RDC – Numérique : L’urgence d’un dialogue entre parties concernées (ÉDITO)

La publication de l’arrêté interministériel N° DIS|CAB/MIN/EN/AKIM/MLNS/EME/ALM/2026 et N°CAB/MIN/FINANCES/2026/096 du 24 juillet 2026, portant fixation des taux des droits, taxes et redevances à percevoir à l’initiative du Ministère de l’Économie numérique, ouvre un débat majeur sur l’avenir de l’écosystème numérique rd-congolais.

À la lecture de ce texte, la rédaction d’Eventsrdc estime qu’une question fondamentale mérite d’être posée : comment bâtir une économie numérique compétitive sans un dialogue structuré avec ceux qui la font vivre au quotidien ?

Le numérique rd-congolais ne se résume plus à quelques plateformes technologiques. Il englobe les start-ups, les médias d’informations en ligne, les créateurs de contenus, les PME innovantes, les incubateurs, les développeurs, les opérateurs télécoms ainsi que toute une jeunesse qui voit dans le digital un espace de création d’emplois, d’expression et de croissance économique.

Dans ce contexte, nous suggérons la tenue d’une table ronde nationale sans tabou réunissant notamment :

  • les ministères de l’Économie numérique, de l’Économie nationale, de la Justice, de la Communication et Médias, des Finances, de la Jeunesse, des PME, de Poste et Télécommunications et autres ;
  • les structures concernées telles que l’ARPTC, la DGI, la DGRAD, l’ANAPI, le GUCE et les régies financières provinciales ;
  • la FEC ;
  • les représentants des associations de start-ups et des acteurs indépendants du numérique.


La radio des jeunes du Pool Malebo 🇨🇩🇨🇬

L’objectif ne serait pas de contester l’autorité de l’État à organiser et à fiscaliser un secteur stratégique, mais plutôt de construire des mécanismes réalistes, applicables et adaptés aux réalités économiques actuelles de la République Démocratique du Congo.

Par exemple, la question des médias d’informations en ligne mérite une attention particulière. Aujourd’hui, les frontières entre médias traditionnels et médias numériques sont devenues extrêmement poreuses. Télévisions, radios et journaux disposent désormais des sites web, de chaînes numériques et de pages sociales où ils produisent quotidiennement des contenus multimédias, au même titre que les médias pure players.

Dès lors, une multiplication des taxes relevant à la fois de l’Économie numérique, de la Communication et Médias, et des Finances risque de créer des chevauchements fiscaux susceptibles d’affaiblir davantage un secteur déjà confronté à la baisse des revenus publicitaires, aux coûts élevés de connectivité et aux défis de la transformation numérique.

La paix sociale et la stabilité du secteur passent aussi par des exonérations ciblées, des assouplissements financiers et une simplification des prélèvements pour les jeunes entreprises numériques et les médias innovants. Un cadre permanent d’échanges permettrait d’anticiper les tensions et de favoriser une meilleure compréhension entre l’État et les acteurs du digital.

Contactez-nous au +243998321400

Au-delà de cet arrêté, c’est toute la question de la compétitivité internationale des start-ups rd- congolaises qui est posée. Alors que plusieurs pays africains mettent en place des politiques d’incubation, des avantages fiscaux et des fonds d’innovation pour attirer les investisseurs, la Rd-Congo doit veiller à ne pas transformer son potentiel numérique en espace de contraintes excessives.

C’est pourquoi notre rédaction lance un vibrant appel au Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Depuis son premier mandat, le Chef de l’État a fait de la connectivité, des télécommunications et du numérique des piliers importants de son action publique. Cette vision mérite aujourd’hui d’être consolidée par une grande table ronde nationale sur l’avenir du numérique rd-congolais, afin de définir un cadre fiscal, réglementaire et économique capable de soutenir l’innovation, de protéger les emplois numériques et de positionner les start-ups rd-congolaises dans la compétition mondiale.

L’économie numérique ne doit pas être uniquement un espace de perception des taxes. Elle doit avant tout devenir un moteur de transformation économique, de création de richesses et de rayonnement de la Rd-Congo dans le monde connecté.

La rédaction d’Eventsrdc reste à la disposition de toutes les parties concernées dans le but de bâtir un écosystème compétitif dans toutes les sous-régions géographiques auxquelles se situent la République Démocratique du Congo, en Afrique et à travers le monde.

RÉDACTION