De Beijing à Kinshasa : Shanhui Zhang la voix chinoise au service du narratif Chine-Afrique

Née et formée à Beijing avant de poursuivre un parcours universitaire entre Suzhou, Paris, Columbia et Lille, Shanhui Zhang, cette éloquente présentatrice et chroniqueuse de CGTN Français qui met son expérience biculturelle au service d’une lecture géopolitique, économique et culturelle des relations Chine-Afrique. Forte d’une décennie de reportages sur le continent, elle plaide pour une pluralité des récits médiatiques et pour une coopération sino-congolaise fondée sur l’industrialisation, la formation et la maîtrise du narratif par les pays du Sud.

Comment décrivez-vous votre parcours académique et professionnel avant de rejoindre CGTN ?

Je suis pékinoise, et j’ai suivi le parcours chinois de A à Z : école primaire, collège, lycée, tout s’est fait à Beijing. Je le précise parce que ce n’est pas un détail biographique. Les examens, les salles de classe, les manuels, les concours, la pression, les débats entre camarades : je les ai vécus, et je les ai vécus dans la même langue que les gens dont je parle à l’antenne. Quand j’explique la Chine, je n’explique pas un objet d’étude. J’explique un endroit où j’ai grandi.

J’ai fait mes études supérieures à Suzhou. Une ville de jardins et de canaux, dont on vante la douceur depuis mille ans, et qui produit aujourd’hui un PIB supérieur à celui du Portugal.

Ce contraste, à lui seul, dit de la Chine contemporaine plus que bien des analyses. C’est là, à l’Institut franco-chinois de l’Université Renmin de Chine, que j’ai fait ma licence de langue française, avec une orientation économie et médias. Un cursus binational, exigeant, mais étonnamment libre : on m’a laissée explorer ce qui m’intéressait vraiment, la littérature, la philosophie. C’est là que j’ai pris mon premier goût de la culture francophone, et je ne l’ai jamais perdu.

L’ouverture sur le monde, elle, était venue plus tôt encore. À 15 ans, je suis partie participer au Model United Nations organisé par l’Université Yale aux États-Unis, où je représentais le Bénin, un pays où je n’avais jamais mis les pieds et dont j’ai dû apprendre en quelques semaines l’histoire, l’économie, les positions diplomatiques. Je me souviens de cette salle immense, de ces centaines de jeunes venus du monde entier. Et j’y ai appris une chose qui ne s’est jamais démentie depuis : un pays n’existe jamais tout à fait tel qu’on vous l’a raconté, et porter une voix qui n’est pas la vôtre oblige à regarder le monde autrement. Que le premier pays que j’aie eu à défendre ait été africain, je ne crois pas tout à fait au hasard.

Ma troisième année de licence s’est déroulée à la Sorbonne, à Paris. Je suis ensuite repartie en France pour un master en gestion et commerce international, avec entre-temps un échange à Columbia University, en histoire de l’art et en psychologie, puis un passage à l’École supérieure de journalisme de Lille, où j’ai rencontré de très bons jeunes journalistes internationaux aujourd’hui dispersés sur plusieurs continents, et avec qui je suis restée en contact.

Côté terrain, je suis passée par plusieurs rédactions pour mes stages : Radio Chine Internationale, qui fait aujourd’hui partie intégrante du China Media Group, puis France Télévisions, puis le bureau parisien de l’agence Chine Nouvelle (Xinhua). C’est là que j’ai commencé à couvrir l’Afrique, et je ne me suis plus arrêtée : cela fait maintenant une dizaine d’années que je suis la relation Chine-Afrique, avec des reportages de terrain au Togo, au Cameroun et en République du Congo.

Mais, j’ai découvert autre chose dans ces rédactions. Devant ma télévision, sur des plateaux où l’on parlait de la Chine, j’entendais régulièrement des choses fausses. Pas toujours malveillantes, souvent simplement ignorantes, sur la Chine comme sur les pays en développement en général. Et je me suis posé une question très simple : quand est-ce que j’aurai, moi, l’occasion de répondre ?

