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RDC : Au-delà des clips vidéo, séries et documentaires, Keran Kam pense à la création d’une société de production cinématographique

RDC : Au-delà des clips vidéo, séries et documentaires, Keran Kam pense à la création d’une société de production cinématographique

Reconnu pour la qualité remarquable de ses clips vidéo, Keran Kam est ce réalisateur rd-congolais qui depuis les années 2000 se distingue. Il est, à ce jour, une référence dans le monde de l’audiovisuel rd-congolais. Depuis quelques années, il a également fait son entrée dans le monde cinématographique. 

En faveur d’une interview avec la rédaction d’Eventsrdc.com, ce réalisateur a retracé son parcours dans le domaine des clips vidéo et par la même occasion a étalé ses ambitions et objectifs dans le monde du cinéma. « Les dix prochaines années seront consacrées à la production de plusieurs oeuvres cinématographiques dans le documentaire et aussi dans la fiction. Et aussi créer des salons et autres rencontres qui vont permettre à ce que le monde puisse parler du cinéma rd-congolais. Essayer de faire de ce domaine une source de profit pour notre pays », a-t-il dit. Entretien

En quelques phrases, rappelez-nous votre parcours professionnel ?

 

Mon parcours professionnel est de plus conventionnel. j’ai commencé quelque part et aujourdhui, je suis à 20 ans de carrière et un peu plus dailleurs. Je suis parmi les précurseurs du mouvement des réalisateurs actuels. C’est-à-dire ceux qui ont oeuvré dans la musique urbaine. J’ai été à un studio qui s’appelait à l’époque Cyber Picture dont le directeur général était Ronny Kabuika, qui est aussi très connu dans le domaine de la réalisation audiovisuel. J’ai travaillé quelques années dans des chaînes de télévisions, à l’instar de la CMB et Raga+ TV. 

 

Après j’ai décidé de créer ma propre agence audiovisuelle qui oeuvre jusqu’aujourd’hui. J’ai également suivi des formations qui m’ont permis d’accéder dans le domaine du cinéma. J’ai travaillé pour la cause dans société de production cinématographique nommée Suka Pro, à partir des années 2011 pour ensuite, retrouver ma propre société qui est devenu, à ce jour, Lynxx Pro International, parce que nous travaillons aussi avec des partenaires internationaux qui nous confient leurs projets. C’est ainsi que nous sommes passés de Lynxx Pro à Lynxx Pro International.

Depuis presque trois ans, votre entreprise audiovisuelle et cinématographique Lynxx Pro International ne fait plus parler d’elle. Etes-vous tombé en faillite ou n’arrivez-vous pas à faire face à la concurrence ?

 

Le monde de la réalisation audiovisuelle n’est plus comme avant. La confirmation actuelle veut qu’un réalisateur ne soit plus une star comme avant, parce que justement la démarcation n’est plus remarquable.  Aujourd’hui, il y a une certaine libéralisation dans ce domaine. Une certaine ouverture pour les jeunes qui ont la possibilité de faire ce travail avec beaucoup plus de faciliter et se faire remarquer. Aujourd’hui, le monde ne parle plus de grand réalisateur, mais des grandes oeuvres. Il y a des clips qui font parler d’eux et quand il y a une mention d’un réalisateur, celui-ci en tire le profit, mais juste pour quelques temps parce que l’oeuvre passe. 

 

A l’époque, le client venait auprès du réalisateur à cause de sa renommée, alors qu’aujourd’hui, le monde ne voit plus le réalisateur comme une star, mais plutôt, l’oeuvre qu’il vient de réaliser. Le domaine n’est plus le même. Les données ont changé. Je suis confondu. Il peut m’arriver de faire un clip à grand succès qui fasse dire aux gens que Keran Kam existe toujours et le lendemain, ce serait peut-être un réalisateur qui fera peut-être un clip qui sera meilleur que le mien.

