Alors que les festivals et les concerts se multiplient à travers le monde, le DJ et acteur culturel DJ Abdoul rend hommage au travail des organisateurs d’événements, tout en lançant un appel à une réflexion profonde sur l’économie du spectacle vivant. Pour lui, le contraste entre les performances des artistes sur les plateformes numériques et leur capacité à remplir les salles de spectacles constitue un défi majeur pour l’industrie musicale.
« Je félicite tous les organisateurs de festivals et de concerts. Vous accomplissez un travail considérable, souvent dans l’ombre, pour offrir des expériences uniques au public. Votre engagement mérite le respect et la reconnaissance de toute la chaîne des industries culturelles et créatives », déclare DJ Abdoul.

Au-delà de cet hommage, l’artiste s’interroge sur une réalité qui revient de plus en plus dans les débats du secteur : plusieurs musiciens extrêmement populaires sur les réseaux sociaux et les plateformes de streaming peinent pourtant à mobiliser le public dans des salles de 2.000, 3.000, 5.000, 8.000 places ou plus. Un paradoxe qui, selon lui, mérite une analyse dépassionnée afin d’identifier les véritables causes de ce décalage entre la visibilité numérique et la fréquentation des spectacles.
Étant rd-congolais, il estimerait que son inquiétude concerne également l’industrie musicale congolaise où la création accroche les amoureux de la bonne musique disséminée à travers le monde depuis les années d’indépendance jusqu’à ce jour. C’est qui a même concouru à la reconnaissance de la rumba rd-congolaise comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité à l’UNESCO.

Pour DJ Abdoul, plusieurs facteurs peuvent expliquer cette situation : l’efficacité des stratégies de communication, le prix des billets, la qualité de l’expérience proposée aux spectateurs, le pouvoir d’achat du public ou encore l’évolution des habitudes de consommation de la musique. Les événements organisés ces derniers jours démontrent, estime-t-il, que les indicateurs numériques ne suffisent pas à mesurer la solidité d’une carrière artistique.
« Les réseaux sociaux offrent de la visibilité et les plateformes de streaming produisent des statistiques impressionnantes. Mais une véritable industrie musicale se construit avec des billets vendus, des salles remplies et des fans qui se déplacent pour vivre l’émotion du spectacle. Il est temps de poser les bonnes questions afin de renforcer durablement notre écosystème musical », conclut-il.
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À travers cette prise de parole, DJ Abdoul invite les artistes, producteurs, promoteurs, managers et mélomanes à ouvrir un débat constructif sur les leviers capables de rapprocher le succès virtuel de la réalité du terrain, condition indispensable au développement d’une industrie musicale plus forte et économiquement viable.
CINARDO KIVUILA