CGTN m’a donné cette occasion. Mon ambition n’a pas changé depuis : faire en sorte que le public découvre non seulement ce que pensent les Chinois, mais pourquoi ils le pensent.

Quelles sont les principales thématiques que vous abordez en tant que présentatrice et chroniqueuse, et pourquoi ces choix éditoriaux ?

Je travaille essentiellement sur trois terrains.Le premier, la géopolitique et la géoéconomie : recompositions de l’ordre international, rivalités technologiques, énergie, chaînes de valeur. En ce moment, ce sont les minerais critiques qui occupent l’essentiel de mon temps, et c’est un sujet qui ramène en permanence à l’Afrique centrale.

Le deuxième, la relation Chine-Afrique, qui n’est pas pour moi un dossier parmi d’autres mais l’axe autour duquel s’organise le reste de mon travail.

Le troisième, les mutations internes de la Chine : société, technologie, culture, tout ce qui explique les décisions que le reste du monde observe de l’extérieur sans toujours en saisir la logique.

Pourquoi ces choix ? Parce qu’ils correspondent à un moment historique précis. À mesure que la Chine pèse davantage dans l’économie mondiale, la question de savoir qui raconte la Chine devient une question politique à part entière. Le paysage médiatique international s’est enrichi ces vingt dernières années : Il y a la BBC, il y a France 24, il y a Al Jazeera, il y a Algérie 24. Chacune apporte un regard, une histoire, une grammaire. Il serait étrange qu’un pays de 1,4 milliard d’habitants soit le seul à ne pas avoir la sienne. 

Quelle est votre vision du rôle de CGTN dans le paysage médiatique international actuel ?

CGTN apporte un regard qui manquait, et surtout des faits qui manquaient. Prenez l’Afrique. Une grande partie de ce que nous produisons sur ce continent n’existe tout simplement nulle part ailleurs : des chantiers, des zones industrielles, des marchés, des villes moyennes, des entrepreneurs, des trajectoires ordinaires que les grandes rédactions occidentales ne couvrent pas, ou ne couvrent qu’au moment où survient une crise. Ce n’est même pas d’abord une question d’opinion, c’est une question de présence : nous avons des équipes là où beaucoup d’autres n’en ont plus. Et le même principe vaut pour la Chine elle-même, que nous documentons de l’intérieur, avec des faits vérifiables.

La devise de la chaîne est « See the Difference ». On peut l’entendre de deux façons, et les deux sont vraies. Voir autrement, d’abord : un regard qui assume une sensibilité chinoise, une certaine idée du temps long, du développement comme condition première de la dignité, et de la souveraineté comme point de départ plutôt que comme concession. Mais aussi, littéralement : voir la différence, c’est-à-dire voir ce que les autres ne montrent pas.

Selon moi, pour les pays du Sud, la pluralité des récits est une condition de l’autonomie. Une condition, pas un ornement.

Comment votre culture et votre expérience personnelle influencent-elles votre manière de raconter l’actualité mondiale ?

Profondément, et parfois à mon insu. J’ai grandi avec les mythes chinois, « Les Frères Calebasses »,« La Pérégrination vers l’Ouest »,« Le Rêve dans le pavillon rouge », avec les « Entretiens de Confucius », avec la poésie des Tang et les ci des Song. J’en ai gardé le goût de l’imagination, du détour, de la métaphore : dans la tradition chinoise, on dit rarement une chose de front, on la fait apparaître.

