Yolande Elebe a annoncé la reconnaissance internationale de l’esclavage racialisé des africains par les Nations Unies

La question de la mémoire historique et de la dignité humaine s’est invitée au cœur de la 87e réunion du Conseil des ministres tenue ce vendredi 24 avril 2026 dans la capitale rd-congolaise. Parmi les points examinés, la ministre de la Culture, Arts et Patrimoine, Yolande Elebe Ma Ndembo, a présenté une note d’information majeure relative à la déclaration historique adoptée le 17 mars 2026 lors de la 24e session de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York.

Cette déclaration internationale qualifie la traite et l’esclavage racialisé des Africains de crime grave contre l’humanité, tout en posant les bases de mesures concrètes en faveur de la restitution des restes humains conservés à travers le monde. Une avancée significative qui trouve un écho particulier en République Démocratique du Congo, pays directement concerné par cette problématique.

La radio des jeunes du Pool Malebo 🇨🇩🇨🇬

Dans son intervention, la ministre a souligné l’importance de ce tournant diplomatique et moral pour la Rd-Congo. « Cette reconnaissance internationale vient renforcer les efforts déjà engagés par notre pays pour le rapatriement des restes humains des Congolais conservés à l’étranger depuis l’époque coloniale », a-t-elle déclaré devant les membres du gouvernement.

Plusieurs cas emblématiques ont été évoqués. Il s’agit notamment des restes humains conservés au Museum de l’Institut Royal des Sciences naturelles de Bruxelles, à l’Université de Genève en Suisse, où des squelettes mboutis ont été identifiés, ainsi qu’aux États-Unis d’Amérique. Dans ce dernier cas, la mémoire d’Ota Benga, ce pygmée rd-congolais exposé au début du XXe siècle dans un zoo à New York, demeure l’un des symboles les plus marquants de cette histoire douloureuse.

Au-delà de leur dimension scientifique ou patrimoniale, ces dépouilles humaines soulèvent une question profondément éthique. Pour la ministre, il ne s’agit pas simplement d’un dossier technique, mais d’un impératif moral universel. « Les dépouilles humaines ne peuvent être assimilées à des simples objets de collection. Leur restitution relève d’un devoir fondamental de respect de la dignité humaine », a-t-elle insisté.

Dans cette perspective, la République Démocratique du Congo entend intensifier ses démarches diplomatiques en vue d’un retour progressif de ces restes humains sur leur terre d’origine. Le gouvernement privilégie une approche basée sur le dialogue constructif, la responsabilité historique et la coopération entre États concernés.

Cette dynamique s’inscrit dans un devoir de mémoire que la Rd-Congo souhaite assumer pleinement. Elle vise à réparer, autant que possible, les blessures du passé tout en réaffirmant les valeurs de respect et d’humanité.

En conclusion, la ministre de la Culture, Arts et Patrimoine, Yolande Elebe Ma Ndembo a rappelé l’urgence d’agir face à ce qu’elle qualifie d’injustice persistante : « La présence de ces dépouilles humaines dans des musées et laboratoires à travers le monde constitue une anomalie historique qui ne peut continuer à être reléguée dans l’oubli collectif ».

Par cette prise de position, le gouvernement rd-congolais réaffirme son engagement à faire de la restitution des restes humains une priorité, au croisement de la justice historique, de la diplomatie culturelle et de la reconnaissance de la dignité des peuples africains.

DANNY KABANGA