Mondial 2026 : La célébration des Léopards à Kinshasa crispe les clubs européens

La décision de Félix Tshisekedi d’organiser une célébration populaire pour les Léopards qualifiés au Mondial 2026 provoque une vive tension avec plusieurs clubs européens, qui dénoncent le non-respect des règlements de la FIFA.

À Kinshasa, la ferveur populaire prend le dessus. Le chef de l’État a instruit le ministère des Sports et Loisirs d’organiser un accueil d’envergure pour célébrer une qualification historique de la Rd-Congo à la Coupe du monde, 52 ans après. Dans la capitale, la mobilisation est totale. Les supporters se préparent à rendre hommage aux héros nationaux dans une atmosphère de triomphe.

Les Léopards sont attendus à Kinshasa ce dimanche 9 avril 2026. Un premier accueil populaire est prévu à 9h00 à l’aéroport international de N’djili, avant une grande célébration annoncée à 14h00 sur l’esplanade du Palais du Peuple. Selon plusieurs sources, les joueurs devraient être élevés au rang de Chevaliers de l’ordre national lors de cette journée symbolique.

Mais cette célébration intervient dans un cadre réglementaire strict. Les règles de la FIFA imposent aux internationaux de regagner leurs clubs dans un délai de 48 heures après un match en sélection. Une exigence qui n’a pas été respectée pour plusieurs joueurs rd-congolais, retenus au pays pour les cérémonies officielles. Parmi eux, Chancel Mbemba et Charles Pickel, dont l’absence alimente la polémique.

À Lille, l’irritation est palpable. Le président du LOSC Lille, Olivier Létang, dénonce une décision imposée sans concertation. « La Fédération congolaise a décidé de façon unilatérale de bloquer des joueurs jusqu’à lundi alors que les règlements FIFA sont clairs. Les joueurs doivent être de retour dans leurs clubs 48 heures après un match. Le joueur aurait dû être à Lille jeudi en fin d’après-midi », affirme-t-il. Le dirigeant annonce également avoir saisi les instances disciplinaires de la FIFA, évoquant une situation « très dangereuse pour tous les clubs ».

Le cas de Charles Pickel suscite des réactions similaires en Espagne. Son entraîneur, Manolo Gonzalez, décrit une situation inédite et assure que des mesures seront prises. Le milieu de terrain n’a pas rejoint son club du RCD Espanyol, engagé ce week-end face au Real Betis de Cédric Bakambu, lequel a obtenu, lui, l’accord de son club pour participer aux festivités à Kinshasa. « C’est une situation inédite. Le club prendra les mesures qui s’imposent. Elle est hors de mon contrôle », précise-t-il.

Entre euphorie nationale et contraintes contractuelles, la Rd-Congo se retrouve face à une tension ouverte avec les clubs européens. Derrière la célébration d’un exploit historique se joue désormais un bras de fer autour du respect des règlements internationaux, mettant en lumière un débat sensible sur l’équilibre entre devoir national et obligations professionnelles.

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DANNY KABANGA