Et, j’en ai gardé surtout ceci. La mythologie chinoise possède une force qui relève toujours celui qui l’écoute. Elle ne rend jamais abattu, jamais résigné, jamais hésitant. Même dans l’adversité, elle laisse voir la lumière. Ses héros ne sont presque jamais des vainqueurs faciles : ce sont des figures qui recommencent et qui persévèrent. L’oiseau Jingwei, qui entreprend de combler la mer en y jetant des brindilles, une par une, sans jamais s’arrêter. Le vieux Yugong, qui décide de déplacer la montagne en sachant qu’il n’en verra pas la fin, mais que ses fils et les fils de ses fils continueront. Quand on a grandi avec ces récits, on ne regarde pas de la même manière un pays qui repart de très bas, et l’on comprend d’instinct ce que signifie construire sur plusieurs générations. Je crois que c’est une chose que la Chine et l’Afrique partagent plus qu’elles ne le disent.

Il y a aussi une figure qui compte beaucoup pour moi : le juge Bao, magistrat incorruptible de la dynastie Song devenu personnage populaire, qui rend la justice sans regarder le rang de celui qui se tient devant lui. En chinois, nous avons une expression, da bao bu ping, qui signifie littéralement « se dresser contre ce qui est injuste ». 

Et puis il y a la littérature africaine, qui m’a beaucoup marquée, et qui m’a appris quelque chose que l’on n’apprend pas dans les écoles de journalisme : qu’un peuple qui perd le contrôle de son récit finit par perdre le contrôle de son avenir.

Cela dit, la culture donne une sensibilité, pas un permis. On peut avoir un regard mais on n’a pas le droit d’avoir ses propres faits. C’est la seule ligne sur laquelle je ne transige jamais.

La radio des jeunes du Pool Malebo 🇨🇩🇨🇬

Quels défis rencontrez-vous dans votre travail au sein d’un média international représentant la Chine sur la scène mondiale ?

Le principal défi se pose avant même le travail éditorial. Il tient en une confusion : parce que je travaille pour un média chinois, on en déduit que je suis le gouvernement chinois. On ne discute pas ce que je dis, on discute ce que je suis censée être. Avant même la première phrase, il y a une méfiance, et je ne vous cacherai pas que c’est inconfortable.

Le second, c’est l’étiquette, celle que certains pays occidentaux collent d’avance : « propagandiste », donc « non crédible », donc inutile d’écouter. C’est commode, parce que cela dispense de l’effort de répondre.

À cela je ne connais qu’une seule réponse, et elle est lente : la précision. Des faits vérifiables, des chiffres sourcés, la contradiction acceptée, des plateaux où l’on ne pense pas comme moi, et le fait d’admettre mes erreurs quand j’en commets. La crédibilité, elle se constate sur la durée.Je préfère être discutée que soupçonnée. Le débat, au moins, suppose qu’on m’ait écoutée.

Quel est votre reportage ou votre chronique qui a particulièrement marqué votre carrière jusqu’à présent ?

Mon entretien avec Patrick Muyaya, Ministre de la Communication et des Médias de la République Démocratique du Congo.

Il y développait une idée qui m’a durablement marquée : les pays en développement doivent construire leur propre narratif. Ne plus se contenter d’être interprétés, commentés, résumés par des médias étrangers, mais raconter eux-mêmes, avec leurs mots, ce qu’ils vivent et ce qu’ils construisent. Venant d’une chroniqueusechinoise qui affronte exactement le même problème dans un autre registre, vous imaginez que cette phrase a résonné.

Il y a aussi tout ce que j’ai vu sur le terrain. Le chantier du nouveau Palais de l’Assemblée nationale au Cameroun. Le Togo, et la vitalité intacte du courant panafricaniste. La route nationale n°1 reliant Brazzaville à Pointe-Noire, et mon entretien avec le président Denis Sassou Nguesso.

Ce qui me reste de ces reportages est un respect. Du respect pour ceux qui reviennent à leur identité, qui revendiquent un développement autonome, et qui ont le courage de contester l’injustice quand elle se présente. On peut être chinoise et reconnaître cela immédiatement, parce que c’est une histoire que nous avons connue aussi. Il n’y a pas si longtemps, c’était la nôtre.

