Parcours et réseaux : Les cheffes adjointes des missions diplomatiques ont échangé avec la relève rd-congolaise

À l’occasion du mois de la femme, la résidence de l’ambassade du Royaume des Pays-Bas a accueilli, le vendredi 6 mars 2026, une rencontre dédiée aux jeunes femmes aspirantes à la diplomatie et aux relations internationales. Organisée par le Royaume des Pays-Bas mais née d’une initiative d’un groupe informel des cheffes de mission adjointes présentes en Rd-Congo, la rencontre a réuni quelques cheffes de mission adjointes, des étudiantes et des professionnelles. Les échanges, mêlant témoignages personnels et conseils pratiques, avaient pour ambition d’inspirer et d’accompagner la relève féminine dans des carrières diplomatiques.

Ambassadrice adjointe du Royaume des Pays-Bas, Jennyfer Imperator tenait le lead des interventions. Elle a précisé que si l’événement a bénéficié du cadre et du soutien de l’ambassade, il est en réalité le fruit d’un groupe informel composé des cheffes de mission adjointes, tant des missions diplomatiques que des organisations internationales. L’objectif affiché était double : offrir quelque chose à la communauté rd-congolaise pour le mois de la femme et, surtout, s’adresser aux étudiantes et aux jeunes professionnelles intéressées par la diplomatie et les relations internationales.

La richesse des échanges ont permis d’entrer dans le détail des parcours individuels, des difficultés surmontées et des choix faits pour progresser. Les intervenantes ont abordé des sujets sensibles tels que la discrimination et l’importance du soutien familial. Elles ont souligné que la créativité, la résilience, la formation continue et le développement des réseaux sont entre autres, des compétences clés pour être une bonne diplomate.

Sabine Mene, ambassadrice adjointe de l’Allemagne en Rd-Congo, a rappelé l’importance de transmettre des connaissances et expériences aux nouvelles générations. Elle a encouragé les jeunes femmes intéressées par la diplomatie à se renseigner sur les missions diplomatiques présentes en Rd-Congo, sur la politique étrangère rd-congolaise portée, par l’actuelle ministre des Affaires étrangères rd-congolaise ainsi que sur les médias et les discussions sur la politique internationale. « La curiosité intellectuelle et la capacité de recherche sont des qualités essentielles. Certaines jeunes maîtrisent déjà le droit international et suivent de près l’actualité politique internationale, et ça c’est le plus important » a-t-elle précisé.

Esther Ntoto, cofondatrice de Un Jour Nouveau RDC et d’Africa New Day, a salué l’initiative. Elle a observé avec satisfaction des participantes déjà bien informées, éduquées et porteuses d’une vision pour leur avenir, tout en restant ouvertes à l’apprentissage. « Mettre en contact des étudiantes encore à l’université avec des professionnelles et des diplomates permet de rendre palpables des trajectoires inspirantes et d’offrir un cadre pour poser des questions et confronter des idées. Ce pont intergénérationnel rassure et clarifie la direction que peuvent prendre les trajectoires professionnelles des jeunes femmes présentes. C’était vraiment édifiant », a-t-elle expliqué.

Coordinatrice du programme Sisters et participante à l’événement, Eunice Mupa a décrit la rencontre comme « belle » et enrichissante. Elle s’est réjouie d’avoir pu rencontrer des cheffes de missions diplomatiques et d’entendre leurs parcours : « Elles nous ont encouragées à ne pas abandonner et à poursuivre ses rêves, malgré les difficultés. Les intervenantes ont également insisté sur le respect, la courtoisie et une certaine réserve comme des qualités professionnelles utiles en diplomatie. »

En tant qu’actrice du secteur humanitaire, Eunice Mupa voit dans ce genre d’échanges l’opportunité d’établir des partenariats ou d’être accompagnée par certaines ambassades dans leurs activités.

Fidèle à la nature discrète du groupe, Jennyfer Imperator, ambassadeure adjointe du Royaume du Pays-Bas a rappelé que ce collectif se réunit essentiellement pour échanger, s’encourager et partager des informations. Elle a néanmoins reconnu l’afflux de demandes reçu après la rencontre, demandes de formation, de coaching, de stages et a rappelé sur la nécessité de gérer ces attentes : « Nous sommes déjà très engagées et nous ne voulons pas créer des attentes que nous ne pourrons pas réaliser », a-t-elle déclaré. Toutefois, elle n’exclut pas la possibilité de participer ponctuellement à des formations ou échanges, dans la mesure du possible.

La séance s’est conclue par un moment d’échanges et de réseautage, où participantes et intervenantes ont continué les discussions dans une atmosphère conviviale, digne d’une célébration. Contacts, demandes de stage, propositions de formations et souhaits de suivi ont circulé, témoignant d’un réel élan suscité par la rencontre.

GLODY NDAYA