La concrétisation de la politique culturelle nationale est un leitmotiv préconisé par le ministère de la Culture, Arts et Patrimoine. Sous l’impulsion de la ministre Yolande Elebe Ma Ndembo en collaboration avec l’UNESCO, un atelier technique de sa vulgarisation et de son appropriation a été organisé le vendredi 16 octobre 2026 au Musée National de la RDC.
Mettre des moyens conséquents pour une mise en exergue de la politique culturelle nationale. Suivant l’ordonnance-loi n° 25/030 du 12 mars 2025 portant principes fondamentaux relatifs à la culture et aux arts en République démocratique du Congo, ces travaux viennent de prendre le taureau par ses cornes pour tracer une nouvelle voie de responsabilité et de conscience à travers un renforcement de la compréhension du cadre légal national. Artistes, culturels et journalistes se sont tous engagés à accompagner cette matérialisation qui revêt un intérêt capital pour la culture rd-congolaise.

Des bases ont été jetées sur comment transformer des orientations politiques en actions concrètes pour améliorer les conditions de travail des artistes et structurer une véritable industrie culturelle congolaise. Conscients du rôle prépondérant de la culture, véritable poumon de chaque économie, les artistes et culturels ont plaidé pour une approche d’investissement, adossée à la formation et à la transmission des compétences, pour professionnaliser le secteur et offrir aux jeunes talents des perspectives durables.

Un cadre juridique et des infrastructures à consolider
Les échanges ont porté sur la conformité de la politique avec la Constitution et sur la nécessité d’un cadre juridique adapté aux réalités congolaises. La question des infrastructures a occupé une large place. Des projets de salles de spectacle et d’espaces culturels, notamment au Lualaba et au Kongo Central, ont été évoqués comme indispensables pour faciliter l’accès du public à la création et offrir aux artistes des lieux de diffusion adaptés.
La question de la situation professionnelle des artistes a été l’un des sujets les plus débattus. Liberté d’expression et d’association, dignité, rémunération équitable, contrats écrits, affiliation à la Caisse nationale de sécurité sociale et obligations fiscales : autant de chantiers jugés prioritaires.

La protection sociale a également été évoquée, en lien avec la couverture santé universelle. Les modalités d’accès des artistes aux soins, en collaboration avec le ministère de la Santé et le Fonds de solidarité sanitaire, ont été soulevées, tout comme la question de la carte d’artiste, dont la validité de cinq ans a été discutée.
Une attention particulière a été accordée aux femmes, aux jeunes, aux mineurs et aux personnes vivant avec handicap, notamment en matière de protection contre le harcèlement et les discriminations.

L’accès des jeunes créateurs aux médias et aux espaces de diffusion a été identifié comme un enjeu majeur pour leur visibilité. Des questions de droits d’auteur, de la fréquentation des spectacles ont également été évoquées. Une politique viable a été préconisée pour rendre l’environnement propice aux créateurs.
Chaque partie prenante à ces assises entend voir se dégager désormais des résultats probants. Financement effectif, protection sociale, formation professionnelle, gestion transparente des droits d’auteur et développement des infrastructures sont des éléments clés de cette voie vers la concrétisation.

L’enjeu est de traduire les engagements pris au Musée national de Kinshasa en actions durables et mesurables, pour que la Politique culturelle nationale devienne un véritable instrument de développement, de protection des artistes et de valorisation du patrimoine
THEXANDRA TSHIAMANI