Comment voyez-vous l’évolution du journalisme en Chine, notamment avec la montée en puissance des contenus numériques sur les réseaux sociaux ?

Deux mouvements, à mes yeux. Premier mouvement, la fin du monopole. À l’ère de l’intelligence artificielle et des plateformes sociales, la formule « une personne suffit à faire un média » a cessé d’être une image pour devenir une réalité. Hier, l’information circulait par les journaux et les chaînes, et les rédactions en avaient le monopole. Aujourd’hui elle circule par les chaînes relationnelles et les algorithmes de recommandation, et l’individu peut en prendre l’initiative. 

Pour la première fois, la puissance de diffusion d’une parole personnelle est presque à parité avec celle d’un discours institutionnel. En Chine, des centaines de millions de personnes filment leur quotidien, et les créateurs indépendants sont devenus une profession à part entière.

Cela ne signifie pas que les comptes individuels remplaceront les comptes institutionnels. Mais ils sont devenus l’un des moteurs centraux de l’écosystème, et ce que nous observons dans notre pratique quotidienne ressemble plutôt à une répartition des rôles. L’institution apporte la crédibilité, la déontologie, la vérification, la diffusion coordonnée. L’individu apporte une personnalité, une émotion, une réécriture, une capacité d’interaction que nulle rédaction ne produit par elle-même. L’institution rend le contenu fiable ; l’individu rend sa circulation vivante.

Deuxième mouvement, l’intelligence artificielle comme infrastructure. En Chine, l’IA est perçue comme une infrastructure, au même titre que le réseau électrique ou le rail. Les seuils s’effondrent : un travail de data-journalisme qui demandait des semaines se produit désormais en quelques minutes. C’est, soit dit en passant, une opportunité considérable pour les rédactions africaines, qui n’auront pas à refaire le chemin que les nôtres ont mis vingt ans à parcourir.

Mais la production de masse automatisée fait aussi entrer l’erreur dans le quotidien. C’est pourquoi la différence entre deux rédactions ne se jouera pas sur celle qui utilise le plus d’IA, mais sur celle qui l’utilise de la manière la plus rigoureuse et la plus redevable.

Quelles sont vos ambitions à moyen et long terme au sein de CGTN et dans votre carrière médiatique en général ?

À moyen terme, approfondir mes trois axes : la géoéconomie, la relation Chine-Afrique, et la dimension culturelle des relations internationales, souvent le facteur explicatif que l’on néglige.

L’Afrique est pour moi un engagement de longue durée. En 2024, alors que le président Félix Tshisekedi se trouvait à Beijing pour le Sommet du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC), j’ai eu l’honneur d’animer le premier Forum d’investissement Chine-RDC ; j’ai animé l’édition suivante à Changsha en 2025, en marge de l’Exposition économique et commerciale Chine-Afrique.En échangeant avec les responsables politiques et les chefs d’entreprise venus y participer, j’ai vu de près la vitalité des échanges économiques entre nos deux pays. Suivre un dossier dans la durée, voir les mêmes acteurs revenir, comprendre ce qui a avancé et ce qui a calé : c’est ce qui m’a le plus appris.

J’ajoute une ambition qui me tient particulièrement à cœur : je voudrais que le public chinois connaisse mieux la République démocratique du Congo, et l’Afrique en général.

La Chine et la RDC ont beaucoup construit ensemble : des routes, des ponts, des zones industrielles, des hôpitaux. C’est un socle réel, et il fallait commencer par là. Mais un socle appelle un étage. Il reste à faire connaître le pays lui-même : sa musique, sa littérature, sa jeunesse, ses villes, ses universités.

La RDC, c’est plus de cent millions d’habitants, une capitale francophone parmi les plus peuplées au monde, une scène musicale qui a façonné le continent. Nous n’en connaissons encore qu’une fraction, et c’est à cela que j’aimerais consacrer une partie de mon travail.

