Cinquante-deux ans après leur dernière apparition en Coupe du monde, la RDC s’est arrêtée en seizièmes de finale après sa défaite (2-1) face à l’Angleterre, ce mercredi 1er juillet 2026. Si l’aventure s’achève à Atlanta, elle laisse derrière elle un héritage considérable.
Au-delà de l’élimination, la RDC a signé le meilleur parcours de son histoire dans la plus prestigieuse des compétitions, en enchaînant les premières historiques et en prouvant qu’elle pouvait rivaliser avec les meilleures sélections de la planète.

Avant le coup d’envoi du tournoi, peu d’observateurs imaginaient les Léopards atteindre la phase à élimination directe. Pourtant, au fil des rencontres, les hommes de Sébastien Desabre ont repoussé les limites du football congolais et offert à tout un peuple des moments qui resteront gravés dans l’histoire.
Le premier rendez-vous face au Portugal (1-1) a marqué le début de cette nouvelle page. Yoane Wissa y a inscrit le tout premier but de la RDC en Coupe du monde, permettant également aux Léopards de décrocher leur tout premier point dans la compétition. Ce résultat a lancé une dynamique qui allait progressivement faire grandir les ambitions du groupe.
Quelques jours plus tard, face à la Colombie, les Congolais ont encore franchi un cap. Pour la première fois de leur histoire en Coupe du monde, ils ont terminé une première période sans encaisser le moindre but face à une nation de premier plan. Même si la rencontre s’est soldée par une courte défaite (1-0), la prestation a confirmé que la RDC avait les moyens de rivaliser avec les meilleures équipes.

Des premières historiques qui s’enchaînent
Le rendez-vous avec l’Ouzbékistan a définitivement fait basculer cette campagne dans une autre dimension. Grâce à leur victoire (3-1), les Léopards ont décroché le premier succès de leur histoire en Coupe du monde. Ce résultat leur a également offert leur première qualification pour la phase à élimination directe avec quatre points, en tant que meilleur troisième du groupe K, derrière le Portugal et la Colombie.
La RDC est ainsi devenue la première génération congolaise à franchir la phase de groupes d’une Coupe du monde, cinquante-deux ans après la seule participation du pays au tournoi mondial.
Face à l’Angleterre, l’un des favoris du tournoi, la RDC a encore marqué les esprits. Bryan Cipenga a ouvert le score dès la 7e minute, devenant le premier Congolais à inscrire un but lors d’un match à élimination directe d’une Coupe du monde. Cette réalisation est également devenue le deuxième but le plus rapide inscrit par une nation africaine dans un match à élimination directe du Mondial, derrière celui de Kevin-Prince Boateng avec le Ghana en 2010.
Cette entame de match a également mis l’Angleterre en grande difficulté. Les Three Lions ont dû attendre la 30e minute pour cadrer leur premier tir, leur plus longue attente avant un tir cadré dans un match de Coupe du monde depuis 1966. Finalement, l’expérience anglaise a parlé en seconde période, avec un doublé d’Harry Kane qui a mis fin au rêve congolais.
Au-delà des résultats collectifs, plusieurs individualités ont marqué cette Coupe du monde. Avec trois réalisations, Yoane Wissa devient le meilleur buteur de l’histoire de la RDC en phase finale de Coupe du monde. Fiston Mayele et Bryan Cipenga ont également inscrit un but chacun durant la compétition.
Dans les cages, Lionel Mpasi s’est imposé comme l’un des meilleurs gardiens du tournoi. Auteur de 17 arrêts en quatre rencontres, dont cinq face au Portugal, huit contre la Colombie et quatre face à l’Angleterre, il a longtemps maintenu les Léopards dans leurs matchs et symbolisé la résistance congolaise face à des adversaires de très haut niveau.
Au terme de quatre rencontres, la RDC affiche un bilan de cinq buts inscrits pour cinq encaissés. Un équilibre qui témoigne de la solidité d’un collectif capable de rivaliser avec des sélections parmi les plus réputées du football mondial.
Des héros qui ont porté tout un peuple
Prenant la parole à chaud, le sélectionneur de la RDC, Sébastien Desabre, a préféré retenir les enseignements de cette campagne.
« On a fait un bon match. Après, un des meilleurs joueurs du monde marque deux buts. C’est dommage. Le football du Congo se construit ainsi. Nous avons peut-être manqué un tout petit peu d’expérience sur la fin. C’est l’histoire du football. On apprend, on continue de progresser et on poursuit notre route calmement. On s’est battus à l’image du peuple congolais. Je pense qu’on a proposé un beau football aujourd’hui contre l’une des meilleures équipes du monde. C’est cette image du Congo que l’on retiendra », a-t-il déclaré.
Le même sentiment habitait les joueurs. « On est fiers de nous. Personne ne s’attendait à nous voir arriver à ce niveau. Merci au peuple pour son soutien, merci au président de la République. On rentre chez nous avec la tête haute », a déclaré l’avant-centre congolais Fiston Mayele.

Même les observateurs internationaux ont salué le parcours des Léopards. Zlatan Ibrahimović, consultant pour Fox Sports, a notamment estimé que la RDC avait été l’une des révélations du tournoi, soulignant son organisation, sa discipline et son courage face à des adversaires de premier plan.
Cinquante-deux ans après leur précédente participation, les Léopards quittent cette Coupe du monde avec une première victoire, une première qualification pour la phase à élimination directe, un premier but, un premier point, plusieurs records individuels et collectifs, ainsi qu’une crédibilité nouvelle sur la scène internationale.
Cette génération n’a peut-être pas remporté le trophée, mais elle a réussi quelque chose de tout aussi important : redonner au football congolais une place parmi les nations qui comptent. Au-delà des statistiques et des records, elle laisse un héritage, celui d’une équipe qui a réconcilié tout un peuple avec son rêve mondial et ouvert la voie aux générations futures.
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ETIENNE KAMBALA