De Bunagana à Uvira : une journée de mémoire pour honorer la résistance, la résilience et l’unité nationale

À l’occasion de la Journée de mémoire « De Bunagana à Uvira », placée sous le thème Résistance – Résilience – Unité, la République Démocratique du Congo a commémoré, ce mardi 27 janvier 2026 à l’Académie des beaux-arts à Kinshasa, un moment de recueillement et de réflexion collective sur la situation sécuritaire et humanitaire dans sa partie orientale. 

Cette cérémonie s’était tenue en présence de plusieurs autorités politiques, d’acteurs culturels, d’acteurs scientifiques et de représentants de la société civile. Le pouvoir exécutif était présent, à travers la Cheffe du gouvernement Judith Suminwa, le Vice-premier ministre, ministre de l’Économie Nationale Daniel Mukoko Samba, le Ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux Guillaume Ngefa, le Ministre de la Communication et Médias – Porte-parole Patrick Muyaya, la Ministre de la Jeunesse Grâce Emie Kutino, ainsi que la Ministre de la Culture, Arts et Patrimoine Yolande Elebe.

Dans son discours, Patrick Muyaya a déclaré : « Il ne peut y avoir de paix durable fondée sur le silence, l’oubli ou la négation des souffrances ». Des panels d’échanges ont ensuite été organisés, permettant de revenir sur les épreuves traversées par les populations des territoires affectés par l’insécurité à l’Est du pays. Ces échanges ont été suivis d’une exposition photographique, présentée dans la salle d’exposition de l’Académie des beaux-arts conduite par le journaliste et directeur provincial de la RTNC Nord-Kivu, Tuver Ruini, illustrant les atrocités perpétrées par la coalition AFC/M23/RDF. Le ministre de la Communication et Médias a également pris part à un recueillement symbolique aux côtés des jeunes issus de la société civile des provinces occupées.

Ce moment, empreint de mélancolie et de gravité, a ravivé la mémoire collective des âmes brisées, des rêves interrompus et de la vie paisible arrachée à de nombreux concitoyens rd-congolais. 

À travers cette journée, un message fort a été lancé : celui de l’unité nationale face à l’adversité, de la résistance face à l’injustice et de la résilience d’un peuple déterminé à préserver sa dignité et son avenir.


Une projection mémorielle a particulièrement marqué l’assistance. Cette séquence audiovisuelle retraçant l’occupation de Bunagana, les exodes forcés et la résistance des communautés locales a transformé la cérémonie en un véritable espace de conscience nationale. Les images des villages désertés, d’enfants déplacés et de femmes réfugiées ont profondément ému le public.

Moment à la fois inspirant et révoltant face à la tristesse infligée à des populations paisibles, les témoignages directs des survivants, déplacés originaires de Bunagana et d’Uvira, ont bouleversé la salle. D’une voix tremblante, certains ont évoqué la perte de proches, l’abandon de leurs maisons et la difficulté de reconstruire une vie dans l’exil. Le silence respectueux de l’assistance traduisait la force et la gravité de ces récits profondément humains.

PLAMEDI MASAMBA