 

Avant, j’ai tenu en haleine tout le monde pendant plus de 17 ans, et l’opinion ne parlait que de moi, à cause de mes oeuvres qui étaient et sont encore puissantes, et qui ont comblé les télévisions, pas seulement locales, mais aussi l’international. Des grands musiciens comme Papa Wemba, Koffi Olomide, l’Or Mbongo et Patrice Mubiayi. Tous ces gens avec qui j’ai travaillé, leurs oeuvres ont été exportées et cela a créé le nom Keran Kam qui demeure jusqu’aujourd’hui, puisque les effets de ce nom continuent et se répercutent même dans le travail de ces jeunes qui apparaissent. 

Je suis devenu une référence pour tous les jeunes qui travaillent dans le même domaine que moi. Nous sommes très fier et loin de moi l’idée de me comparer à ces jeunes mais c’est pour dire que l’effet Keran Kam durera encore. 

En 20 ans d’activités, professionnelles, combien d’oeuvres avez-vous déjà réalisé et produit ?

 

Compter les nombres d’oeuvres que j’ai pu réaliser jusqu’à ce jour, cela paraîtrait assez utopique, mais déjà dans les années 2007, j’étais prêt à fêter mon millième clip. Il y a des oeuvres que j’ai réalisées qui ne sont peut-être pas connu et il y a d’autres qui ont été diffusées qu’en Europe avant l’explosion du net. Nous avions eu à réaliser déjà un millier de clips à cette époque-là.

 

aujourd’hui, nous sommes en 2020, donc 13 ans après, s’il faut compter à partir du millième de l’époque, cela sera un peu compliqué. Mais, je pense atteindre les 2500 clips vidéo. 

 

J’ai réalisé plusieurs albums qui à l’époque, contenaient dix à quinze titres. Je me souviens de l’album 13ième apôtre  de Koffi Olomide qui contenait 36 oeuvres dans lequel j’ai participé à la réalisation de 17 clips. Donc, en une année vers 2013, j’ai eu à réaliser des clips de JB Mpiana, Koffi ainsi que d’autres rappeurs qui ne sont peut-être pas connus. J’ai eu à réaliser plusieurs clips vidéos qui ont fait parlaient d’eux aussi et d’autres non. Il y a d’autres qui ont été vendus dans les albums sans que cela fasse trop de bruit. 

En ce moment, quels sont les musiciens rd-congolais qui vous ont confié la réalisation de leurs clips et autres productions audiovisuelles ?

 

Il y a quelques artistes chrétiens avec qui j’ai travaillé qui vont bientôt mettre leurs oeuvres sur internet. Mais en 2019, nous avons travaillé avec pas mal d’artistes comme Princesse, l’une des chanteuses avec qui Papa Wemba a oeuvré pendant quelques années. Toujours en 2019, j’avais plus concentré mes efforts sur la production au niveau de la télévision, parce que j’ai travaillé sur plusieurs publicités notamment avec quelques banques de la place. 

 

Aujourd’hui, les musiciens ont le choix des réalisateurs avec qui travailler. De nos jours, le musicien a besoin de travailler avec plusieurs réalisateurs, c’est quelque chose que je ne peux pas empêcher, parce que les nouvelles technologies les permettent. Aujourd’hui, tout le monde peut faire un bon clip avec la technologie actuelle, avec les caméras et les tables de montage. Tout est disponible et c’est quelque chose de positif. 

 

En ce qui me concerne, je continue à travailler avec des artistes qui me font confiance et qui me confient leurs projets. 

 

Etes-vous membre de l’association des réalisateurs rd-congolais qui a été connue à l’occasion de l’arrestation du réalisateur King Christ suite à un conflit l’opposant à la star de la chanson rd-congolaise Koffi Olomide ?

 

Non. Je ne suis pas membre. J’ai été intéressé, mais je n’ai pas eu l’occasion de me réunir avec tout le staff. Parce que d’un côté, je n’ai pas encore trouvé le temps, mais l’idée n’était pas mal. 

