Kinshasa s’offre un nouveau scénario pour son industrie cinématographique. L’élection de Diane Bajika à la tête du secrétariat général de Association des Professionnels du Septième Art marque une séquence décisive dans la structuration du 7ᵉ art congolais, ce samedi 4 avril 2026. Portée par une énergie entrepreneuriale assumée, elle s’engage pour un mandat de deux ans sous un mot d’ordre limpide : consolider, structurer et projeter.
Continuité assumée, cap affirmé
Pas de rupture brutale, mais une continuité stratégique. Diane Bajika s’inscrit dans la dynamique impulsée par l’équipe sortante, tout en imprimant sa propre griffe. Dans un secteur longtemps freiné par des fragilités organisationnelles, elle dévoile une feuille de route ambitieuse : faire de Association des Professionnels du Septième Art une structure crédible, audible et compétitive, capable de dialoguer avec les institutions publiques et les partenaires internationaux sans complexe.
Son programme, « Avancer avec clarté, agir avec responsabilité », sonne comme un manifeste pour une gouvernance moderne du cinéma congolais.

Maison du Cinéma : le chantier structurant
Au cœur de ce mandat, un projet cristallise les attentes : la Maison du Cinéma de Kinshasa. Plus qu’une infrastructure, ce futur espace ambitionne de devenir un véritable carrefour professionnel.
Pensé comme un hub, il intégrera :
— des programmes de formation continue couvrant toute la chaîne de valeur (réalisation, production, distribution) ;
— un accompagnement technique pour faciliter l’accès aux financements ;
— un dispositif de renforcement des capacités entrepreneuriales pour les sociétés de production locales.
Ce chantier stratégique bénéficie déjà d’alliances structurantes avec Centre Wallonie-Bruxelles et Agence Nationale pour le Développement de l’Entrepreneuriat au Congo, signe d’une volonté claire : inscrire durablement le cinéma congolais dans une logique économique viable.
Gouvernance : l’exigence de transparence
Au-delà des ambitions artistiques, le défi est aussi institutionnel. La nouvelle Secrétaire Générale place la transparence au cœur de son action. Objectif : renforcer la crédibilité de Association des Professionnels du Septième Art à travers une régularisation juridique complète, l’instauration d’une gestion financière rigoureuse et la publication régulière des rapports d’activités.
Une approche qui vise à rassurer partenaires et investisseurs, tout en structurant durablement l’écosystème.
Une signature féminine, une projection globale
Également engagée au sein de Fédération des Entreprises Culturelles et Créatives du Congo, Diane Bajika incarne une nouvelle génération de leadership féminin. Elle s’inscrit dans le sillage de Yolande Elebe Ma Ndembo, dans une dynamique où les femmes prennent une place stratégique dans la gouvernance culturelle.
Son profil hybride — à la croisée de la création et de l’entrepreneuriat — constitue un levier clé pour positionner le label congolais sur la scène internationale.
Une industrie en mutation
Alors que le Centre National du Cinéma et de l’Image Animée se met progressivement en place, l’arrivée de Bajika à la tête de l’APRO7 tombe à point nommé. Elle garantit une meilleure représentation des professionnels dans les mécanismes de régulation à venir.
Le cinéma congolais change de décor.
Moins dans l’improvisation, davantage dans la structuration, il amorce une montée en puissance stratégique. Désormais, l’objectif est clair : transformer le potentiel en industrie, et les talents en véritables ambassadeurs des écrans du monde.
CINARDO KIVUILA