À l’occasion de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, l’ACOFEPE et le groupe de presse La Référence Plus relancent le combat pour la vérité sur le double assassinat de Franck Ngyke Kangundu et de son épouse Hélène Mpaka.
Cette date a une résonance particulière en République Démocratique du Congo. Alors que le monde commémore la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, deux voix s’élèvent à Kinshasa pour briser un silence qui dure depuis 21 ans.
Dans un communiqué conjoint rendu public ce dimanche 1er novembre 2026, l’Association congolaise des femmes journalistes de la presse écrite -ACOFEPE – et le groupe de presse La Référence Plus réclament justice pour Franck Ngyke Kangundu et son épouse Hélène Mpaka, assassinés dans la nuit du 2 au 3 novembre 2005 devant leurs enfants.

Un crime sans commanditaires 21 ans après
Pour les deux organisations, cette commémoration ne peut se résumer à des hommages symboliques. Elle renvoie à l’un des crimes les plus marquants de l’histoire récente de la presse rd-congolaise et dont les zones d’ombre persistent.
Si trois militaires présentés comme les exécutants avaient été condamnés lors d’un procès en 2006, la question centrale des commanditaires n’a jamais trouvé de réponse judiciaire définitive. Une faille que l’ACOFEPE, représentée notamment par l’une des filles du couple disparu, et La Référence Plus jugent aujourd’hui inadmissible.
Les signataires du communiqué rappellent que plusieurs enquêtes menées par des organisations nationales et internationales de défense des droits humains et de la liberté de la presse ont fait émerger des pistes sérieuses sur les circonstances et la planification de cet assassinat. Des éléments qui, selon elles, méritent d’être examinés avec rigueur par les autorités judiciaires, dans le respect de l’État de droit.
Dans l’exercice de ses fonctions de chef de la rubrique politique à La Référence Plus, Franck Ngyke Kangundu avait côtoyé plusieurs acteurs politiques originaires du Grand Bandundu. Certains évoluaient à l’époque au sein de l’ancien régime dominé par le PPRD et sont aujourd’hui associés à la dynamique de l’Union sacrée. Pour l’ACOFEPE et La Référence Plus, ces pistes liées à son environnement professionnel et politique ne doivent faire l’objet d’aucun traitement sélectif ni d’aucune protection politique.
Journaliste reconnu, Franck Ngyke Kangundu avait fait de sa plume un instrument de dénonciation des injustices sociales, de la corruption et des abus de pouvoir. Son assassinat, ainsi que celui de son épouse, constitue une grave violation des droits humains et une atteinte profonde à la liberté de la presse.

Des exigences claires pour briser l’impunité
Face à cette situation, les deux organisations formulent plusieurs exigences. Elles demandent la réouverture des enquêtes judiciaires afin que toutes les circonstances du crime soient établies, l’identification et la poursuite des éventuels commanditaires sur la base des éléments disponibles, et la garantie d’une procédure indépendante, impartiale et transparente sans interférence politique.
Elles demandent également que les familles des victimes soient pleinement associées à la quête de vérité et de justice, après 21 années d’attente et de souffrance, et interpellent les organisations de défense des droits humains pour qu’elles maintiennent leur attention sur ce dossier.
Instituée par les Nations Unies en 2013, la Journée internationale du 2 novembre rend hommage aux journalistes victimes de violences et appelle les États à protéger leur sécurité et à traduire leurs agresseurs en justice.
En mémoire du couple disparu, une messe d’action de grâce sera dite le dimanche 08 novembre 2026 en Belgique, dans une paroisse catholique d’Anhée.
21 ans après, rappellent les deux organisations, la mémoire de Franck Ngyke Kangundu et d’Hélène Mpaka exige plus que des hommages. Elle exige la vérité et la justice.
GLODY NDAYA