Cinq ans après, AfricaMuseum rouvert au public

Il a fallu attendre cinq durant pour que le Musée royal d’Afrique Centrale devenu AfricaMuseum accueille de nouveau les visiteurs.

Plusieurs personnalités belges, scientifiques, artistes venant de
différents pays, essentiellement de la République démocratique du Congo, ont assisté, samedi 8 décembre 2018 à la cérémonie de réouverture d’AfricaMuseum. La joie était immense particulièrement dans les visages de l’ensemble de l’équipe du musée disponible à recevoir les visiteurs habitués ou non de ce haut d’histoire aujourd’hui en relation avec le monde contemporain.

Une ambiance très particulière a régné lors de cet événement de la réouverture qui s’est poursuit également le dimanche 9 décembre. Parce que le public avait besoin de découvrir le changement qu’a connu le musée. La satisfaction était totale.

Le journaliste rd-congolais Patrick Nzazi aux côtés de Géraldine Tobe et Aimé Mpane, deux artistes congolais dont les oeuvres se retrouvent désormais à AfricaMuseum. Ph.Dr.Tiers

Pour Guido Gryseels, Directeur général d’AfricaMuseum, avec la rénovation du musée, l’idée est de présenter un regard critique du passé colonial. A en croire ses propos, le regard de la Belgique sur
le Congo pendant la colonisation était tout à fait autre. « Un changement était donc important et surtout dans le but de présenter une critique d’un passé
colonial
», a-t-il déclaré.

Et d’ajouter : « Nous présentons un nouveau regard du passé colonial avec la participation active de la diaspora africaine ». Le bâtiment du musée datant de 1910, il était aussi important de penser à sa rénovation. Aussi cet édifice dégageait un charme unique mais l’infrastructure n’était plus adaptée aux nécessités d’un musée moderne. En, terme de contenu du musée, faut-il faire remarquer qu’une dizaine d’artistes congolais a pris part active à travers leurs œuvres. Il s’agit entre autres de Chéri Samba, Chéri Cherin, Freddy Tsimba, Aimé Mpane, Iviart Izamba, Shula Monsengo, Géraldine Tobe, Mega Mingiedi, Nelson Makengo, Thérèse Kirongozi à travers l’installation de son robot régulateur qui oriente les visiteurs du musée. Une satisfaction pour les créateurs congolais dont AfricaMuseum s’est intéressé à leurs œuvres.

Le robot roulage made in DRC de Thérèse Kirongozi. Ph.Dr.Tiers

La contribution congolaise remarquable

Pour sa part, le sculpteur congolais Freddy Tsimba estime c’est le début de quelque chose, C’est donc un grand pas que vient franchir AfricaMuseum en associant aussi les artistes contemporains au musée.

Freddy présente au musée une de ses deux œuvres avec pour titre : « Ombres » se trouvant dans la salle Mémorial où l’artiste met en parallèle les noms des Belges décédés au Congo pendant l’époque coloniale et les noms des 7 Congolais ayant trouvé la mort en Belgique, Véritable travail de réflexion réalisé par Freddy Tsimba.

Car, cette œuvre répond à la demande des Congolais – dont COMRAF – qui
souhaiterait voir une installation en mémoire des Congolais victimes
de la colonisation. Cette œuvre de Freddy Tsimba existe par l’ombre portée de ces noms sur le mur qui lui fait face. Ce n’est pas pas tout d’autres artistes ont aussi apporté leurs touches, comme c’est le cas notamment du « Trône Lumumba » d’Iviart Izamba.

Fondé en 1898 sous le nom de Musée du Congo, AfricaMuseum est une institution de référence la plus importante au monde pour l’Afrique Centrale, comme se flatte d’ailleurs son directeur général.


En s’ouvrant aujourd’hui à l’Afrique toute entière, peut-on affirmer que le musée vient de revoir sa philosophie et vision pour l’ensemble du continent africain. Un ouvrage réalisé par la Régie des Bâtiments belge. Le coût global d’investissement pour la construction, les honoraires et le financement s’élève à 66,5 millions d’euros.
PATRICK NZAZI, depuis Tervuren/Belgique

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