RDC – Télécoms : à Shabunda, Internet reste un luxe

À Shabunda-centre, chef-lieu du territoire de Shabunda, dans le Sud-Kivu, accéder à Internet reste encore une véritable contrainte. Ici, la 2G demeure le principal réseau disponible pour une grande partie de la population. Elle permet de passer des appels et d’envoyer des SMS, mais reste insuffisante pour naviguer correctement sur Internet.

Pour se connecter, certains habitants doivent se déplacer vers des points précis où des particuliers ont installé des kits Starlink. Autour de ces installations, le décor est devenu familier. Plusieurs personnes s’installent à proximité, téléphone en main, pour consulter les réseaux sociaux, envoyer des messages ou simplement profiter de quelques heures de connexion.

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Mais l’accès a un prix !

Selon les endroits, il faut débourser entre 1.500 FC et 2.000 FC pour une journée de connexion. Pour une semaine, la facture varie entre 6.000 et 7.000 FC.

Pour une partie de la population, ces montants restent difficiles à réunir. Pourtant, les sites équipés de Starlink ne désemplissent pas. À certains endroits, une dizaine de personnes peuvent être aperçues, assises les unes à côté des autres, les yeux fixés sur leur téléphone.

La connexion reste également dépendante de la proximité avec l’antenne. Impossible donc, pour la plupart des utilisateurs, d’en profiter librement depuis leur domicile.

Cette situation pose aussi la question de la confidentialité. Là où un abonnement mobile classique permettrait de communiquer depuis chez soi, les utilisateurs de ces points d’accès doivent souvent rester dans des espaces ouverts et fréquentés.

Dans ce territoire encore privé d’une couverture 4G suffisante, Starlink s’est ainsi imposé comme une solution de substitution. Une réponse partielle à un problème qui dépasse largement le seul accès aux réseaux sociaux.

Internet permet notamment de passer des appels via les applications de messagerie, de suivre l’actualité, d’échanger des documents ou encore d’accéder à certains services en ligne. À Shabunda, ces usages ordinaires ailleurs restent encore conditionnés par le lieu où l’on se trouve et par les moyens financiers dont on dispose.

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L’isolement numérique du territoire s’ajoute à son enclavement géographique. Shabunda reste particulièrement difficile d’accès par voie terrestre. Le mauvais état des routes complique les déplacements et les échanges avec les autres villes de la région. Pour atteindre le territoire, la voie aérienne demeure l’une des options les plus pratiques.

Par la route, le passage par Kindu, dans la province voisine du Maniema, reste possible, mais le mauvais état des axes rend le trajet particulièrement difficile.

Un paradoxe pour ce territoire dont le sous-sol regorge notamment d’or, mais où le déficit d’infrastructures continue de peser sur le quotidien des habitants.

À Shabunda, avoir un smartphone ne suffit donc pas pour être connecté. Il faut encore trouver une antenne, pouvoir payer et rester à proximité pour accéder à ce qui, ailleurs, est devenu un service du quotidien.

FABRICE PUKUTA, de retour de Shabunda