Kinshasa veut en finir avec les affiches sauvages et lance une révolution pour ses panneaux publicitaires

C’est une révolution visuelle qui se prépare à Kinshasa. Ce mercredi 21 octobre 2026, l’Assemblée provinciale a déclaré recevable la proposition d’édit portant réglementation de l’affichage et de la publicité extérieure dans la capitale. Le texte est une initiative du député provincial Jared Phanzu.

L’objectif est clair : mettre un terme à l’affichage anarchique qui envahit les rues, lutter contre la pollution visuelle et surtout doter la ville d’un secteur publicitaire mieux organisé, plus esthétique et plus rentable pour les finances publiques.

Le constat est connu de tous les Kinois. Des affiches, notamment celles annonçant des campagnes évangéliques, collées sur les murs des bâtiments publics et privés, sur les arbres ou sur les ponts. Des panneaux installés sans aucune norme aux abords des hôpitaux, des écoles ou des cimetières. C’est précisément à ce désordre que la réforme veut s’attaquer.

Que prévoit concrètement la proposition d’édit ?

Le texte introduit plusieurs innovations majeures. D’abord, il sera désormais interdit de coller des affiches publicitaires sur les murs des édifices publics et privés, sur les arbres et sur les ouvrages d’art. L’affichage sera également proscrit aux abords des hôpitaux, des écoles, des camps militaires, des cimetières, des monuments et de certains espaces naturels.

Ensuite, l’installation des panneaux publicitaires et des écrans géants LED et LCD sera soumise à une réglementation beaucoup plus stricte.

Autre nouveauté, la création de deux zones spéciales de publicité. La première concernera les abords de la rocade de Kinshasa et la seconde la zone d’extension située au-delà de l’aéroport international de N’Djili.

Pour mieux contrôler le secteur, la proposition prévoit la mise en place d’un cadastre publicitaire numérique qui permettra d’identifier et de géolocaliser l’ensemble des panneaux installés dans la ville. Les agences de publicité devront quant à elles obtenir un agrément annuel pour exercer.

Le contrôle sera renforcé et la traçabilité des recettes publicitaires sera assurée par l’Agence de régulation de la publicité de Kinshasa, l’ARGPK. Dans le cadre de cette réforme, l’ARGPK sera placée sous une double tutelle, celle du ministère de la Culture et des Arts et celle du ministère des Finances.

Enfin, le texte prévoit l’abrogation de l’édit de 2007, aujourd’hui jugé obsolète face aux nouvelles réalités de la capitale et à l’évolution des technologies publicitaires.

Avec cette étape franchie à l’Assemblée provinciale, la réforme entre dans une nouvelle phase du processus législatif. L’ambition affichée est de doter Kinshasa d’un cadre moderne, capable de lutter contre les implantations désordonnées et de transformer la publicité extérieure en un véritable levier de recettes pour la ville.

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GLODY NDAYA