Reçu en audience ce mardi 25 août 2026 à Kinshasa par le Ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, le président de l’Association nationale des éditeurs du Congo (ANECO), Cyrille Kileba, a obtenu la relance des discussions autour de la mise en place d’une chaîne graphique, une réforme stratégique issue des États généraux de la Communication et Médias de 2022.
Au cœur des échanges : doter le pays d’infrastructures modernes d’impression capables de produire des journaux et autres imprimés à grande échelle, à grande vitesse et à moindre coût, afin d’assurer la survie et la compétitivité de la presse écrite rd-congolaise.

Face aux difficultés persistantes que connaît la presse papier – coûts élevés d’impression, vétusté des équipements et faible capacité de production –, l’ANECO a rappelé au Ministre la recommandation n°51 des États généraux de la Communication et Médias. Celle-ci préconise l’installation d’une chaîne graphique à Kinshasa pour un premier temps, afin d’améliorer la qualité des publications et réduire considérablement les coûts de fabrication.
Au-delà de Kinshasa, il serait souhaitable que le gouvernement déploie progressivement les unités d’impression modernes dans les principaux chefs-lieux des grandes régions de la RDC, notamment Kisangani, Goma, Mbuji-Mayi, Mbandaka et la capitale Kinshasa. L’objectif est de rapprocher les capacités de production des médias régionaux et de garantir une diffusion rapide de la presse sur l’ensemble du territoire rd-congolais.
« La mise en œuvre de cette réforme ouvrirait une nouvelle ère pour la presse écrite congolaise. En installant des centres d’impression modernes à Kinshasa, Kisangani, Goma, Mbuji-Mayi et Mbandaka, l’État entend créer un réseau national capable de produire et distribuer rapidement les journaux dans toutes les grandes régions de la République, tout en renforçant la viabilité économique des entreprises de presse », a soutenu Micha Kisalasala -éditrice du journal La Vraie Thématique.

Ces imprimeries de nouvelle génération permettraient l’impression simultanée de milliers d’exemplaires par heure, avec des standards professionnels adaptés aux exigences de la presse moderne, tout en réduisant les délais de production et les coûts logistiques.
« Nous sommes venus parler au Ministre de la situation dans laquelle se trouve la presse écrite dans notre pays. C’est une situation très préoccupante. Nous avons évoqué les voies de sortie retenues depuis les États généraux, notamment la mise en place d’une chaîne graphique pour améliorer la qualité des journaux et réduire les coûts de production. Depuis l’adoption de cette résolution, très peu de progrès ont été enregistrés. Le Ministre est conscient de la précarité de la presse écrite et nous sommes convenus de faire avancer cette recommandation », a déclaré Cyrille Kileba.
Patrick Muyaya réaffirme l’engagement du Gouvernement
Le Ministre Patrick Muyaya a réitéré la volonté du Gouvernement de préserver la presse écrite, considérée comme un pilier du pluralisme médiatique et de l’accès à une information de qualité.
Selon lui, l’accompagnement financier de l’État devra s’inscrire dans un cadre rigoureux, fondé sur des critères professionnels permettant d’identifier les véritables entreprises de presse éligibles au projet de modernisation.
« Il y a une obligation pour nous de ne pas laisser notre presse écrite disparaître. Pour l’accompagnement financier de l’État, il se posera certainement un problème d’identification, car nous connaissons le fonctionnement de plusieurs médias écrits », a affirmé Patrick Muyaya.
Le président de l’ANECO a assuré que son organisation dispose déjà des éléments nécessaires pour identifier les éditeurs de presse concernés. Il s’est engagé à transmettre au Gouvernement un projet structuré détaillant les besoins techniques, financiers et organisationnels de cette future chaîne graphique nationale.
À travers cette audience, le Ministre de la Communication et Médias a réaffirmé sa détermination à traduire en actes les recommandations des États généraux de la Communication et Médias, avec l’ambition de bâtir une presse écrite plus moderne, plus accessible et plus compétitive sur l’ensemble du territoire national.
DANNY KABANGA