Chaque année, du 6 au 8 février, les journées mondiales sans téléphone portable invitent à une réflexion sur l’usage responsable de nos appareils. Inauguré en 2001 par l’écrivain indépendant Phil Marso, cet événement citoyen vise à susciter des échanges sur notre relation avec la téléphone.
Aujourd’hui, le téléphone portable est omniprésent dans nos vies, tant sur le plan professionnel que personnel. Se détacher de cet outil, ne serait-ce qu’une seule journée, peut sembler un défi insurmontable. Pourtant, comme l’a souligné Barick Buema, journaliste et responsable de la plateforme Parole Écrite, «il est nécessaire de reprendre le contrôle » de cette technologie.

Reconnaissant lui-même son addiction au téléphone, Barick Buema insiste sur l’importance d’intégrer l’éducation numérique dès l’école primaire. Cela inclut l’apprentissage de la gestion du temps d’écran, du développement d’un esprit critique face aux réseaux sociaux ainsi que de la protection des données personnelles.
« Dès le primaire, il est essentiel de sensibiliser aux effets du sur-usage du téléphone : fatigue mentale, baisse de concentration, troubles du sommeil, entre autres », affirme-t-il.
Plutôt que de se retirer complètement de leurs appareils, Barick Buema propose d’instaurer des moments dédiés « sans téléphone ». Cela pourrait inclure des repas en famille sans interruption, des réunions où les téléphones seraient éteints ou éloignés, ainsi que des classes, des cultes ou des événements publics où le téléphone serait complètement exclu. À ce titre, il souligne que parents, enseignants, responsables religieux, journalistes et leaders d’opinion doivent donner l’exemple.

« Un adulte accro à son téléphone ne peut pas convaincre un jeune d’en faire un usage responsable », prévient-il. Parmi les solutions pratiques qu’il promeut, on retrouve l’activation du suivi du temps d’écran, la configuration d’alertes pour prévenir la surconsommation, l’utilisation du mode « Ne pas déranger » et la désactivation des notifications non essentielles.
Pour remplir le vide laissé par le manque de téléphone, il est crucial de mettre en avant des alternatives enrichissantes, telles que la lecture, le sport, les jeux de société, la musique ainsi que des activités culturelles et communautaires. « Il est également important de valoriser les échanges en présentiel, plutôt que de se contenter de discussions virtuelles », conclut Barick Buema.
Ces journées sont donc un précieux rappel pour tous, sur la nécessité d’adopter une relation plus équilibrée et réfléchie avec la technologie.
GLODY NDAYA