Paris – Viva Tech 2026 : la RDC brille par son absence à un rendez-vous mondial stratégique de l’innovation

Alors que la 10ᵉ édition de Viva Technology – VivaTech – réunit à Paris, les principaux acteurs mondiaux de l’innovation, de l’intelligence artificielle, des startups et de la transformation numérique, la République Démocratique du Congo ne dispose d’aucun pavillon national, contrairement à plusieurs pays africains présents à travers Africa Tech.

Zimbabwe, Côte d’Ivoire, Sénégal et plusieurs autres États africains profitent de cette plateforme internationale pour présenter leurs écosystèmes numériques, attirer des investisseurs et promouvoir leurs startups auprès des grands groupes technologiques et des fonds d’investissement internationaux.

Pour de nombreux observateurs rd-congolais présents sur place, cette absence interroge.
« La dernière délégation nationale de la RDC à VivaTech, c’était en 2022. Depuis, quelques acteurs y viennent individuellement », a regretté un web développeur rd-congolais rencontré dans les allées du salon.

Interrogé par Eventsrdc.com, Franck Sessegnon, directeur média du groupe AG Partners Publicis Africa, explique que son organisation œuvre justement à renforcer la visibilité du continent à travers Africa Tech.

« AG Partners est un réseau d’agences présent sur le marché africain francophone et fait partie du groupe Publicis qui organise VivaTech. Nous sommes particulièrement en charge d’Africa Tech, la vitrine de VivaTech consacrée à l’Afrique », a-t-il expliqué.

Selon lui, plusieurs mois avant l’événement, les équipes déployées dans différents pays africains prennent contact avec les startups et les gouvernements afin de constituer les délégations nationales.

« Nos équipes entrent en contact avec les startups et les ministères en charge des technologies dans les différents pays. Africa Tech est devenue aujourd’hui la lucarne où les gouvernements viennent exposer leur écosystème et leur stratégie pour promouvoir l’économie numérique », a souligné Franck Sessegnon.

Interrogé sur l’absence remarquée de la RDC, pourtant l’un des plus grands marchés numériques du continent, le responsable d’AG Partners Publicis Africa se montre prudent.

« Je ne saurais le dire. Je sais que les équipes ont travaillé pour inviter les startups. Peut-être qu’elles sont présentes de façon anonyme. Je ne pourrais répondre exactement pourquoi la RDC n’est pas représentée. Mais en tant qu’organisateurs, nous mettons tout en œuvre pour permettre aux différents pays africains d’être présents et de profiter de la lucarne qu’est Africa Tech », affirme-t-il.

« Au-delà de la simple participation à un salon technologique, Viva Tech constitue aujourd’hui un espace majeur de diplomatie économique, d’attraction des investissements, de coopération internationale et de valorisation des politiques publiques en matière d’innovation », a souligné Bénie Bingweli Koy -consultante en stratégie, conférencière internationale et co-fondatrice de Women in tech.

Conscient des difficultés que rencontrent certains acteurs africains à effectuer le déplacement jusqu’à Paris, AG Partners indique également développer des initiatives locales inspirées du concept Africa Tech.

« Nous organisons déjà des mini Africa Tech dans différents pays où nous sommes présents afin de permettre à ceux qui n’ont pas pu faire le déplacement de découvrir les innovations présentées et de les inciter à participer aux prochaines éditions », a conclu Franck Sessegnon.

L’absence de la République Démocratique du Congo à cette 10ᵉ édition de Viva Tech relance ainsi le débat sur la place que le pays entend occuper dans les grands rendez-vous internationaux consacrés aux technologies, à l’innovation et à l’économie numérique, à l’heure où l’Afrique accélère sa transition digitale et multiplie les partenariats stratégiques avec les géants mondiaux du secteur; surtout qu’il possède tous les minerais critiques et stratégiques que recherchent l’industrie technologique mondiale.

RONNY MUTAMBA MABUISA