 

C’est vrai qu’en tant que réalisateur, nous avons besoin d’avoir un comité qui suit notre travail, parce qu’il faut que nous soyons protégés. Il faut que nous soyons définis en tant que structure pour se faire respecter. Pour moi, c’est quelque chose de très important bien que je n’y suis pas pour l’instant. Je pense que les structures qui naissent autour d’un conflit n’ont pas un soubassement assez intéressant ou solide. 

 

Pour moi, je pensais qu’il est nécessaire de réfléchir d’abord sur ce qu’est un réalisateur, et aussi ce qu’est une association qui les unirait. j’encourage l’initiative mais je leur demande de revoir leur statut. Je préférai que nous créons une association des experts en audiovisuel dont les caméramans, preneurs de son, directeurs photos, maquilleurs et autres professionnels qui oeuvrent dans le cinéma. A mon avis, créer une association dans ce sens serait plus intéressant.  

Quels sont les projets de votre entreprise Lynxx Pro International pour les dix prochaines années ?

 

Les projets de mon entreprise pour les dix prochaines années sont nombreux, mais la création d’une grande société de production cinématographique est notre priorité. Nous ne pensons pas y arriver seul, mais ce serait peut-être l’union de plusieurs maisons et nous allons proposer cela à tous les gens qui travaillent dans le domaine. Moi, je vais militer fort pour cela. j’aimerai qu’on comprenne l’importance de la création d’une entreprise qui serait le point de départ de l’industrie du cinéma au Congo. 

 

Les dix prochaines années seront également consacrées à la production de plusieurs oeuvres cinématographiques dont les documentaires et les fictions. Mais aussi créer des salons et autres rencontres professionnelles qui vont permettre à ce que les gens puissent parler du cinéma congolais. Essayer de faire de ce domaine, une source de profit pour notre pays, la République Démocratique du Congo. Nous avons aussi des visions beaucoup plus loin en ce qui concerne la politique, parce que nous avons l’impression qu’il faut mettre nos pieds dedans, non pas pour se faire remarquer, mais surtout pour faire passer les lois culturelles pour le présent et le future.

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Etes-vous prêt pour des partenariats techniques et financiers en interne et à l’international ?

 

Evidemment. Nous sommes prêts et c’est ce que nous voulons et désirons le plus. Nous avons besoin des partenariats financiers, des bailleurs de fonds, des gens qui mettront leur argent et aussi, leur intelligence pour que nous fassions évoluer le cinéma. 

 

Keran Kam est un phénomène qui est apparu dans les années 2000. J’ai travaillé avec des milliers de réalisateurs. J’ai formé des jeunes et j’ai travaillé avec des amis qui sont entrés dans ce phénomène et qui continuent à travailler. Je les remercie et les demande de continuer à pousser plus loin les bouchons. 

 

Au début des années 2000, on pouvait constater que pour faire quelque chose de bien, il fallait d’énormes machines, des camions de matériels et autres. Lorsque nous nous sommes arrivés, nous avons compris qu’il est possible de faire quelque chose de grand avec des petits moyens. C’est ça le phénomène Keran Kam ou Lynxx Pro International. 

 

Je suis parmi les personnes qui ont vulgarisé la réalisation, en le rendant plus accessible. Aujourd’hui, le phénomène de vidéo est fortement marqué par ces débuts, comment faire des grandes oeuvres avec du petit matériel. C’est ce qui se passe aujourd’hui pas seulement à Kinshasa, mais aussi en Afrique où les réalisateurs ont compris qu’avec une petite caméra, on est capable de faire des grand clips vidéos. Je suis fier et je tape la poitrine pour dire que je suis de la vague de ceux qui ont commencé. 

 

Je demande à ce que mes collègues continuent à travailler, à comprendre que nous pouvons faire des grandes choses, pas seulement dans le monde des clips vidéos, mais aussi dans le cinéma. Ce que nous avons suffît pour faire grandir le cinéma dans notre pays. Ensuite, grâce à notre savoir-faire, nous pourrons nous faire remarquer au niveau international et faire venir les capitaux, pas seulement dans le cinéma mais aussi dans tous les domaines.

 

GLODY NDAYA

CINARDO KIVUILA

Redaction Eventsrdc

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