Le schisme au sein du Christianisme troque les principes fondamentaux de l’amour préconisés par la Bible. En RDC, la rupture sur les différences dogmatiques est béante. Les mouvements chrétiens se regardent malheureusement en chiens de faïence. Catholiques, protestants, orthodoxes et évangéliques se vautrent sans gêne aux quolibets.
La chrétienté en République Démocratique du Congo a du plomb dans l’aile. Prêtres ou pasteurs sont aujourd’hui portés au pinacle par leurs ouailles. Mais ce culte de personnalité les éloigne du message spirituel qui pourtant vise à glorifier le Dieu Tout-puissant. L’élite spirituelle congolaise se plonge ainsi au maniérisme plutôt qu’à évangéliser sur la foi et le pardon à l’aune du déni des fidèles. L’église devient alors un ring où s’enchaînent des prises sévères et où plus personne ne conjure le fracas de la division.

Depuis l’expansion du Christianisme qui a fait écho d’une nouvelle évangélisation par Jésus-Christ, la mission universelle de faire de toutes les nations ses disciples s’est accompagnée d’une promesse de foi en Dieu. Depuis 1484, année où le christianisme (religion majoritaire au pays) a fait son entrée en Rd-Congo, le pays s’est, jusqu’alors attaché, malgré l’empreinte de la colonisation, à ses principes pastoraux. Mais au fil des années, la laïcité s’est installée avec l’avènement d’autres religions (l’islam, le kimbanguisme etc.)
Des pasteurs moqueurs plutôt que rassembleurs
La relation toxique entre les confessions chrétiennes en raison du désaccord des convictions jette l’opprobre sur l’amour et le vivre-ensemble prônés par le Christ. En RDC, les hommes de Dieu font de la liberté de croire, tel que le stipule la constitution, un mauvais prétexte de rejeter la doctrine de l’autre.
Entre raillerie, quolibets et chambrage, l’Église chrétienne en RDC n’est pas sortie de l’auberge. La haine gratuite s’y installe comme une épidémie qui ravage toute une nation en détresse. « Les paroles des bavards blessent comme des coups d’épée, tandis que le langage des sages est comme un baume qui guérit ». Ce passage du livre des proverbes est pourtant un véritable enseignement édifiant.
À la faveur de l’œcuménisme, quand bien même que plusieurs chrétiens en sont contre, l’amour du prochain se révèle dans le chef des prêtres, pasteurs et fidèles. Cependant, les guerres fratricides dans la communauté chrétienne fragilisent cette seule fois en Jésus-Christ.

Les réseaux sociaux amplifient la haine
Si les réseaux sociaux sont devenus le moyen le plus commode à faire passer son message, ils amplifient cependant la haine entre pasteurs rd-congolais par leur utilisation malencontreuse.
Prêtres catholiques et pasteurs évangéliques entre autres mystifient pour la plupart le vivre-ensemble à cause des convictions. Ils se complaisent à se critiquer mutuellement comme se prélassent les vacanciers à la plage. Conséquence, le respect de la foi de l’autre a disparu.
En 2021, le Pasteur Marcello Tunasi de l’église la Compassion accusait l’église catholique d’être “une salle d’attente pour aller en enfer”. Une critique sévère qui n’était pas passée chez les catholiques, pourtant fidèles au charismatisme. L’autre exemple de ce chambrage dans les confessions chrétiennes est récente. Lors de son homélie le samedi 26 septembre 2026 en marge de l’ouverture de l’année pastorale en la paroisse Notre-Dame du Congo, le Cardinal Fridolin Ambongo, archevêque métropolitain de Kinshasa a interpellé les catholiques à préserver leurs valeurs, au lieu de copier les églises de réveil qui, estime-t-il, “se distinguent par le bruit”.
Cette manie à se critiquer constamment a même contaminé les fidèles chrétiens qui s’adonnent aux invectives sur les réseaux sociaux sans calculer la conséquence que cela peut engendrer. Mais au-delà de cette différence, un nombre résiduel de pasteurs brille par l’ouverture d’esprit en favorisant le rapprochement, l’attente et l’amour du prochain.
L’église rd-congolaise doit aujourd’hui être une malgré les divergences dans la méthode. Chaque prêtre ou pasteur doit assurer sa mission d’évangélisation qui passe par un enseignement d’amour, de paix et de foi.
CHADRACK MPERENG