« 1390 » dans les bacs, Anx Beat s’en va à la conquête de l’Afrique

Rappeur rd-congolais résidant à Bruxelles, Anx Beat, né Angbasembina Te Dumbe Dumbe, vient de sortir sa première mixtape intitulée « 1390 ». Avec cette œuvre de « haute facture », Anx Beat tient à conquérir son Afrique natale. Il l’a dit à Eventsrdc.com tout en rassurant que les batteries sont mises en marche pour toucher les Africains. Entretien.

 

Pourquoi « 1390 » ?

« 1390 » est une histoire un peu similaire à celle de Pie Tshibanda quand il raconte son « Fou noir au pays des blancs ». Après l’expiration de mon visa, j’ai eu recours aux services de Croix-Rouge pour être  identifié dans leur banque de données administratives. Ils ont préféré me donner un numéro, plutôt que de m’appeler par mon nom. C’était plus facile pour eux. 1390 est ainsi devenu mon nom pendant cette période de galère.

 

Comptez-vous faire la promo de « 1390 » à Kinshasa ?

Bien sûr. Kinshasa est la base de tout. Je suis entré en contact avec plusieurs structures et j’attends le lancement de mon premier clip vidéo pour bien commencer les choses. À part la Rd-Congo, je suis aussi en contact avec une structure ivoirienne basée à Abidjan. Nous sommes en  train de préparer des choses pour le futur. Cette mixtape est d’abord fait pour l’Afrique.

 

Quelle évaluation faites-vous du travail réalisé dans cette mixtape ?

« 1390 » est une œuvre de haute qualité au vu des lyrics et des productions des instrus. J’invite les amoureux de la bonne musique à la découvrir, à la recommander et à me contacter pour des productions scéniques. Dans cette mixtape, j’ai également collaboré avec Marshall  Dixon dans le titre « Jalousie » que j’ai beaucoup aimé.

 

Comment avez-vous rencontré Marshall Dixon  jusqu’en arriver à un feat dans « Jalousie » ? 

Il est avant tout un collègue. Nous évoluons dans le même milieu musical  à Bruxelles en Belgique. Il m’a montré comment se passait le service et, vite, le courant est bien passée entre nous. Il m’a invité à participer au clip vidéo de la chanson « Back in the game » mais j’étais absent vu que je devais déménager.

 

Un jour, je lui ai proposé de poser avec moi sur un morceau, il a accepté. Dès son retour de Kinshasa en janvier 2017, il est venu en studio et il a bien fait son boulot. Pour moi, c’est Marshall qui a donné vie à cette chanson. Donc, respect à lui.

 

De gauche à droite, le beat maker, Anx Beat et Marshall Dixon après l’enregistrement de ” Jalousie “. Ph.Dr.Tiers

 

Avec quels beatmakers avez-vous travaillé dans « 1390 » ?

Le beatmaker de « 1390 » est Darken. Il vit  à Lyon en France. Je crois  que je vais garder la même équipe: mon arrangeur Pedro Kash de 93 Money Machine sera toujours là pour des retouches et apporter une fois de plus de la magie sur ma musique.

 

De quoi parlez-vous dans le morceau « On est tout près » ? 

Ce morceau exprime la solidarité dans une communauté, particulièrement  la mienne, celle des congolais de la Rd-Congo. En résumé, j’essaie de dire à un proche qu’en cas de besoin, les amis ne sont jamais loin. D’où la phrase: « Quand un faux pasta (pasteur) viendra sauter sur ta go (ta femme), dis-toi que j’ai les bons numéros ». Rires.

Le rappeur rd-congolais Anx Beat. Ph.Dr.Tiers

 

Comment vous êtes-vous retrouvé dans la musique ?

J’ai commencé par le hip hop vers les années 1992 et 1993, singulièrement dans la danse. A l’époque, j’habitais le quartier Kauka à Kinshasa. J’ai été initié dans ce milieu par l’un de mes voisins revenu d’Allemagne.

 

L’envie de rapper m’est venue grâce aux groupes tels que Naughty by nature et Kriss Kross. Michael Jackson a aussi été sur le coup tout comme l’émission « Yo Rap » sur MTV. La première vidéo du groupe Fatima Cia des gars de chez nous m’a également stimulé à faire carrière dans le rap. Respect à eux.

 

D’où vous vient le nom de Anx Beat ?

Mon pseudo est formé des initiales de mon nom de famille. Je voulais que ça soit en trois lettres comme mon mentor,  le rappeur américain Nas. Et Beat est venu pendant la programmation de mon premier single qui n’est jamais sorti. Rires.

 

Je travaillais avec un MC, Travy du groupe gospel FMC. A la fin de la séance, il me posa cette question: « ton instru, on le sauve sous quel nom?  ». Moi, je ne savais rien dire et il  l’avait nommé Anx Beat. Voilà, vous savez tout sur l’origine de mon nom.

 

Combien de titres et quels genres de thèmes seront exploités dans votre prochaine mixtape ? 

En ce moment, j’ai plusieurs morceaux écrits et des instrus qui vont avec. Mais, je m’abstiens de me précipiter au studio parce que maintenant la musique va trop vite. Je veux directement faire le boulot au moment opportun. Les thèmes resteront les mêmes, mais  ils seront exploités différemment (black, politique et egotrip) avec des sonorités très variées.

YVES DIBOKO 

 

 

 

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