Quelle lecture faites-vous de la coopération sino-congolaise multilatérale de ces cinq dernières années ?

Cinq années denses, et surtout structurantes. En 2021, la RDC rejoint l’initiative la Ceinture et la Route. En mai 2023, le président Tshisekedi effectue sa première visite d’État en Chine, et la relation est élevée au rang de partenariat de coopération stratégique global. En septembre 2024, il revient à Beijing pour le Sommet du Forum sur la coopération sino-africaine, où plusieurs accords sont signés : développement économique, ressources humaines, douanes, information. 

Sur les neuf premiers mois de 2025, les échanges bilatéraux progressent de 4,5 %.

Mais l’essentiel tient en un mot : transformation. Le président Tshisekedi l’a dit sans détour, son pays ne veut plus être un simple site d’extraction. La réponse chinoise a porté sur les mêmes secteurs : agriculture, transformation des produits miniers, formation professionnelle. Il est rare que deux parties nomment aussi précisément la même chose. C’est là, et non dans les volumes échangés, que se jugera la décennie qui vient.

Un mot encore, sur un domaine que l’on cite rarement dans ces bilans, et qui est pourtant le mien. En novembre 2025, à Xi’an, la RDC comptait parmi les pays qui ont lancé le mécanisme des Partenaires médias du Sud global, aux côtés du Vietnam, du Kenya, du Kirghizistan et des unions de radiodiffusion arabe, asiatique, latino-américaine et caribéenne. 528 organisations de 104 pays y ont déjà adhéré, et un centre de formation a été inauguré à Sanya, Hainan. Le ministre Muyaya y a redit ce qu’il m’avait dit en entretien : les médias du Sud doivent cesser d’être spectateurs du récit mondial pour devenir maîtres du leur. 

Quel message adressez-vous aux autorités rd-congolaises et chinoises pour une coopération efficace entre les deux pays ?

À la partie chinoise : aller plus loin dans l’industrialisation. Le président Tshisekedi a été explicite sur ce point, et mon pays a répondu favorablement — agriculture, transformation des produits miniers, formation professionnelle. Construire une route est utile ; former ceux qui l’entretiendront l’est davantage. La vraie question est de savoir quelle part du cobalt katangais quittera encore le pays sous forme brute dans dix ans. Le succès se mesure à ce qui continue de fonctionner une fois les équipes reparties.

À la partie congolaise : investir le terrain médiatique. Lors de cette même visite d’État, un protocole a été signé entre China Media Group (CMG) et la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC), en présence des deux chefs d’État. Le président Tshisekedi a eu là une franchise que j’ai appréciée : il a reconnu le retard de son pays dans ce domaine, et précisé que le besoin ne portait pas seulement sur les équipements, mais sur la formation. Je partage ce diagnostic, et j’ajoute une condition. Ce protocole ne vaudra que s’il circule dans les deux sens : des équipes chinoises en RDC, certes, mais aussi des journalistes congolais venant travailler en Chine. 

Une coopération Sud-Sud à sens unique n’est pas une coopération. Je terminerai sur une note personnelle, parce qu’elle est sincère. Ce pays m’accompagne depuis des années, et il ne cesse de me surprendre. J’ai animé les deux premières éditions du Forum d’investissement Chine-RDC, j’ai suivi les sommets, j’ai rencontré des ministres, des chefs d’entreprise, des étudiants. Et à chaque fois, je repars avec le sentiment d’avoir vu une petite partie seulement de ce qu’il y avait à voir.

Alors je n’attends qu’une chose : prendre part à davantage de rencontres entre la Chine et la RDC, entre la Chine et l’Afrique. Filmer sur place, écouter, me tromper, corriger, recommencer.Le déséquilibre d’une coopération commence toujours par un déséquilibre de la connaissance. C’est par là qu’il faut commencer.

*CINARDO KIVUILA*