Depuis son ouverture, quelle proportion des activités organisées au Centre culturel et artistique pour les pays d’Afrique centrale concerne réellement les artistes et les opérateurs culturels rd-congolais et ceux des autres pays d’Afrique Centrale ?
Au vu du coût élevé de location (28 mille dollars américains pour un spectacle) et de la difficulté d’accès pour de nombreux acteurs culturels, on a parfois l’impression que le centre fonctionne davantage comme un équipement public polyvalent, où l’on observe plus d’activités politico-institutionnelles que d’initiatives strictement culturelles.

Peut-être que cela correspond simplement au cahier des charges du centre. Dans ce cas, la direction générale pourrait utilement éclairer l’opinion sur la vocation exacte de ce centre et sur sa place au sein de la communauté artistique dans sa globalité.
Il ressort de plusieurs observations que ce centre semble davantage s’orienter vers la recherche de bénéfices financiers que vers le rayonnement artistique et culturel. Si tel est le cas, cela soulève une question importante quant à l’équilibre entre la rentabilité de l’infrastructure et sa mission première de promotion artistique et culturelle. Est-ce cela serait la conséquence de moyens nécessaires pour ses activités ?

Dans cette perspective, il serait sans doute opportun de repenser le mode de management de ce centre. Mais avant toute réforme structurelle, la réalisation d’un audit indépendant permettrait d’établir un diagnostic objectif sur la gouvernance, la programmation, l’accessibilité aux acteurs culturels et l’utilisation réelle de cet espace.
La vraie question n’est peut-être donc pas de savoir pourquoi cet espace est envisagé pour accueillir la plénière de rentrée parlementaire prévue le dimanche 15 mars prochain, mais plutôt de comprendre si, depuis son inauguration, le 14 décembre 2024, il profite réellement en priorité aux artistes et aux opérateurs culturels. Est-ce vraiment un pôle de création et de diffusion artistique ?

Cette réflexion amène également une autre interrogation : serait-ce peut-être le moment pour le Palais du Peuple, qui a longtemps été un lieu accessible au public et aux artistes, de retrouver davantage cette dimension culturelle ?
La question mérite d’être posée.
RÉDACTION