Didier M’buy: « Dur, dur d’être artiste-musicien aujourd’hui… »

Enseignant  à l’Institut  facultaire des Sciences de l’information et de la communication -IFASIC- et coach en communication, Didier M’buy Mitwo s’est donné de  réfléchir sur la pratique musicale en vigueur de nos jours. Dans ses réflexions,  il est parvenu à la conclusion selon laquelle il est dur d’évoluer comme musicien de nos jours. « La célérité avec laquelle le succès du tube s’émousse en moins d’une année confirme que les temps ont raiment changé, les conditions d’écoute musicale aussi », a-t-il déchiffré.

Ci-après, l’intégralité de sa réflexion :

C’est quoi une chanson, un album à succès, un tube, un morceau qui déchire carrément de nos jours? La réponse la plus aboutie devrait être  « Héros » de Moïse Mbiye ou encore « En tout cas » de Jimmy. En tout cas justement… On est tous d’accord? Ça n’appelle aucune discussion, d’accord ?

 

Cependant, la célérité avec laquelle le succès du tube s’émousse en moins d’une année confirme que les temps ont vraiment changé, les conditions d’écoute musicale aussi! Enseveli par un flux ininterrompu de sons provenant d’une multitude de sources, le mélomane ne se concentre plus longtemps sur un titre, un album… Actuellement, la tendance, lorsqu’on doit écouter un morceau, c’est de passer de l’immatériel à l’immatériel, partout et tout le temps, et peu importe la position. Mesurer aussi le succès est désormais innovant.

 

Hier, on pouvait compter physiquement le nombre d’exemplaires de « Thriller » vendus par Michael Jackson. Aujourd’hui,  on nous a rapporté -la formulation n’est pas innocente- que ce record a été battu virtuellement par Pharell Williams avec « Happy » que personne ou presque n’a écouté en dehors du Nouveau Monde (rires)! Ainsi, même s’ils ne vendent plus, les artistes congolais, réputés pour leur grosse gueule, se réfugient derrière la formule désormais en vigueur: « album ezotekama fort na Internet! Batu bazoyeba nde te… » -ndlr: « l’album est très bien vendu sur internet.  Certaines  personnes l’ignorent ».

 

Mais, quand le refrain de votre morceau est scandé par tout un stade; quand votre chanson se retrouve comme sonnerie dans bien des  smartphones; quand le public d’un concert populaire demande à interpréter à votre place votre propre chanson, à défaut d’avoir réussi un succès commercial -ce qui n’est pas le cas ici, contrairement à ce qui se passe à Lagos- au moins la réception a été 5/5 ou presque. Au moins, mokili eyokaki musala na yo!  -ndlr: du moins,  ton travail a eu un écho favorable-. Dur, dur d’être artiste-musicien aujourd’hui…

DIDIER M’BUY

 

 

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