En cette Journée mondiale de la liberté de la presse (3 mai), mon hommage ne s’adresse pas aux discours officiels, mais à celles et ceux qui, dans la boue et sous les balles de l’Est de la République Démocratique du Congo, refusent de se taire.
À vous, mes confrères et consœurs du Kivu et de l’Ituri : je connais le prix de votre silence et le danger de votre parole. Travailler dans une précarité extrême, avec pour seule protection votre carte de presse et votre courage, est une preuve de patriotisme que peu osent reconnaître. Malgré les menaces, malgré l’insécurité qui nous pousse à l’errance, vous demeurez les sentinelles de la vérité.

Aux autorités de notre pays :
Il est temps de sortir de l’hypocrisie des célébrations annuelles. La presse est le quatrième pouvoir, et non un subalterne du politique ou du sécuritaire.
Nous ne sommes pas des cibles, encore moins des ennemis de la Nation. Nous sommes celles et ceux qui racontent l’histoire afin que la paix devienne possible. Brider un journaliste ou le laisser croupir dans l’insécurité, c’est amputer la démocratie de l’un de ses membres les plus vitaux. Le respect de notre métier n’est pas une faveur que nous sollicitons : c’est un droit constitutionnel que vous avez le devoir de garantir.

Le journalisme à l’Est est un sacerdoce. Que les autorités comprennent, une fois pour toutes : on peut contraindre un corps au déplacement, mais on n’emprisonne pas une conscience.
À mes confrères : tenez bon. Votre résilience est notre fierté. Tant que nous écrirons, l’Est ne sera jamais réduit au silence.
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Sabrina Nkusu
Édito du Journal FEMA