Kinshasa : Le journaliste Steeve Mbuyi libéré après 48h de détention, B-One exige la lumière sur cette affaire

Après 48 heures de détention à l’auditorat militaire de Ngaliema, Steeve Mbuyi, journaliste au service des informations de B-One radio télévision a recouvert sa liberté.

D’après les éléments rapportés par sa rédaction , le journaliste a été interpellé après avoir dénoncé une facturation jugée abusive de sa consommation d’eau par sa bailleresse. La parcelle occupée ne serait pas enregistrée auprès de la REGIDESO, ce qui aurait permis à la propriétaire de fixer de manière jugée arbitraire les montants réclamés. Les montants exigés auraient doublé en trois mois.

Lorsqu’il aurait réclamé ses droits, Steeve Mbuyi aurait été violemment agressé par les fils de la bailleresse. Interpellés par la police, ces derniers auraient ensuite été relâchés.

Par la suite, les mêmes personnes se seraient rendues à l’auditorat militaire pour accuser Steeve Mbuyi d’avoir fait appel à des « Kuluna ». Selon elles, ces individus auraient agressé leur mère, la blessant grièvement. Une version contestée, notamment parce que la bailleresse se porterait bien et ne présenterait aucun signe de telles violences.

Informée de l’intention du journaliste de saisir la justice, la bailleresse aurait sollicité des relais au sein de l’auditorat militaire, conduisant à l’arrestation de Steeve Mbuyi. Après une audition présentée comme unilatérale, il a été remis en liberté à 19h45, au terme de plusieurs tractations décrites comme visant à nuire à sa personne.

Un garde aurait tenu ces propos au prévenu : « À la prison de Makala aussi, tu trouveras un centre de soins de santé pour te prendre en charge. »

B-One souligne une réaction jugée “coriace” face à la détérioration de la santé du prévenu, les forces de l’ordre l’ayant amené manu militari à l’auditorat militaire pour une affaire relevant à l’origine d’un litige civil.

Craignant pour sa sécurité, Steeve Mbuyi aurait été contraint de quitter son domicile. Il se trouverait aujourd’hui dans une situation précaire, tout en indiquant que sa garantie locative serait toujours valable.

Au regard de la manière dont l’affaire aurait évolué, B-One Radio Télévision exige que toute la lumière soit faite et que justice soit rendue à son journaliste.

MYRIAM NZEKE