A la CIME, Tshisekedi demande un tête-à-tête avec Kabila

Les Chefs des confessions religieuses, réunis au sein de la Commission d’intégrité et médiation électorales -CIME-, ont rencontré, le vendredi 25 novembre 2016, juste après le passage de l’ancien ministre belge et commissaire européen au Développement Louis Michel, l’opposant historique, Etienne Tshisekedi wa Mulumba, président de l’Union pour la démocratie et le progrès social -UDPS- et du Conseil des sages du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement.

Au sortir de la rencontre, peu de choses ont filtré. A en croire le président de la CIME, Elebe Kapalay Delphin, l’échange a tourné autour d’un seul mot: la paix. «Nous sommes des pasteurs, que des pasteurs. Et nous sommes venus justement pour notre pastoral de la paix. Nous sommes très heureux aujourd’hui parce que nous avons trouvé en lui un homme de paix, qui ne cherche que la paix. C’était pour nous une bonne impression, nous en remercions Dieu», a déclaré le pasteur kimbanguiste avec une certaine dose de diplomatie. Ce qui est tout à fait normal pour le n°1 de cette institution spécialisée dans la médiation, du fait de l’impératif de la discrétion qui incombe à son rôle.

Cependant, quelques indiscrétions ont pu filtrer de ce face à face entre les hommes d’églises et Tshisekedi. En fait, le président de l’UDPS a une fois de plus rappeler sa détermination de voir l’actuel Président de la République quitter son poste à la fin de son deuxième et dernier mandat le 19 décembre 2016, à minuit tapante. Et ce dans la paix. Pour éviter qu’il y ait des désordres dans le pays, Etienne Tshisekedi a invité les Chefs des confessions religieuses à appuyer la démarche de la Conférence épiscopale nationale du Congo -CENCO-, celle de la tenue d’un second dialogue.

Le Lider maximo a également réitéré son vœu d’avoir un tête-à-tête avec Joseph Kabila. «Pour préparer cela, il faudra 6 personnalités issu des assises de la Cité de l’Union africaine, d’un côté, et 6 autres du Rassemblement, de l’autre», a précisé notre source.

L’improbable soutien de la CIME

A bien examiner la situation, des analystes estiment qu’il est improbable que les médiateurs de la CIME souscrivent à cette demande d’Etienne Tshisekedi. Pourquoi les Chefs des confessions religieuses soutiendraient-ils l’option d’un dialogue sous les auspices de la CENCO? Les réticences sont évidentes.  Mais il faut reconnaitre que les Chefs des confessions religieuses sont eux-mêmes dans une démarche tendant à la préservation de la paix pendant cette période pleine d’incertitude.

Par ailleurs, à analyser le discours du président de la République sur l’Etat de la nation et la réaction du Rassemblement qui s’en est suivi, il apparait que d’un: Kabila n’est plus dans la logique de séduire Tshisekedi, particulièrement depuis l’échec de la mission qu’il avait confiée à la CENCO. De deux: le Rassemblement, précisément Etienne Tshisekedi semble se rendre compte qu’il a raté une belle occasion de reprendre du poli de la bête en ratifiant, même sous réserve, l’Accord du dialogue de la Cité de l’UA. Et aujourd’hui, Tshisekedi a l’air de s’accrocher au dialogue porté par la CENCO afin de rattraper son erreur. «Il est certainement trop tard. Il a déjà manqué la primature qui lui étai servi dans un plateau d’argent», raille une personnalité qui a requis l’anonymat.

La visite de la CIME à Limete entre dans le cadre d’une série de rencontre qu’elle a prévu avec les grande pointures de la politique RD-congolaise dans le but de prévenir des tensions dans le pays. Il y a moins d’un moins, les chefs des confessions religieuses avait également rencontré Vital Kamerhe, président de l’Union pour la nation congolaise -UNC- dans son bureau du quartier GB.

HRM

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