Littérature : Joyeux Ngoma brise le tabou des violences basées sur le genre dans son nouveau roman

Dernier rejeton d’une lignée résolument engagée, « La maison aux murs blessés » de l’écrivain Joyeux Ngoma part à l’assaut des violences basées sur le genre. Comme son opus précédent, « Le silence de l’âme », le roman publié aux éditions Elembo ne s’écarte de sa vigueur poétique.

L’ancrage réaliste est là, indémodable. Sous la ferule de la nécessité et de l’urgence, Joyeux Ngoma explore des sujets contemporains africains à travers une plume forgée par l’essence et la quintessence, un voyage équilibré par une combinaison de rythmes et un souffle d’espoir.

Dans « La maison aux murs blessés », la placidité ne se dérobe pas, elle relève la plume d’un témoin des réalités rd-congolaises. Le roman oscille entre liberté, amour et conquête de la dignité. Tsuele est l’héroïne clandestine de l’ouvrage, destinée à un homme plus âgé qu’elle. Contre une tradition qui viole ses droits, elle va bousculer son destin après qu’elle rencontre Banzi. Elle tombe amoureuse et enceinte de celui-ci. Mais les regards coutumiers et leur hégémonie font encore régresser la liberté.

Par cette revolte méthodique à la Hugo et cette fièvre poétique à la Bofane, Joyeux Ngoma construit une coexistence intéressante. Mais il navigue dans sa particularité : la force narrative qui défie les tabous de notre société et transmet les valeurs qui nous illuminent. Il dépeint le spectre patriarcal, deconstruit les normes illégitimes. En 158 pages, Joyeux Ngoma porte en sautoir la dignité humaine, prêche la responsabilité et plaide pour un monde juste.

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L’ouvrage qui a été porté sur les fonts baptismaux le samedi 29 août 2026 par la Ministre de la Culture, Arts et Patrimoine, est un rappel à la construction des valeurs d’un monde évolutif et un réveil retentissant de notre conscience collective. Il trace une nouvelle perspective dans nos traditions, par sa critique et son engagement.

« Poète de la rue » et passeur de mémoire, Joyeux Ngoma poursuit sa montée en flèche. Après « Le silence de l’âme », l’écrivain confirme son talent littéraire dans « La maison aux murs blessés ». Un ouvrage que nous vous recommandons.

CHADRACK MPERENG