Les agents du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication – CSAC – tirent la sonnette d’alarme sur la dégradation critique de leurs conditions sociales et professionnelles. Dans une lettre ouverte adressée à la Première Ministre, Judith Suminwa, ils dénoncent le blocage persistant de l’actualisation des opérations de paiement, à l’origine de trente-deux (32) mois d’arriérés de salaires.
Selon le document, un Ordre de Paiement Informatisé – OPI – émis depuis le 19 octobre 2025 demeure inexécuté. Le dossier serait actuellement à la Banque Centrale du Congo -BCC-, en attente de l’autorisation du Ministère des Finances, retardant ainsi toute liquidation effective des rémunérations, y compris celles annoncées pour les trimestres 2025.

Cette situation a déjà entraîné de lourdes conséquences humaines. En l’espace de trois mois, trois agents ont perdu la vie, faute de moyens pour accéder à des soins médicaux appropriés, illustrant l’absence totale de couverture sociale au sein de l’institution. Les agents évoquent également la précarité des conditions de travail, marquées par l’absence de prise en charge sanitaire, de moyens de transport et le dysfonctionnement de plusieurs antennes provinciales.
Face à ce qu’ils qualifient d’urgence humaine, les agents du CSAC sollicitent l’intervention personnelle de la Première Ministre pour débloquer le processus administratif et financier, autoriser le paiement immédiat des arriérés, et rétablir des conditions minimales de travail. Ils estiment que sans une réponse rapide, le CSAC risque de perdre sa capacité à assumer pleinement son rôle de régulateur et de pilier de la démocratie médiatique en République Démocratique du Congo.

Indemnités de sortie de l’ère Tito encore impayées
Signalons également que plus de deux ans après son installation, la question sensible du paiement des indemnités de sortie des cabinets hérités de l’ère Tito Ndombi demeure non résolue, révélant les limites d’une gouvernance encore incapable de dénouer des dossiers pourtant considérés comme prioritaires.
L’incapacité du Président Bosembe à lancer ce processus symbolise l’enlisement général du CSAC. Selon nos sources, les procédures administratives ont été entamées depuis sa prise de fonction en décembre 2022, des Ordres de Paiement Informatisés ont été émis, mais aucune exécution concrète n’a suivi, laissant planer un sentiment d’impuissance au sommet de l’institution.
Cette double situation entretient une crise de confiance interne et renforce l’image d’un CSAC paralysé, où les engagements restent lettre morte. Christian Bosembe est-il essoufflé ?
DANNY KABANGA