Deux jours après son inauguration officielle, la Grande École de la Rumba « Bana Léo » continue de faire résonner son ambition : redonner à la rumba rd-congolaise toute sa place dans le paysage culturel. Lancée le samedi 2 mai 2026 au Musée National de la RDC, cette initiative portée par le Professeur Benoît Musingandambu Kylaba-N’Gala se veut à la fois un acte de transmission et un cri d’alerte.
Un véritable souffle vivifiant qui rallume la quintessence de valoriser un héritage mémorable en péril. « J’ai créé cette école parce que la rumba se meurt, les gens ne savent plus danser la rumba », confie le professeur Kylaba-N’Gala. Pour lui, l’érosion des pratiques authentiques et la perte des repères traditionnels imposaient une réponse structurée et durable.

Et d’ajouter : « Juste au moment de ma retraite, comme j’ai vu que la rumba se perdait, j’ai dû créer cette société qu’on appelle “Corky”. Elle est composée d’une rumbathèque : ce sont des archives de la rumba de 1948 à aujourd’hui, classées par année de sortie, groupes, compositeurs et par thèmes. »
“Bana Léo”, former pour reconstruire
Au cœur de ce dispositif, l’École « Bana Léo » – littéralement « les enfants d’aujourd’hui » – incarne l’espoir d’une relève artistique. L’objectif est clair : recréer une base solide d’apprentissage, où la rumba ne se limite pas à une expression festive, mais redevient un langage codifié, porteur d’histoire et d’identité.
Lors de la séance inaugurale, les participants ont été initiés à une classification précise de la rumba, révélant sa richesse technique et rythmique souvent méconnue. Le professeur a d’ailleurs rappelé une réalité souvent méconnue du grand public : « Le ndombolo est la troisième partie de la rumba ».

L’événement a rassemblé un large public, confirmant l’intérêt et l’attachement des Kinois à leur patrimoine. À travers cette initiative, Kinshasa affirme une fois de plus son rôle de cœur battant de la culture rd-congolaise.
Deux jours après son lancement, le message est clair : la rumba congolaise n’est pas seulement un souvenir glorieux, elle est un patrimoine vivant qui exige engagement, discipline et passion pour continuer d’exister.
CHRISTIAN KIAKONDO