Gally porte l’argument appuyé de l’amour dans son nouvel album « ADN » dévoilé ce vendredi 16 octobre 2026. Il respire solennité, beauté furieuse, empreinte de maturité et force identitaire. Comme Ulysse avec l’Odyssée, le chanteur s’affirme comme un enfant terrible de la rumba et signe une véritable traversée explorant une mosaïque de vibrations de la pureté à la version ultra-populaire.
Des rythmes épurés, un registre ultra-moderne, une signature du prince. Gally est habité par la perfection pour son retour sur le devant de la scène avec « ADN », son deuxième album studio. Le cupidon du style Rumba RnB livre le charme singulier de sa voix mélancolique à la romance. Cet album est un voyage caressant qui brille par sa douceur vertigineuse, sa créativité poussée et son arrangement minutieux. Tout est voué au succès. Troubadour enchanteur, Gally jongle sur les visages de l’amour comme dans son tout premier album, oscillant entre passion et profondeur.
Face à la mélancolie insoumise de ses 22 titres taillés sur mesure, le chanteur crée un équilibre entre la densité des compositions et la hauteur des textes ciselés. De chaque compartiment créatif naît une nouvelle exigence. Dans « ADN », Gally porte en sautoir son talent et son travail pour un résultat exceptionnel.

Une véritable traversée
22 titres et un voyage cérébral. « ADN » se conçoit comme une odyssée de la musique congolaise. Gally y baigne dès son plus jeune âge et ne veut s’écarter de ses référents. C’est l’élégance de plusieurs générations de la rumba réunies en un album.
Gally préserve les sentiers battus par ses devanciers par le fond et la forme. Crooneur choyé par la communauté musicale rd-congolaise, il reste animé par sa volonté de pérenniser ce patrimoine culturel, la rumba, en y ajoutant sa sauce moderne et garde son identité intacte.
Le chanteur écrit en gras sa vision d’acteur fidèle à son style mais qui s’exporte grâce au génie de sa musique et au sérieux qu’il agite comme un drapeau. La caractéristique de cet album réside dans sa spécificité à faire de la guitare un instrument central à travers une orchestration structurée. Les riffs de guitare corroborent ainsi l’emblème de la rumba et deviennent des boussoles rythmiques dans chaque titre.
Beatmaker dans l’âme, Gally collabore avec d’autres compositeurs talentueux qui donnent à cet album une saveur unique notamment les guitaristes Miché Kinte (solo) et Mardochée Mungolo (basse), le saxophoniste Tarcus Tabu et le pianiste Moïse Bindueka.

Des figures de la chanson congolaise conviées
Gally fait appel à l’excellence de la chanson rd-congolaise dans son nouvel album. Porté par sa vision collaborative, le chanteur convie la crème d’une génération qui la précède et qui continue de faire rêver.
S’il a déjà réussi à collaborer avec Koffi Olomide, Héritier Watanabe et But na Filet notamment, Gally a cette fois décidé d’élargir sa besace à duos en conviant JB Mpiana dans le titre « Lelo ». Deux voix, deux générations pour un titre sentimental qui captive à la première écoute. L’amour y coule à profusion.
Dans le titre « Titanic », Gally convie Reddy Amisi, alors que dans « Fololo » il fait appel à Lokua Kanza. L’élégance dans les voix retombe comme une forte averse de grêle. Une connexion intergénérationnelle qui prend aux tripes et valorise la qualité.

Au-delà de ces featurings, Gally impressionne dans d’autres titres tels que « Mawa », véritable rumba épurée, « Lina » où la mélancolie fait sa loi ou encore « Guerrier », titre qui sample « Maman » de Gatho Beevans et qui rend hommage à sa mère Antoinette, décédée en 2024.
Avec « ADN », Gally a frappé fort. On peut sentir les influences diverses des pionniers aux figures populaires de la rumba. Les mélomanes peuvent reconnaître quelques portions méthodiques de Madilu System, Koffi Olomide, Papa Wemba, Fally Ipupa, Ferré Gola et autres. Un album d’une qualité artistique impressionnante à écouter sans modération.
CHADRACK MPERENG