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mardi 31/Jan/2023

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Titan Dangereux, le portrait d’un jeune artiste humble et ambitieux

La scène musicale urbaine congolaise et rd-congolaise est inondée des jeunes artistes talentueux qui ne cessent de prouver de quoi ils sont capables. Dans cette pluralité, le jeune rappeur Titan Dangereux tire son épingle du jeu.

Nous étions à sa rencontre pour une interview portrait. Au cours de cet échange, l’artiste a passé au peigne fin son jeune parcours musical tout en précisant : « Je suis un cocktail parce que j’arrive à faire des sons love, des sons afro. Pour moi, je vais dire que je suis un artiste pas qu’un rappeur parce que j’arrive à m’adapter dans beaucoup de styles ». Entretien.

Votre nom de scène « Titan Dangereux » sonne aussi bien particulier que redoutable. Pourquoi le choix de cette appellation ?

D’abord parce que les “titans” c’est des personnes à la taille hors du commun. Pour ceux qui me connaissent, quand ils voient ma corpulence, ça prouve que je suis hors normes. Et “Dangereux” parce que musicalement parlant, je fais des choses contrairement aux autres, c’est ce qui fait de moi un danger public.

Titan Dangereux au cours de l’interview. Ph. Jérémih Youssouf

Vous êtes né à Brazzaville, vous évoluez actuellement à Londres. Racontez-nous vos débuts dans le rap

Je suis né à Brazzaville le 12 avril en 1999 précisément à Kalangayi. J’ai grandi à Talangaï et Ouenzé. Actuellement je suis en Angleterre à Londres pour mes études. De base pour moi la musique a commencé dans les entrailles, c’est-à-dire à la maison précisément. Mon petit frère avait des matériels parce qu’il était passionné de la musique. Il faisait des beats, il avait des micros…tout ce qu’il fallait pour composer de la musique et enregistrer. Du coup, avec les amis à l’école, il y avait un ami qui était artiste et je lui avais proposé de venir poser chez moi, ensuite un jour je lui ai dit qu’on essaie de poser un son. On l’a fait et j’ai pris goût. Pour moi la musique c’est une passion parce que j’aime vraiment cet art. À l’époque j’interprétais les sons. C’est parti de là et je me suis accroché et jusqu’aujourd’hui je continue.

Qui vous a donné le goût de faire la musique, plus particulièrement le rap ?

Je vais dire Kalash Criminel parce que déjà quand je le voyais rapper, pour moi l’influence qu’il a, la puissance vocale qu’il a, j’ai vraiment essayé de rentrer dans sa peau dans mes débuts pour pouvoir vraiment rapper. C’est pour autant que j’aime le rap parce qu’il me motive beaucoup. Déjà le concept sauvagerie, le fait d’être gangsta, c’est ce qui me plaît beaucoup, on suit les pas. Déjà que c’est un congolais, il n’y a pas de mal.

Quelle est votre dimension artistique dans le rap ?

Je dirai que je suis un cocktail parce que j’arrive à faire des sons love, des sons afro. Pour moi, je vais dire que je suis un artiste pas qu’un rappeur parce que j’arrive à m’adapter dans beaucoup de styles. Que ça soit rap…même si je viens sur ndombolo, je suis capable de faire. Parce que quand on parle d’artiste, c’est celui qui s’adapte dans tous les styles, donc il n’y a pas de limites. Donc, même dans la zumba.

Vous commencez votre carrière en 2016. S’il fallait faire un bilan à mi-parcours, comment pouvez-vous le dresser ?

J’ai beaucoup évolué. De l’époque où j’avais commencé à enregistrer les sons jusqu’aujourd’hui ce n’est plus la même chose. Il y a quand même eu un changement. J’ai su comment me forger tout seul, aujourd’hui j’essaie de faire les choses différemment pour pouvoir rentrer dans les bandes tendances, donner les meilleurs de moi. Aujourd’hui j’ai beaucoup de sons sur la toile y compris les clips. De 2016 à maintenant, ça va quand même. Même si je sais que le meilleur reste à venir, pour le moment on est stable.

Vous rappelez le timbre et le physique de la légende du rap The Notorious B.I.G, vous a-t-il inspiré dans votre carrière ?

