RDC : Quand l’art féminin porte la paix en bandoulière

Dans la terreur du chape de plomb, l’art féminin transgresse les interdits. En RDC, les femmes artistes portent en bandoulière la paix et la résilience, symbole d’une force douce nourrie par des créations brillantes, interpellatrices et rassembleuses.

Derrière les pinceaux, les guitares ou les mots chantés se révèlent les parcours d’histoires enfouies dans le courage et la persévérance. Les femmes artistes construisent une paix durable comme une expression de lumière et égrènent les problématiques comme chaque perle d’un chapelet. Leur travail ne s’impose pas uniquement comme une force sculptée, mais comme un véritable narratif d’un nouveau monde qui capte la mémoire, s’extirpant du conformisme patriarcal imposé par le leurre des inégalités, des menaces et de l’insécurité à l’exemple des braves inspiratrices des sociétés du monde comme Mère Térésa, Aung San Suu Kyi, Ellen Johnson Sirleaf ou encore Pétronille Vaweka.

Dans le grand bouillon du secteur artistique en République Démocratique du Congo, les femmes sont des actrices invétérées de préservation de la mémoire. Parmi elles, Do Nsoseme, slameuse consciente qui se sert de sa poésie chantée pour unir les peuples et prêcher la paix.

« Le Congo rencontre beaucoup de problèmes. Nous devons sortir du silence et changer la donne. Nous devons nous mettre ensemble et cultiver la paix, elle est d’ailleurs au cœur de mes textes. J’ai toujours nourri les désirs d’exposer les maux qui rongent la société congolaise », souligne la slameuse et poétesse.

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La paix derrière les pinceaux

Entre travail lucide et mission à préserver la paix, la frontière est tenue. L’artiste peintre Falone Mambu en fait sa gageure par son art nu qui dénonce les violences faites aux femmes.

« Quand je pose, ça ne représente pas simplement moi, je parle de toutes les femmes. Moi, je me fais juste instrument des autres femmes. Je prends les histoires de plusieurs victimes et j’essaye de les matérialiser à travers la peinture. Je parle de cette femme-là dans ma peinture », explique Falone Mambu.

La jeune femme victime elle-même des violences sexuelles, construit sa résilience à travers sa méthode : celle de voir la femme s’épanouir et vivre dans la paix.

Lorsque l’art se conjugue au féminin, la paix devient ainsi un héritage vivant. Dans cette logique, la femme artiste se pointe en bâtisseuse de la raison pour une société tournée vers des valeurs et pour une humanité qui porte foi et dignité.

CHADRACK MPERENG