Affaire Rebo : après sa libération, le chauffeur Platini Sadisa dénonce des actes de torture et des aveux forcés

Après sa libération, le chauffeur Platini Sadisa livre un témoignage détaillé. Il affirme avoir été séquestré, tabassé et contraint d’avouer un vol qu’il nie. Il accuse la chanteuse rd-congolaise Rebo d’avoir fait appel à des éléments de la Police militaire -PM- pour le torturer dans la nuit du vendredi 17 au samedi 18 avril 2026 au domicile de l’artiste dans la commune de Ngaliema.

Dans une vidéo sur les réseaux sociaux ce lundi 20 avril 2026, Platini Sadisa explique qu’il travaille comme chauffeur pour une entreprise de location sollicitée lors d’un tournage piloté par le réalisateur Jackem à Kinshasa. Il affirme n’avoir commis aucun vol et soutient avoir été conduit de force au domicile de l’artiste. « Je n’ai jamais mis la main dans son sac. Et je n’ai jamais volé ses biens personnels […] J’ai été menacé énormément par Rebo et son équipe », déclare-t-il dans cette séquence vidéo après avoir passé plusieurs heures à l’hôpital.

Avec un air fatigué, le chauffeur affirme avoir été violemment battu par des éléments en uniforme. Il raconte avoir tenté de fuir pour se réfugier dans une concession où se trouvaient plusieurs agents de sécurité, avant d’être récupéré par des militaires. « Moi qui pensais que l’arrivée de PM était pour me protéger afin qu’on explique la situation clairement », explique-t-il. Selon son récit, ces éléments agissaient sur instruction et ont été appelés par l’artiste elle-même d’un commun accord avec son équipe managériale.

Le chauffeur décrit ensuite une scène de violences extrêmes au domicile de l’artiste visant à lui arracher des aveux. « Vers 4 heures du matin, j’étais ligoté, torturé sévèrement dans un interrogatoire hors norme. Puis, ils m’ont amené en face de l’hôpital du Cinquantenaire, au camp Kokolo, où j’ai passé une nuit de torture. Ils m’ont soumis à un interrogatoire et m’ont promis la mort. Et m’ont obligé de faire une vidéo pour déclarer que j’ai volé les biens de Rebo. J’ai fait une vidéo par contrainte », affirme-t-il.

Platini Sadisa évoque également des pressions financières après ces faits. « Ils m’ont demandé une amende de 500 dollars. Le chef de mon agence a payé 200 dollars et moi-même j’ai payé 100 dollars qui étaient dans mon téléphone. Puis, j’ai hypothéqué le téléphone de mon grand frère qui était venu sur le lieu », explique-t-il. Il ajoute que la valeur des biens réclamés a été fixée à 7.000 dollars avant d’être revue à la baisse. « Ils m’ont fait faire la décharge, pour que je paie les objets perdus de Rebo d’une valeur de 7.000 dollars selon elle. Par après, nous l’avons suppliée et elle a accepté 3.000 dollars », poursuit-il.

Dans son témoignage, le chauffeur insiste sur le rôle des militaires dans cette affaire qu’il présente comme strictement privée. Il affirme que ces éléments étaient en communication directe avec Rebo durant sa séquestration. « Ces éléments en uniforme étaient toujours en contact avec Rebo. Ils causaient avec elle en ma présence et en main libre. Et m’ont dit que mon sort dépend d’elle », conclut-il.

Après sa libération, sa famille annonce son intention de porter plainte et dit suivre de près l’évolution du dossier. Cette affaire connaît un tournant judiciaire après l’intervention du ministère de la Justice, qui a instruit ce lundi 20 avril 2026 l’Auditeur général des FARDC d’ouvrir une enquête afin d’établir les faits et d’identifier les responsabilités.

Rebo, un recours récurrent aux éléments en uniforme ?

Dans la foulée, plusieurs sources rapportent à Eventsrdc.com que Rebo n’en serait pas à son premier épisode de ce type. Selon ces témoignages, la chanteuse aurait déjà sollicité des éléments en uniforme pour exercer des pressions dans des affaires relevant de la sphère privée.

L’un des récits renvoie à une période où elle était en relation avec Innoss’B. D’après ces sources, Rebo aurait fait intervenir des militaires à son domicile afin d’intimider un groupe de jeunes femmes présentées comme travaillant dans un réseau de prostitution qui lui serait lié. Ces dernières auraient, selon les mêmes témoignages, pris contact directement avec certains clients décrits comme proches d’autorités à Kinshasa et à Brazzaville, ce qui aurait déclenché la réaction de l’artiste.

Ces éléments ne font, à ce stade, l’objet d’aucune confirmation officielle. Ils viennent toutefois s’ajouter aux accusations déjà évoquées dans ce dossier et pourraient alimenter les investigations en cours.

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