Le pilote britannique de Ferrari et septuple champion du monde de Formule 1, Lewis Hamilton est le grand défenseur du retour de la course automobile sur le continent africain. Prenant parole le jeudi 22 octobre 2026, il s’est réjoui du futur Grand Prix prévu au Rwanda, tout en estimant que cette avancée sportive ne devait pas conduire à ignorer les crises qui touchent actuellement plusieurs régions du monde.
Pour le retour de la Formule 1 en Afrique, Lewis Hamilton ne cache pas sa satisfaction. Le Britannique milite depuis plusieurs années pour qu’une course soit de nouveau organisée sur le continent, absent du calendrier depuis le Grand Prix d’Afrique du Sud de 1993.

Face à la presse avant le Grand Prix des États-Unis d’Amérique, prévu ce dimanche 25 octobre 2026, Hamilton a expliqué avoir multiplié ces dernières années les discussions avec les responsables de la F1, mais aussi avec plusieurs dirigeants africains, pour défendre cette idée. Pour lui, l’enjeu dépasse largement le pays choisi pour organiser la course.
« C’est plus qu’un seul pays. Il s’agit du continent lui-même », a expliqué le pilote de Ferrari, mettant notamment en avant la richesse des cultures africaines et l’intérêt de les montrer davantage au reste du monde.
La Formule 1 a officialisé le 13 octobre 2026 un accord de dix ans avec le Rwanda. Le pays doit accueillir le Grand Prix d’Afrique au début des années 2030, après la construction d’un nouveau circuit à Bugesera, à environ 40 kilomètres au sud de Kigali.
Le pilote n’a pas remis en cause cette attribution au Rwanda. Il a toutefois reconnu avoir pris connaissance de nombreuses informations et préoccupations entourant le futur pays hôte. Dans son allocution, il rappelle également qu’il ne décide pas lui-même des destinations retenues par la Formule 1.
Pour le septuple champion du monde, ces questions doivent être abordées avec « humilité ». Il estime surtout que l’organisation d’une course en Afrique ne doit pas faire oublier les problèmes auxquels certaines populations du continent sont confrontées. « Aller là-bas ne signifie pas que l’on néglige ce qui s’y passe », a-t-il souligné, avant d’encourager le public à mieux s’informer sur l’histoire et les réalités actuelles du continent.
Hamilton a notamment regretté que l’histoire africaine ait occupé très peu de place dans son éducation en Angleterre. Il estime qu’une meilleure connaissance du continent passe aussi par la compréhension du colonialisme, de ses conséquences et des relations entretenues au fil des décennies avec les puissances occidentales.

« Libérer le Congo… »
C’est dans ce contexte qu’il a terminé sa réponse par un message qui dépasse largement la Formule 1. « Libérer le Congo, le Soudan, la Syrie et la Palestine », a lancé Hamilton, en exprimant son espoir de voir un jour la paix s’installer dans ces différentes régions.
La référence à la Rd-Congo n’est pas anodine. L’Est rd-congolais reste marqué par un conflit qui a notamment impliqué l’AFC/M23 et les forces rwandaises. Depuis octobre 2026, le paysage politico-militaire a évolué avec la création à Goma du Front pour la refondation de la nation, dirigé par Joseph Kabila. Le FRN se présente comme le successeur de l’AFC, tandis que Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa figurent parmi ses principaux dirigeants.
Avant cette restructuration, le Conseil de sécurité des Nations unies avait demandé aux Forces de défense rwandaises de cesser leur soutien au M23 et de se retirer du territoire congolais. Kigali a régulièrement contesté les accusations portées contre lui et invoqué notamment la menace sécuritaire représentée par les FDLR présents dans l’Est de la RDC.

Le choix du Rwanda pour accueillir la Formule 1 a également suscité une réaction officielle de Kinshasa. Le 15 octobre 2026, la ministre rd-congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a de nouveau saisi Stefano Domenicali, patron de la Formule 1, pour réaffirmer l’opposition de la Rd-Congo à l’organisation d’un Grand Prix au Rwanda.
La cheffe de la diplomatie rd-congolaise avait déjà alerté les responsables de la F1 en février 2025. Kinshasa assure toutefois ne pas être opposé au retour de la discipline en Afrique, mais conteste le choix du Rwanda au regard du conflit dans l’Est de la Rd-Congo et des accusations visant Kigali.
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ETIENNE KAMBALA