Affaire Rebo : le récit d’un tournage qui vire à des violences physiques (EXCLUSIF)

Une vidéo massivement partagée sur les réseaux sociaux ce dimanche 19 avril 2026 met en cause la chanteuse rd-congolaise Rebo Tchulo dans une affaire de violences sur un jeune homme à Kinshasa. Les images, devenues virales, provoquent une forte réaction dans l’opinion, sur fond de versions contradictoires.

Dans un premier temps, plusieurs récits circulent en ligne et évoquent un différend autour de 50 dollars. Une version contestée par l’entourage de l’artiste. Contacté par Eventsrdc.com, son assistant manager Ezechiel Bwalo rejette cette version et parle d’une déformation des faits. « Ce qui se raconte sur les réseaux sociaux ne reflète pas la réalité. Il y a une volonté manifeste de nuire à l’image de Rebo », affirme-t-il, dénonçant une propagation rapide d’informations inexactes.

Selon les explications fournies par l’équipe, les faits remontent à la soirée du vendredi 17 avril 2026, lors d’un tournage de clip sur le boulevard Tshashi. Pour les besoins de la production, le réalisateur Jackem avait sollicité une société locale de location de véhicules. Présente avec sa mère et sa fille sur le lieu du tournage, la chanteuse avait utilisé l’un de ces véhicules. C’est dans ce cadre qu’un sac contenant des biens de valeur a disparu. « Son sac à main contenait son passeport, le passeport de l’enfant -la chanteuse a un voyage d’affaires à Paris, ndlr-, des bijoux en or et en diamant, une enveloppe de plus de 8.000 dollars, une montre Rolex, son parfum de luxe, un iphone 17 et ses téléphones », relate Ezéchiel.

La disparition est constatée peu avant le début du tournage. L’équipe décide néanmoins de poursuivre les prises avant d’engager des vérifications. Des images de vidéosurveillance avaient permis d’identifier un suspect, le chauffeur du véhicule loué. D’abord interrogé, l’homme nie les faits avant de revenir sur sa version lors d’un échange avec la chanteuse dans la nuit.

Toujours selon l’entourage de l’artiste, le suspect a fini par reconnaître le vol en évoquant une situation familiale difficile, notamment l’hospitalisation de sa mère. Il a ensuite remis le téléphone dérobé. Ce jeune homme d’une trentaine n’avait toutefois pas indiqué l’endroit où le sac était caché. La tension monte alors que la valeur des biens évoqués reste importante. « Cette situation a énormément agacé le réalisateur, qui a appelé un de ses proches gradé, lequel a instruit des militaires de venir interroger le jeune », révèle Ezéchiel.

« Rebo était en larmes…»

C’est à ce moment qu’intervient la séquence aujourd’hui largement diffusée. On y voit plusieurs hommes en uniforme exercer des violences sur le jeune homme, dans ce qui s’apparente à un interrogatoire forcé. La scène se déroule tard dans la nuit, vers 3 heures, au domicile de la chanteuse. Son entourage assure qu’elle n’est pas à l’origine de cette intervention. « Elle n’a jamais appelé de militaires. Elle a même tenté de mettre fin à la situation », soutient son assistant manager, qui évoque une artiste dépassée par les événements : « D’ailleurs, durant cette scène de torture, Rebo était en larmes et a supplié les militaires d’arrêter. À aucun moment Rebo n’a appelé une personne pour envoyer des militaires. C’est plutôt le réalisateur. Rebo n’est qu’une victime dans ce dossier. »

Ce jeune torturé est toujours entre les mains des hommes en uniforme qui continuent de l’interroger. « Mais jusque-là, il n’a toujours pas indiqué où se trouve le sac, malgré celui aperçu sur les images de vidéosurveillance », conclut Ezéchiel.

Malgré ces éléments, la pression ne retombe pas. Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes réclament des éclaircissements et exigent l’ouverture d’une enquête. Certains demandent que toutes les personnes impliquées soient entendues afin d’établir les responsabilités. L’affaire relance aussi le débat sur l’intervention d’hommes en uniforme dans des situations privées et sur les dérives possibles de formes de justice parallèle.

Face à l’ampleur de la polémique, l’entourage de Rebo annonce le dépôt d’une plainte ce lundi 20 avril 2026. L’objectif est de saisir officiellement les autorités compétentes pour faire la lumière sur cette affaire et établir les responsabilités dans une séquence qui a rapidement pris une dimension internationale.

Affaire à suivre…

ETIENNE KAMBALA