Exactement, je l’ai beaucoup écouté. Mais si je ne suis pas allé en profondeur de B.I.G c’est parce qu’il y avait l’anglais. Pour moi l’anglais la barrière à l’époque. Même si on ne comprenait pas à l’époque, mais le flow, le délire qu’il ramenait était très fort. Pour moi Kalash et B.I.G sont de grands noms du rap. J’ai beaucoup écouté les deux. C’est ce qui peut être fait de moi aujourd’hui Titan parce qu’on ne peut pas s’inspirer de soi-même. Même si tu écoutes les sons de Titan, tu ne sauras pas si je suis inspiré de tel ou tel artiste. Parce qu’en écoutant d’autres artistes, tu peux t’inspirer et peut-être faire mieux qu’eux.

Vous vivez dans un pays anglophone – Angleterre -, pensez-vous que ce sera facile de constituer une fanbase à Londres où bien que ça sera facile d’en constituer à Kinshasa ou à Brazzaville?

Dans les deux cas c’est la détermination. Aujourd’hui je suis à Londres, c’est vrai. Mais essayer de changer Titan qui était dans le rap français, congolais et commencer à rapper en anglais, c’est un challenge, c’est un défi à relever parce que si tu te mets 100% dans l’anglais, il ne faut pas oublier qu’il y a des gens qui t’ont connu dans le français, dans le lingala et si tu changes, pour eux ça va devenir un handicap. Ils vont t’écouter parce que c’est toi mais ils ne vont peut-être plus comprendre le message que tu transmets parce que tu vas dans une autre dimension.

Le mieux à faire c’est de rester mixte. Tu peux rapper en français, en anglais, en lingala dans un seul son et tout le monde se retrouve. Ceux qui te connaissent en tant que Titan qui sont à Londres, qui parlent anglais, ils se retrouvent, ceux qui sont dans le français et le lingala pareil. On essaie d’être bilingue, même 4 langues dans un son pour que tout le monde soit à l’aise.

Ph. Jéremih Youssouf

Vous avez dû prendre une pause d’un an. Quelle a été la motivation de votre retour sur la scène musicale ?

Le retour a été très imminent. C’était une pause très importante pour moi parce qu’il y avait les études, j’avais des examens à préparer. J’étais nouveau dans un pays, il fallait vraiment que je m’adapte à Londres qui était une barrière, essayer d’être concentré sur les études. J’ai pris le temps de faire une pause musicale momentanée. Ensuite, je me suis adapté dans le pays et aujourd’hui je suis revenu, plus pour faire une pause parce que ce n’est pas professionnel. Les gens peuvent t’oublier. Quand on revient, c’est pour aller jusqu’au bout maintenant.

Parlez-nous des prouesses de votre titre “Suis le moov” sorti en 2019

Suis le moov” est né à Brazzaville – clip – mais le titre a grandi à Kinshasa. Déjà c’était un moment festif, il n’y avait pas de couvre-feu. Les gens prenaient le temps de consommer la musique la nuit comme le jour. Tous ceux qui aiment Kinshasa by night ont eu le temps de consommer “Suis le moov”. Déjà que c’est un son qui nous ramène dans le bon mood. Du coup, pour tous les amoureux de la fête, ils ont eu le temps de savourer le titre. Déjà qu’on passait sur pas mal des chaînes, c’était vraiment le départ de Titan par “Suis le moov”.

Attendiez-vous à un tel succès ?

Pour “Suis le moov” je ne m’y attendais pas. Déjà que ça a pris du temps pour sortir. On a clippé “Suis le moov” en 2018 mais il est sorti en 2019. Déjà à la sortie, il y avait des motivations, mais personne ne s’attendait que le titre soit autant suivi. Quand on était arrivé, on n’était pas encore dans la tendance à Kinshasa mais on a pris le risque et ça a marché. La suite de “Suis le moov” ce sera “C’est ça le mood” qui sortira très bientôt.

Comment jugez-vous la scène musicale urbaine de Kinshasa et Brazzaville ?

Pour moi je les considère comme une même ville. On fait tous la même chose. Les pays voisins nous considèrent déjà des congolais. Ils ne disent pas congolais de Kinshasa où de Brazzaville. Les deux Congos c’est le même pays. Je pense que nous sommes sur la bonne tendance musicalement parlant et en Afrique on a un grand nom.

Quelle est votre collaboration de rêve ?

