1 an aux Sports et Loisirs : Didier Budimbu se réjouit de son parcours et demeure positif

Entre valorisation de l’identité nationale, partenariats internationaux de formation et réformes économiques, le ministre des Sports et Loisirs, Didier Budimbu détaille sa feuille de route pour restructurer le secteur en RDC. Cependant, il est satisfait des résultats récoltés dans différentes disciplines sportives depuis sa nomination jusqu’à cet exercice de redevabilité de l’an 1 du gouvernement Suminwa.

Optimiste. Il souhaite poursuivre le même l’an au cours de sa deuxième année au sein de ce ministère. Entretien.

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Que représentent la nouvelle tenue des Léopards et le retour de l’identité congolaise dans le sport ?

Cette initiative constitue un moment clé pour notre sport et notre culture. Le motif léopard affirme directement l’identité nationale. Conçu avec le designer congolais Alvin, le projet vise une production locale, fabriquée en RDC par des jeunes de l’Est du pays, région touchée par les violences. Après une première étape à la CAN, nous avons amplifié cette valorisation lors du Mondial pour faire du sport un véritable vecteur culturel.

Pourquoi cette volonté d’affirmer l’identité congolaise à travers les Léopards ?

Face aux influences extérieures, la jeunesse a besoin de repères solides et d’un sentiment d’appartenance. Cela exige d’assumer pleinement notre identité. Mon ministère est déterminé à conduire ce changement avec transparence. Le budget des tenues existait déjà : nous avons simplement fait le choix d’investir dans la qualité pour que la RDC tienne dignement son rang.

Pourquoi avoir également travaillé sur la valorisation des animateurs, notamment Lumumba ?

L’image des Léopards dépasse le cadre des joueurs. Un animateur comme Émerise Lumumba soutient l’ambiance des rencontres depuis des années ; tenir une animation pendant 90 minutes est un travail exigeant. Nous avons voulu reconnaître ces acteurs pour renforcer l’image du pays, tout en ouvrant la voie à la détection d’autres talents.

Quelle est votre appréciation de votre bilan après environ deux ans au ministère ?

Le chemin reste long, donc l’heure n’est pas au bilan définitif. Ma priorité en arrivant était de rallumer la flamme d’un sport congolais en déclin. Nous devions analyser les faiblesses du système pour amorcer sa reconstruction, particulièrement au niveau du football.

Pourquoi le football congolais a-t-il perdu son niveau ?

Auparavant, la pratique quotidienne sur les terrains de quartier permettait à des talents comme Kibongi ou Mutubile Santos d’émerger hors des grands centres. Nos études montrent que la plupart de ces espaces ont été absorbés par l’urbanisation (immeubles, hôtels). Face à la professionnalisation du football international, la RDC doit s’adapter en créant des structures de formation modernes et en formant des encadreurs qualifiés.

Pourquoi avoir noué des partenariats avec le FC Barcelone et l’AS Monaco ?

Ces accords visent le développement technique, et non la simple visibilité. Le FC Barcelone apporte son expertise en formation (50 jeunes Congolais accueillis par saison et renforcement des capacités des formateurs locaux), assorti d’un espace culturel RDC au Camp Nou.

Avec l’AS Monaco, le programme s’oriente vers la détection – prévue notamment à Gandajika, Mbuji-Mayi, Matadi et Lubumbashi – et le perfectionnement des encadreurs. Le calendrier a subi des retards liés à la préparation de la Coupe du monde 2026, mais les échanges se poursuivent pour réajuster le planning.

Comment faire du sport et des loisirs des secteurs économiquement rentables ?

Le secteur peut générer des ressources significatives à travers la tenue de compétitions internationales, comme le prochain championnat intercontinental de judo. Du côté des loisirs, les recettes restent sous-exploitées en raison de failles dans la perception des taxes (ngandas, boîtes de nuit, espaces chicha).

Nous mettons en place une brigade de contrôle sur le terrain pour vérifier la conformité des établissements, appliquer des sanctions ou fermetures si nécessaire, et faire du ministère un pôle d’apport financier pour l’État.

Les sportifs congolais vivent-ils réellement de leur métier ?

Si certains professionnels perçoivent un revenu régulier, la situation globale exige un encadrement structuré. Nous avons entamé un recensement des athlètes avec l’appui de la société Topal et en nous inspirant du modèle japonais. Cette base de données permettra d’assurer un suivi rigoureux et d’étendre progressivement le soutien financier, aujourd’hui accordé aux anciens Léopards et aux sportifs des autres disciplines.

Que faire pour éviter que les sportifs congolais soient obligés de s’expatrier ?

Il faut bâtir un écosystème professionnel local : identification des talents, infrastructures modernes, compétitions régulières et centres de formation performants. Les partenariats internationaux doivent offrir un cadre répondant aux exigences du haut niveau sur le sol national.

Qu’en est-il de la polémique autour du partenariat avec l’AS Monaco ?

L’AS Monaco n’a jamais porté plainte. Les accusations émanaient d’un particulier congolais. Ce partenariat a été validé par les autorités compétentes, et les flux financiers sont passés directement du Trésor public vers Monaco, sans transiter par mon ministère. La justice monégasque a classé cette affaire sans suite en juillet 2026. Ce projet reste centré sur la formation de nos jeunes et de nos techniciens.

Quelles sont les ambitions en matière d’infrastructures sportives et d’organisation de la CAN ?

Nous étudions la possibilité de co-organiser une CAN à l’horizon 2029 ou 2030 avec la République du Congo, avec l’accord des deux chefs d’État. Cela exige la remise en état et la construction d’infrastructures. Malgré les contraintes budgétaires accentuées par la situation sécuritaire dans l’Est, nous travaillons sur la création d’un fonds dédié au sport et des synergies avec le ministère du Portefeuille pour mobiliser le concours des entreprises publiques.

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