Voix d’Afrique 2026 : Pascal Boroto inscrit son nom dans l’histoire littéraire francophone

La Grande Halle de la Gombe, à l’Institut Français dVoix d’Afrique 2026 : Pascal Boroto inscrit son nom dans l’histoire littéraire francophonee Kinshasa, a refusé du monde, le samedi 21 mars 2026 en soirée. Dans cette ambiance électrique et solennelle, Pascal Boroto a, officiellement, reçu le prestigieux prix Voix d’Afrique, consacrant son roman « Le nom de ma mère ».

À seulement 25 ans, le jeune écrivain rd-congolais entre ainsi dans une nouvelle dimension, porté par une œuvre aussi intime qu’engagée.

« C’est une énorme et une immense joie. C’est vrai qu’il y a derrière cette pression-là, cette responsabilité, mais voilà, on vit avec, quelque part, on l’a cherchée. Et vu qu’elle est là, on va essayer d’approfondir et on va essayer aussi de profiter de cette lumière pour sensibiliser à la reconnaissance des crimes commis à l’est de la République Démocratique du Congo », a déclaré Pascal Boroto.

Avec ses près de 200 pages, « Le nom de ma mère » s’est imposé face à plus d’une centaine de manuscrits en lice lors de cette cinquième édition, séduisant un jury particulièrement exigeant.

« Ce qui l’a peut-être distingué parmi tous ces livres, c’est qu’il s’enracine aussi dans une histoire intime, dans une histoire familiale, celle d’un jeune qui perd sa mère et qui est bouleversé par ses pertes et qui cherche dans cette perte des réponses, qui cherche dans cette perte à découvrir vraiment qui était sa mère et qui cherche dans cette perte tout simplement à ne pas perdre l’amour qu’il avait pour elle. Et c’est ce mélange-là de préoccupations politiques et d’extrême délicatesse autour de l’amour d’une mère perdue, sentiment auquel je pense tout le monde peut s’identifier, c’est autour de cela que le livre s’articule qui en fait, je crois, la beauté », a dit Mohamed Mbougar Sarr -président du jury.

À travers ce roman poignant, Pascal Borotto retrace l’histoire de sa mère, fondatrice d’un journal indépendant au Sud-Kivu, dans l’Est de la Rd-Congo. Une figure maternelle forte, engagée, dont l’héritage a profondément influencé le parcours de l’auteur, lui-même aujourd’hui journaliste. Entre mémoire, quête identitaire et devoir de vérité, son récit touche à l’universel.

Dans la salle, l’émotion était également palpable du côté du public, à l’image de Thierry Mugisho, lecteur rd-congolais : « D’abord, je suis très ému et je suis très content de voir qu’un frère du Sud-Kivu, un frère du Congo, peut en quelque sorte résumer la force de nos mères, la force de nos grands-mères qui ont toujours combattu les violences, les guerres et tout ce qui va avec ».

La radio des jeunes du Pool Malebo 🇨🇩🇨🇬

Avec cette distinction, Pascal Borotto devient le premier rd-congolais à remporter le prix Voix d’Afrique depuis sa création en 2021, succédant à l’Ivoirien Nicomone Fallet. Une consécration qui dépasse le cadre littéraire pour devenir un symbole fort pour toute une génération.

Au-delà du trophée, c’est une voix qui s’élève, celle d’une jeunesse africaine consciente, engagée et déterminée à raconter ses propres réalités. Pascal Borotto n’écrit plus seulement une histoire : il ouvre une voie. Celle d’une littérature qui soigne les mémoires, interroge les silences et éclaire les zones d’ombre.

Et dans cette lumière désormais braquée sur lui, Kinshasa, le Kivu et toute l’Afrique reconnaissent en Borotto bien plus qu’un lauréat : un passeur de mémoire, un témoin de son temps, et peut-être déjà, une plume majeure en devenir. Il devient le symbole de la jeunesse littéraire francophone.

CINARDO KIVUILA