La République Démocratique du Congo franchit un nouveau cap dans son rayonnement culturel international. Le ministère de la Culture, Arts et Patrimoine a officiellement annoncé la participation de son pays à la Biennale de Venise 2026, prévue du 9 mai au 22 novembre 2026 à Venise, en Italie.
À travers un pavillon national et une série d’activités parallèles, la Rd-Congo entend s’imposer comme une voix artistique majeure, portée par une vision claire : faire de la culture un levier stratégique d’influence et de puissance douce.

Une vision portée par l’État
Lors de la cérémonie officielle de lancement, la ministre de la Culture, Arts et Patrimoine, Yolande Elebe Ma Ndembo, a posé les jalons d’une ambition assumée. « La culture est l’âme des nations ; c’est par elle qu’elles se racontent, se projettent et se font entendre dans le monde ».
Dans un discours à la fois structurant et mobilisateur, la ministre a insisté sur la portée stratégique de cette participation : « La Biennale de Venise constitue l’une des plus grandes plateformes d’expression artistique au monde. Y prendre part n’est pas un simple acte de présence. C’est un positionnement. C’est une affirmation. C’est une projection ».
Inscrite dans la vision du Président rd-congolais Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et mise en œuvre par le gouvernement dirigé par Judith Suminwa Tuluka, cette initiative consacre la culture comme un levier stratégique de développement et de souveraineté narrative.« Aujourd’hui, la culture n’est plus périphérique. Elle est au cœur des dynamiques de puissance, de narration et de rayonnement des nations », a-t-elle soutenu.

“Simba Moto”, un thème pour raconter le Congo autrement
Placée sous le thème “Simba Moto”, la participation rd-congolaise ambitionne de traduire, à travers l’art, la vitalité, la résilience et la pluralité du pays.
Neuf artistes de renom, issus de divers horizons et représentant la richesse de la scène rd-congolaise, porteront cette narration contemporaine : Sammy Baloji, Arlette Bashizi, Patrick Bongoy, Damso, Gosette Lubondo, Nelson Makengo, Aimé Mpane, Léonard Pongo et Géraldine Tobé.
Cette sélection reflète une volonté affirmée d’inclusivité artistique, intégrant aussi bien les talents locaux que ceux de la diaspora, dans une démarche cohérente de représentation nationale. « Nous ne venons pas simplement participer. Nous venons nous positionner. Nous venons raconter la République Démocratique du Congo autrement, avec justesse et ambition », a déclaré la ministre.

Un modèle innovant de partenariat public-privé
Au-delà de la dimension artistique, la participation rd-congolaise se distingue par son modèle organisationnel. Le pavillon national repose sur un partenariat public-privé structuré, mobilisant institutions publiques, acteurs culturels et partenaires engagés.
Parmi ces derniers, la Fondation Damso et la structure Skinfama jouent un rôle clé dans l’accompagnement et la valorisation des artistes. Ce dispositif traduit une volonté forte : bâtir un écosystème culturel capable de produire, diffuser et exporter la création rd-congolaise à l’échelle mondiale.
La ministre n’a pas manqué de saluer cet engagement collectif : « Cette participation repose sur un cadre structuré fondé sur un partenariat public-privé mobilisant les institutions, les artistes et des partenaires engagés autour d’une même ambition ».

Une performance artistique marquante
La cérémonie de lancement a également été ponctuée par une performance de live painting de M. Kadima, qui a réalisé une carte de la Rd-Congo intégrant des motifs kuba en son cœur, une œuvre symbolique illustrant l’identité culturelle et la richesse patrimoniale du pays.


Une stratégie de soft power culturel
Plus qu’une simple participation, la présence de la Rd-Congo à la Biennale de Venise 2026 marque le début d’un processus structurant. « Ceci marque le début d’un processus inscrit dans un agenda global de rayonnement culturel international », a insisté la ministre.
L’objectif est clair : assurer une présence cohérente, continue et stratégique du pays dans les grands rendez-vous culturels mondiaux, tout en valorisant la diversité territoriale et la résilience des artistes, notamment ceux issus de zones confrontées à des défis majeurs.

Une ambition assumée
En filigrane, c’est une nouvelle narration du Congo qui se dessine, celle d’un pays créatif, innovant et maître de son récit. « Au-delà des œuvres, c’est une vision que nous portons. Celle d’un Congo qui crée, qui innove, qui inspire. Un Congo qui affirme sa propre narration avec force, fierté et exigence ».
La participation de la Rd-Congo à Venise s’impose ainsi comme une étape décisive dans la construction d’un soft power culturel assumé, où l’art devient à la fois langage, levier et outil d’influence.
CINARDO KIVUILA