« Parce que je suis Rebo ? Parce que je suis une artiste ? », c’est par ces interrogations que Rebo a défendu son innocence, le lundi 10 août 2026, devant le tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Ngaliema. Une dernière prise de parole avant que les juges ne prennent l’affaire en délibéré. Le verdict tombera le jeudi 20 août 2026.
Après plusieurs audiences et des débats contradictoires, la chanteuse a tenu à s’adresser directement au tribunal. Elle affirme avoir dit la vérité depuis l’ouverture du dossier et assure traverser une période difficile depuis le début de cette affaire.
« Depuis le début de ce procès, je ne fais que dire la vérité. Depuis que ce dossier a débuté, je n’ai pas de paix. Heureusement, le Seigneur me donne la force de tenir. Je suis chrétienne et je ne suis pas habituée à mentir. Je dis toujours la vérité, rien que la vérité », a-t-elle déclaré.

Au-delà de sa foi, l’ex-compagne de Innoss’B a surtout cherché à se dissocier des militaires impliqués dans le dossier. Elle nie avoir sollicité l’intervention d’un militaire ou d’un membre du gouvernement et rejette les relations qui lui ont été attribuées depuis le début de l’affaire : « Dans ce dossier, je suis innocente. Je n’y suis pour rien et je n’ai aucune relation avec les militaires. Je n’ai jamais appelé quelqu’un pour intervenir, qu’il soit militaire ou membre du gouvernement. Tout le pays m’a collé des maris au dos. Je suis choquée. »
La chanteuse estime qu’elle est devenue le visage principal de cette affaire en raison de sa notoriété. « Monsieur le Président, que la justice fasse son travail et que chacun soit responsable de ses actes. Depuis le début de ce procès, on me fait porter le chapeau. Parce que je suis Rebo ? Parce que je suis une artiste ? », s’interroge-t-elle.

Cette dernière audience avait pourtant commencé sur un autre épisode. La défense avait sollicité une autorisation pour permettre à Rebo de quitter momentanément le tribunal afin de s’occuper de sa fille. La demande n’a pas été accordée.
L’atmosphère s’est ensuite tendue lors des interventions des avocats. Un conseil de la partie civile s’est attaqué à la chanteuse en la présentant comme une femme « dangereuse » et en développant un argumentaire autour de « la beauté du diable ». La défense de l’artiste a immédiatement protesté, provoquant de vifs échanges dans la salle d’audience.
Ces épisodes ont ponctué la dernière journée d’un procès dans lequel l’artiste est poursuivie pour incitation de militaires à commettre des actes contraires à la loi et à la discipline des Forces armées de la RDC – FARDC -.

À ses côtés comparaissent notamment neuf militaires, sur les treize poursuivis dans cette affaire pour des faits présumés de torture, d’extorsion, de concussion et de violation des consignes militaires.
Avant de quitter la parole aux juges, Rebo a terminé son intervention par un message mêlant confiance dans la justice et conviction religieuse : « J’ai confiance en la justice. Dieu connaît nos cœurs et il sait qui ment et qui dit la vérité. Même si, devant les hommes, cela ne se voit pas, chaque personne ici qui ment à mon nom paiera devant Dieu. »
Désormais, les plaidoiries et les déclarations ont laissé place à l’attente. Dans dix jours, le tribunal rendra sa décision et l’interprète de « Mbote », comme les autres prévenus, connaîtra son sort.
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ETIENNE KAMBALA