incroyable», renchérit le patron de SOCO.

 

Il salue la lettre ouverte de Journalistes pour la vérité et le développement -JVD-, une Association des journalistes RD-congolais, adressée dernièrement au chef de l’Etat et, par la même occasion, interdit toute campagne de démonétisation de la presse RD-Congolaise qui semble en avoir marre des campagnes de désinformation qui attaque tout le pays.

 

Vexé par cette campagne d’intoxication contre son entreprise, le boss de SOCO s’en remet à la souveraineté de l’Etat RD-congolais: «Notre contrat, c’est avec le gouvernement que nous l’avons passé. Si ce dernier est mécontent de notre travail, il nous fera partir». C’est le cri d’un géant blessé au plus profond de lui-même.

 

Serge souhaite la fin de toutes ces campagnes. Il conseille vivement à tous les journalistes -expatriés surtout- de prendre soins de vérifier au préalable les informations qu’ils mettent à la disposition du public. «Les incidents qui se sont déroulés dernièrement dans les environs du parc ne nous engage en rien. Notre hélico avait quitté cette zone depuis longtemps, contrairement à ce qui avait été rapporté par certains médias. Il s’agissait d’un incident entre les rangers et les marines FARDC», conclue-t-il.

 

Cependant, Serge Lescaut demeure optimiste quant à l’avenir. Il se dit très préoccupé par l’état actuel du parc de Virunga, laissé dans un état de délabrement et d’insécurité très avancé. Il appelle à la conjugaison des efforts de tous pour assurer la protection du parc et garantir un développement durable de tous les riverains.

HENRY MBUYI  

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