Mon premier soulagement sera si Kalash Criminel pose sur mon son, ça va m’arranger. Parce que je vais me sentir à l’aise de voir que sur qui je me suis appuyé ou j’ai quand même essayé de devenir puissant parce qu’en l’écoutant, il motive beaucoup. Il met tout ce qui est gangsta, tout ce qui est puissant. Titan ce n’est pas un mec qui est faible, c’est une personne qui doit être puissant. Je pense que si on a un featuring, ça va me mettre à l’aise, je vais être content et j’espère que ça arrivera un jour.

Il y a quelques jours, on vous a retrouvé en featuring avec ML Nkosi dans “Kamuna”. Comment s’est établie cette connexion ?

Avec ML Nkosi c’est la famille. Je me suis connu avec son producteur qui est Gaz Mawete. Du coup par son canal, quand je suis arrivé à Kin et j’ai connu ML Nkosi, Docteur PM. ML Nkosi vu que c’est rappeur, chanteur aussi, j’ai eu à écouter ses sons, on a commencé à bien parler, la connexion est partie de là. Et on a fait un son “Toucher laisser”, ensuite on a fait un deuxième “Kamuna“, le clip est disponible sur YouTube. Je me sens à l’aise quand je fais un featuring avec lui. Je suis libre de donner le meilleur de moi. Je ne suis pas un mec qui vient dans un featuring pour faire la star. C’est la famille, donc je me sens bien.

Quel message transmettez-vous dans cette chanson ?

Dans cette chanson on transmet tout ce qui est bon parce que “Kamuna” d’après ce qu’on m’a dit, ça signifie “bon”. On transmet un bon message, pour tous ceux qui ne nous aiment pas. On doit danser, faire la fête parce qu’à l’an 3000, il n’y aura plus personne. Donc, profitons du moment.

Qu’est-ce qui motive votre voyage à Kinshasa ?

Pour le moment à Kinshasa je prépare des clips. À Kinshasa je me sens bien, déjà que c’est la maison. Quand je viens, j’ai le temps de faire des clips, j’ai le temps d’enregistrer, profiter des amis que j’ai ici et faire la fête. Je suis très bien accueilli aussi, je me fais quand même de la place, on va le faire.

Pouvons-nous nous attendre à un single, un EP ou soit un projet de ce genre ?

Je suis un peu indécis pour le moment. J’ai un single et la partie 2 de mon freestyle “Pas besoin de forcer” qui est déjà prêt. Tout est prêt pour 2022, il y a juste à caler le temps, choisir ce qui va sortir et lancer.

Quels sont vos projets d’avenir ?

Ça sera d’abord ouvrir un studio, une maison qui va aider ceux qui viennent derrière nous et ceux qui sont devant. Essayer d’ouvrir l’industrie musicale, créer un studio où on va essayer d’alléger les prix pour aider tout le monde à enregistrer, à mettre tout le monde de l’avant. Essayer de mettre les moyens possibles pour pouvoir donner de la lumière à tout le monde. Ça sera un studio où les jeunes talentueux vont poser. Par exemple par année ou par mois, les deux meilleurs sons auront droit à un clip parce que j’ai des sponsors qui vont m’aider pour ça. En ce qui concerne ma carrière solo, il y a une mixtape qui sortira sans featuring de 7 titres. La mixtape sera pour moi une présentation aux yeux de tout le monde. On va voir dans le futur les featurings qui vont arriver. Pour le moment, on essaie d’aller petit à petit, on n’est pas pressé.

Ph. Jérémih Youssouf

Durant cette année 2022, allez-vous faire l’effort d’être beaucoup plus présent ?

Exactement. Déjà il y a le premier single de l’année qui vient de sortir en featuring avec ML Nkosi. Je pense que le prochain si ce n’est pas en solo, ça sera en featuring avec Leta Maro, un confrère à moi avec qui on a fait un featuring avec son groupe. Je pense que le prochain son ça sera ça.

Un mot de la fin

À tous ceux qui ont eu le temps d’écouter, je vous dis merci. C’est Titan Dangereux. Tout ce que je vous demanderai c’est d’être là pour moi, de continuer à partager parce que je vais travailler dur pour pouvoir nourrir vos oreilles et vos esprits, ramener de la bonne humeur, de l’émotion.

(Ré) écoutez l’interview en podcast sur Eventsrdc FM : Titan Dangereux, le Notorious B.I.G du rap congolais

ETIENNE KAMBALA

Pour tous vos voyages à l’étranger. Ph.Dr.Tiers

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