Comme une charge pesante, la nouvelle de la disparition de l’icône du cinéma rd-congolais et homme de théâtre Elbas Manuana, a provoqué une onde de choc. Cette perte dévastatrice est vécue par sa veuve comme un choc irréel. Frappée de stupeur, elle revient sur les derniers instants avant la mort de son mari.
Elbas Manuana a passé l’arme à gauche. Durant plus de 40 ans de carrière, il a réussi à construire une personnalité. Les univers du théâtre et du cinéma doivent une fière chandelle à celui qui aura été un gourou, un coach, un motivateur loin des strass et paillettes. C’était l’homme orchestre de chaque scène, personnage au talent hors pair, un véritable soldat inventif.

Si dans le chef de sa famille artistique des messages de condoléances retombent en giboulées, la douleur est bien plus profonde dans sa famille biologique. Bethy Matungulu, la veuve de l’artiste qui a longtemps partagé sa vie, ne cache pas sa grande émotion après la mort de son mari. Elle raconte dans les colonnes de Eventsrdc.com les derniers instants de l’artiste.
« J’étais avec lui, il n’était pas malade. Lundi dernier, il revenait du travail. On a dû disputer succinctement. Ensuite On était partis chez sa famille. Arrivés à destination, il n’a pu descendre de la voiture suite à une crise. On a vite rejoint l’hôpital le plus proche. Ce même hôpital a opté pour un transfert vers un centre hospitalier adapté dans ce type de cas », explique-t-elle effondrée.
Elle poursuit : « On voulait aller au Centre Hospitalier Universitaire Renaissance de Kinshasa ex-Mama Yemo, mais on a dû finalement opter pour un centre hospitalier dans la commune de Ngiri-Ngiri. Arrivés sur place, il a été mis en réanimation, j’ai dû payer de l’argent. Après que son confrère Jean Shaka est arrivé, le médecin me dira que mon mari a rendu l’âme. J’étais sous le choc. »

« Nous vivions dans la comédie »
En véritable mère de famille, Betty se remémore l’ambiance qui régnait avec son défunt mari. Aux côtés de ses enfants, c’était un papa comblé qui donnait tout dans un registre d’humour quotidien. Mais cette disparition brusque est tombée comme un coup de massue.
« Les enfants l’aimaient beaucoup. Il restait très attaché à ses enfants, à sa famille. Il me disait toujours : Tu connaîtras ma valeur le jour où je mourrai », dit-elle le cœur lourd.
Alors que des hommages à Elbas Manuana se multiplient, sa veuve est convaincue que son mari sera inhumé de manière digne, à la hauteur de celui qu’il était de son vivant. « Que les artistes lui rendent hommage », appelle-t-elle.
D’après le programme des obsèques, un moment d’hommages est prévu le mercredi 18 février à l’Institut National des Arts. La levée du corps interviendra le samedi 21 février; elle sera précédée de la veillée mortuaire 24 heures plus tôt dans la parcelle familiale du feu Elbas à Lingwala. La dépouille se dirigera le même samedi vers le Kongo central pour inhumation.
Que son âme repose en paix.
Lire aussi :
RÉDACTION